• MIYAMOTO MUSASHI

     

    MIYAMOTO MUSASHI ( 1584-1645 )

     

     

    Probablement le Samouraï le plus connu du Japon. Sa carrière exceptionnelle de maître d'armes et la philosophie qu'il tenta d'inculquer à travers sa discipline ont frappé l'imagination des Japonais. Il fut également un peintre et un calligraphie de premier ordre.

     

    Né en 1584 dans le Kansaï, il prit part à la bataille de Sekigahara en 1600, contre les troupes de Tokugawa Ieyasu. Battu, il devint un rônin ( Samouraï sans maître ), et erra durant plusieurs mois, sans but. Il en profita pour développer une technique originale de combat à deux sabres ( nitô-ryû ), et devint un maître d'armes réputé. Il provoqua avec succès plus de 60 duels, et devenant ainsi le meilleur sabreur du Japon.

     

    En 1637, il rentra au service de ses anciens adversaires les Tokugawa et combattit pour eux les révoltés chrétiens de Shimabara. Il devint alors instructeur en 1640 de la puissante famille Hosokawa de Kumamoto. C'est trois ans plus tard qu'il écrivit son célèbre ouvrage de stratégie d'arts martiaux " Gorin no Sho" ( Le livre des cinq cercles ). C'est également à cette période qu'il exécuta ses plus belles peintures dans un style très épuré et incisifs. Il mourut en 1645.

     

    La légende de Miyamoto Musashi est tellement ancrée dans l'histoire du Japon que plus de 7 films différents retracent sa vie, ainsi que des pièces de théâtre. "La Pierre et le Sabre" best seller international d'Eiji Yoshikawa, raconte la vie de ce guerrier hors du commun.

     

     

    La Voie du Samouraï

    les neuf principes fondamentaux de Miyamoto Musashi

     

    Miyamoto Musashi (1584-1645) : célèbre Samouraï considéré comme un des grands Maîtres de la tradition du bushidô : la Voie des guerriers. Escrimeur, il a créé l’école dite "des deux sabres" : un long et un court. Devenu un personnage légendaire, sa vie aventureuse et ses exploits ont inspiré d’innombrables romans, nouvelles et pièces de théâtre. À l’âge de soixante ans, quelques mois avant sa mort, il se retire dans une grotte pour méditer et rédige à l’intention de ses disciples l’œuvre majeure de sa vie : Traité des Cinq Roues.

     

     

    Le Traité des Cinq Roues :

     

    Ce traité porte sur les arts martiaux et plus particulièrement l’escrime. Mais les principes qu’il énonce trouvent aussi à s’appliquer à toutes les activités de nature stratégique, à tous les gestes de la vie quotidienne : "Je comprenais bien, écrit Musashi, comme il est difficile de maintenir une position face aux événements. [...] J’ai appliqué les principes (avantages) de la tactique à tous les domaines des arts. En conséquence, dans aucun domaine je n’ai de maître."

     

    Le Traité des Cinq Roues n’est donc pas seulement un livre de stratégie guerrière ou pour l’action. C’est aussi un guide sur la Voie, qui énonce les principes d’un art de vivre. Livre à la fois d’action et de sagesse, ou plutôt de sagesse dans l’action, il révèle le secret d’une stratégie victorieuse, d’un trajet initiatique qui passe par la maîtrise de soi.

     

    Ce Traité est considéré comme un classique de la littérature universelle. Une traduction française par M. et M. Shibata est parue récemment aux éditions Albin Michel, dans la collection "Spiritualité vivante". C’est dans cette édition que j’emprunte la plupart des passages cités dans le présent essai. Toujours populaire au Japon, le traité de Musashi a fait l’objet d’une édition récente par le Groupement d’études sur la gestion de Tokyo, destinée plus spécialement aux gestionnaires.

    Musashi, un personnage légendaire

    "Dans une auberge isolée, un samouraï est installé à dîner, seul à une table. Malgré trois mouches qui tournent autour de lui, il reste d’un calme surprenant.

