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    La Voie à suivre seul

     

     

    -         Ne pas contrevenir à la Voie immuable à travers les temps.

    -         Eviter de rechercher les plaisirs du corps.

    -         Etre impartial en tout.

    -         N’être jamais cupide durant toute la vie.

    -         N’avoir aucun regret dans les affaires.

    -         Ne jamais jalouser autrui en bien ou en mal.

    -         Ne jamais être attristé par toutes séparations.

    -         N’éprouver aucune rancune ou animosité vis-à-vis de soi ou des autres.

    -         N’avoir aucun désir d’amour.

    -         N’avoir aucune préférence en toutes choses.

    -         Ne jamais rechercher son confort.

    -         Ne jamais rechercher les mets les plus fins afin de contenter son corps.

    -         Ne jamais s’entourer, à aucun moment de la vie, d’objets précieux.

    -         Ne pas reculer pour de fausses croyances.

    -         Ne jamais être tenté par aucun objet autre que les armes.

    -         Se consacrer entièrement à la Voie sans même craindre la mort.

    -         Même vieux n’avoir aucun désir de posséder ou d’utiliser des biens.

    -         Vénérer les bouddhas et divinités sans compter sur eux.

    -         Ne jamais abandonner la Voie de la tactique.

     

    Deuxième année de Shôho, le 12 mai (1645)

    Shimmen Musashi

     

     

     

    Source : Livre Traité des Cinq Roues, Préface pages 32 et 33.

     


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    MIYAMOTO MUSASHI

    1584-1645

     

    1- INTRODUCTION

     

    Contexte Historique :

     

    Toyotomi Hideyoshi (1536-1598), en 1592 est au sommet de sa gloire. Ayant unifié le Japon sous sa domination, il portait le plus haut titre du pays (Kampaku). Mais ses succès militaires l'entraînèrent trop loin. Il envoya deux fois de suite ses armées à la conquête de la Corée voisine. Battue deux fois, l'armée Japonaise dut se replier. Ce fut cette défaite amère, après tant de succès, qui vit sa mort en 1598. Son fils, Hideyori, ne pourra jamais prendre sa succession. Tokugawa Ieyasu attendait son heure depuis déjà trop longtemps...

     

    Peut-être plus un grand stratège en politique qu'un grand général, Tokugawa Ieyasu est celui qui profitera le plus de l'unification du Japon en instaurant une dynastie de Shogun qui allait durer..... presque 300 ans ! A la mort de Hideyoshi en 1598, sa patience fut récompensée. En une seule bataille (Sekigahara 1600), il se débarrasse de ses concurrents, et hérite d'un Japon déjà uni. Le Sengoku Jidai laisse la place au Tokugawa Jidai (Edo Jidai). Il va alors stabiliser cette toute jeune nation à peine pacifiée. En créant un système complexe d'obligation de résidence de tous les seigneurs du Japon, il oblige ces derniers à de coûteuses dépenses. Incapables alors de lever des armées, ceux ci ne peuvent plus l'inquiéter. A sa mort en 1616, sa famille hérite d'un pouvoir fort pour les trois siècles à venir.

     

    Sekigahara (20 Octobre 1600) :

     

    La bataille de Sekigahara est la plus décisive de l'histoire du Japon, car elle achève l'unification du Japon. Elle oppose Tokugawa Ieyasu aux partisans de son ancien maître Toyotomi Hideyoshi, après la mort de celui-ci. L'enjeu était le pouvoir militaire, économique et social sur un Japon enfin unifié.

     

    Le 20 Octobre 1600, 210.000 hommes sous une pluie battante vont s'affronter. D'un côté, les troupes de Tokugawa appuyées par les clans Sanada, Kuroda, Matsudaira, Naomasa et Ikeda. De l'autre, les troupes du fils de Hideyoshi, Hideyori, appuyées par les clans Konishi, Ankokuji, Kobayakawa, Môri, Ukita et Shimazu.

     

    La bataille est très incertaine, et va durer plus de 24 heures. C'est la défection du clan Kobayakawa en faveur de Tokugawa Ieyasu qui va faire basculer la victoire dans l'après-midi du 21 Octobre. Plus de 50 000 braves moururent dans la boue de ce champs de bataille. Après cette victoire Ieyasu devint le maître incontesté du Japon.

     

    Présentation :

     

    Célèbre samouraï expert au combat du sabre, Miyamoto Musashi est l’un des plus important Kenshi (grand maître de ken-jutsu) que le Japon ait connu et dont les exploits ont inspiré de nombreux récits. Il est l’archétype du héros médiéval nippon. Né en 1584 dans la province de Harima, il était le second fils de Munisai Shinmen, lui-même expert au sabre, qui le laissa orphelin à l’age de 7 ans (tué lors d’un duel). Elevé par son oncle dans un monastère, Musashi mit ce séjour forcé à profit pour s’entraîner au sabre et gagna son premier duel à l’âge de 13 ans contre Arima Yoshibe. A 17 ans, il participa sous la bannière de Toyotomi Hideyoshi à la bataille de Sekigahara en 1600, pendant laquelle il fut gravement blessé. A partir de 1604, on le retrouva à Kyoto où il défia et vaincu Yoshioka Seijuro, important expert du sabre, ainsi que nombres membres de son clan. Invaincu dans plus de 60 duels, il affronta pour la dernière fois le célèbre bretteur Sasaki Kojiro du clan Mori, réputé pour son sabre long (O-dachi). Tuant son adversaire à l’aide d’une simple rame en bois selon la légende, Musashi ne se battit plus jamais. A partir des années 1630, il se consacra entièrement à l’étude de la Voie (Do), tout en pratiquant la calligraphie et la peinture, arts dans lesquels il excellait. Il devient Kensei de son vivant (saint au sabre). En 1637, il rentra au service de ses anciens adversaires les Tokugawa et combattit pour eux les révoltés chrétiens de Shimabara. On le vit ensuite chargé du commandement d’un corps de réserve par Ogasawara, seigneur de Kokura, lors du siège du château de Hara en 1638. A cette époque, il adopte deux enfants: Iori et Mikinosuke. Ce dernier se fait seppuku des années plus tard. Il devint instructeur en 1640 de la puissante famille Hosokawa de Kumamoto. En 1643, il se retira dans la grotte Reigendo (temple de Ungan-ji) du Mont Iwato, à l’Est de Kumamoto. C’est là qu’il rédigera quelques semaines avant sa mort en 1645 le texte « Gorin no Sho » (traité des cinq roues), qui est devenu un classique de la littérature concernant les arts martiaux. Il mourut à l’age de 62 ans et fut, selon sa volonté, enterré revêtu de son armure.

     

     

    Détails Physiques :

     

    Le garçon a contracté très jeune de l'eczéma qui lui a laissé sur le visage de grandes cicatrices qu'il a gardé toute sa vie durant. Pour cette raison, il ne ressemble pas aux autres samouraïs de son époque. En conséquence, il n'a jamais rasé ses cheveux, ni arboré la coiffure des samouraïs : le toupet. Miyamoto Musashi était un géant pour son époque. Il mesurait près de 1m84 (environ 6 pieds) alors que ses collègues japonais atteignaient en moyenne 1m53 (5 pieds). On dit qu'il lui était possible d'atteindre des hauteurs de 1