    "Trois ronin (guerriers vagabonds, sans maître) entrent à leur tour dans l’auberge. Ils remarquent aussitôt avec envie la magnifique paire de sabres que porte l’homme isolé. Sûrs de leur coup, trois contre un, ils s’assoient à une table voisine et mettent tout en œuvre pour provoquer le samouraï. Celui-ci reste imperturbable, comme s’il n’avait même pas remarqué la présence des trois ronin. Loin de se décourager, les ronin se font de plus en plus railleurs. Tout à coup, en trois gestes rapides, le samouraï attrape les trois mouches qui tournaient autour de lui, et ce, avec les baguettes qu’il tenait à la main. Puis, calmement, il repose les baguettes, parfaitement indifférent au trouble qu’il venait de provoquer parmi les ronin. En effet, non seulement ceux-ci s’étaient tus, mais pris de panique ils n’avaient pas tardé à s’enfuir. Ils venaient de comprendre à temps qu’ils s’étaient attaqués à un homme d’une maîtrise redoutable. Plus tard, ils finirent par apprendre, avec effroi, que celui qui les avait si habilement découragés était le fameux maître : Miyamoto Musashi."

    Cette légende illustre un principe capital de la Voie du Samouraï, selon lequel on doit chercher à vaincre sans combattre.

    (On s’est inspiré de ce récit pour une scène du film Karate Kid, dans laquelle le maître attrape une mouche avec des baguettes, sous le regard ébahi de son jeune disciple.)

     

    de l’action efficace et de la sagesse

    L’enseignement de Musashi se définit à deux niveaux :

    de l’action efficace...

    Ne nous y trompons pas. Tous les arts martiaux sont d’abord des techniques de défense. Quand on est dans l’action, il faut gagner. Pour le Bushi ou Samouraï, perdre c’est mourir... Mais la question est de savoir comment gagner par une action juste du point de vue de la tactique et de l’attitude. Le guerrier doit, par exemple, "faire perdre à l’adversaire son équilibre mental" ou encore "faire naître une certaine tension nerveuse en empêchant l’adversaire d’être sûr de lui". Musashi souligne même l’importance "de neutraliser l’adversaire directement, sans le laisser souffler, en évitant de croiser son regard". Il ajoute d’ailleurs : "Le plus important est de l’empêcher de pouvoir se restaurer"... À propos de l’importance de savoir se rénover dans l’action, Musashi dit plus loin : "Lorsque, au cours d’un combat qui reste à l’état de mêlée, rien n’avance plus, abandonnez vos idées premières, rénovez-vous en tout et prenez un nouveau rythme. Ainsi découvrez le chemin de la victoire. Chaque fois que vous jugez qu’entre votre adversaire et vous tout grince, changez d’intentions immédiatement et parvenez à la victoire en recherchant d’autres moyens avantageux pour vous."

    Ces règles trouvent à s’appliquer aussi dans le monde de l’action en général...

    Vaincre, soit! Mais de préférence sans combattre et, dans tous les cas, sans perdre l’honneur.

    ... et de la sagesse

    Musashi se rapproche pourtant davantage de la figure du sage que du technicien des armes. Son enseignement vise d’abord à remporter une victoire sur soi. C’est le sens de sa maxime : "Devenez l’ennemi". Dans son action, le guerrier doit atteindre en lui-même le point où cesse la violence. La maîtrise de soi, enseigne le traité, augmente les chances de maîtriser le monde.

     

    L’intérêt que présente le modèle traditionnel japonais est considérable. Pourtant, l’esprit qui anime les principes de Musashi, visant à l’efficacité dans l’action et à la maîtrise de soi pour atteindre la sagesse, n’est pas étranger à la tradition occidentale. On le trouve aussi dans la tradition gréco-romaine, en particulier chez les Stoïciens, bien qu’il ne s’agisse plus dans ce cas du modèle du guerrier mais plutôt de l’homme en progrès et du philosophe, qui n’en doit pas moins se considérer comme son seul ennemi, c’est-à-dire comme le seul véritable obstacle à vaincre. Épictète revient très souvent sur ce thème. Il dit par exemple:

    "Attitude et caractère de l’homme ordinaire: il n’attend rien, en bien ou en mal, de soi-même, et tout des circonstances extérieures. Attitude et caractère du philosophe: il attend tout, en bien comme en mal, de soi-même. Signes distinctifs de l’homme en progrès: il ne blâme personne, ne loue personne, ne reproche rien à personne, n’accuse personne; il ne dit jamais rien qui tende à faire croire qu’il sait quelque chose ou qu’il est quelqu’un. En cas d’échec ou d’obstacle, il ne s’en prend qu’à soi-même. [...] En un mot, le seul ennemi qu’il ait à redouter, c’est lui-même."

    les principes fondamentaux, selon Musashi

    "Ceux qui veulent connaître ma tactique doivent obéir aux principes suivants selon lesquels ils peuvent pratiquer la Voie..." Éviter toutes pensées perverses.

     

     

    L’enseignement de Musashi peut se ramener à neuf principes :

     

    • Se forger dans la voie en pratiquant soi-même.

     

    • Embrasser tous les arts et non se borner à un seul.

     

    • Connaître la voie de chaque métier, et non se borner à celui que l’on exerce soi-même.

     

    • Savoir distinguer les avantages et les inconvénients de chaque chose.

     

    • En toutes choses, s’habituer au jugement intuitif.

     

    • Connaître d’instinct ce que l’on ne voit pas.

     

    • Prêter attention au moindre détail.

     

    • Ne rien faire d’inutile.

     

    Pour approfondir le sens de ces neuf principes, il faut se reporter à différents passages du traité, mais aussi les considérer en fonction de la tradition des arts martiaux et du bouddhisme zen... C’est le périlleux exercice auquel je me suis livré.

     

    J’ai aussi pris la liberté de prolonger ces principes par des commentaires d’inspiration moderne et occidentale. Certains de ces commentaires, qui nous entraînent parfois assez loin de l’énoncé proprement dit, paraîtront même audacieux... Je crois pourtant avoir respecté l’esprit des principes de Musashi.

     

    Source : http://www.radio-canada.ca/par4/ind/musashi/intro.html

     

    MIYAMOTO MUSASHI

    LE TRAITE DES CINQ ROUES

     

    Dans le « Vide », il y a le bien et non le mal. L'intelligence est « être ». Les principes (avantages) sont « être ». Les voies sont « être ». Mais l'esprit est « Vide ».

    Le Traité des Cinq Roues n'est pas à proprement parler une leçon d'escrime. Il s'agit plutôt d'un essai d'exposition de la tactique mise au point par Miyamoto Musashi. Pendant toute sa vie, et dans ses combats, Miyamoto Musashi a toujours essentiellement cherché « la victoire ». Elle est primordiale, et elle doit passer au-dessus de tout le reste. Ainsi, on prête à Miyamoto Musashi le meurtre de l'héritier des Yoshioka, lors du duel de Ichijoji, qui n'était alors qu'un enfant d'une douzaine d'années. Il a également participé (dans quelle mesure, je l'ignore) au massacre de Shimabara, où en 1638, 37000 chrétiens ont été tués ou exécutés, qu'ils soient soldats, femmes, enfants ou vieillards.

    Il est donc important de noter que l' « enlèvement de la victoire » est le but avoué de Miyamoto Musashi dans chacun de ses actes. Le Traité des Cinq Roues est découpé en une multitude de paragraphes, décrivant un moyen a priori simple d'aborder une situation donnée pour remporter la victoire.

    L'aspect particulier du Traité des Cinq Roues est son caractère « Universel ». Dans chacune des situations décrites, il est assez facile d'imaginer d'autres cas, dans d'autres domaines que l'escrime, où il serait possible d'appliquer la méthode. Il s'agit alors d'une manière d'aborder un problème, et d'une réaction à avoir en conséquence. Miyamoto Musashi termine la majeure partie de ses leçons par « réfléchissez-y bien », ou bien « exercez-vous bien ». Contrairement à d'autres philosophies ou d'autres sens de la tactique, Miyamoto Musashi ne donne pas de marche à suivre précise dans un cas précis. Il implique l'étudiant du livre à se poser des questions, à bien méditer sur son cas et sa situation, de ne jamais oublier que chaque situation est unique et nécessite donc une action en conséquence, c'est-à-dire impossible à déterminer précisément à l'avance.

    D'où une notion importante du livre : l'observation. Miyamoto Musashi dit qu'il faut apprendre à « voir sans regarder ». Dans le cas d'une bataille, cela consiste à parvenir à connaître les données topographiques sur le lieu du combat, et toutes les autres données propres à la situation, comme le nombre et les qualités des adversaires par exemple. Car à partir de l'aptitude à déceler les failles de la tactique adverse, il est aisé de déterminer la tactique à adopter, et ainsi « enlever la victoire ». Miyamoto Musashi est connu pour son observation pointue et rapide d'une situation, pour cette sensibilité qui lui a permis de toujours adapter ses actes par rapport à son adversaire.

    Autre notion très importante, et là aussi applicable dans presque tous les domaines : le rythme. Miyamoto Musashi dit que l'important est de savoir bien saisir le rythme, savoir imposer à un adversaire son rythme pour le perturber, bien connaître son propre rythme pour être au maximum d'efficacité en chaque action. C'est une valeur que l'on retrouve dans tous les sports, mais aussi dans les réflexions et les travaux intellectuels. Là peut-être plus qu'ailleurs, il faut bien travailler et méditer sur son rythme, c'est grâce à cette maîtrise de son rythme que Miyamoto Musashi est arrivé à vaincre bon nombre d'adversaires, en anticipant les mouvements et surprenant les plus grands maîtres du sabre.

    Miyamoto Musashi base sa « voie de la tactique » dans une pratique acharnée, et le renoncement à un grand nombre de «plaisirs» et d'attachements pour libérer l'esprit de toute préoccupation matérielle. Voici en conclusion la liste des sacrifices personnels qu'exige, selon Miyamoto Musashi, l'apprentissage du sens de la tactique.

    - Ne pas contrevenir à la Voie immuable à travers les temps.

    - Eviter de rechercher les plaisirs du corps.

    - Etre impartial en tout.

    - N'être jamais cupide durant toute la vie.

    - N'avoir aucun regret dans les affaires.

    - Ne jamais jalouser autrui en bien ou en mal.

    - Ne jamais être attristé par toutes séparations.

    - N'éprouver aucune rancune ou animosité vis-à-vis de soi ou des autres.

    - N'avoir aucun désir d'amour.

    - N'avoir aucun préférence envers toutes choses.

    - Ne jamais rechercher son confort.

    - Ne jamais rechercher les mets les plus fins pour contenter son corps.

    - Ne jamais s'entourer, à aucun moment de la vie, d'objets précieux.

    - Ne pas reculer pour de fausses croyances.

    - Ne jamais être tenté par aucun objet autre que les armes.

    - Se consacrer entièrement à la Voie sans même craindre la mort.

    - Même vieux, n'avoir aucun désir de posséder ou d'utiliser des biens.

    - Vénérer les bouddhas et divinités sans compter sur eux.

    - Ne jamais abandonner la Voie de la tactique.

     

     

    Les trophées gagnés ne sont pas la Voie du combattant

     

    " Lorsqu'une école cherche avant tout à se garantir une clientèle
    en affichant les trophées gagnés en tournois, elle trompe l'élève
    quant à la réalité de la Voie du combattant.
    "

     

    Miyamoto Musachi

     


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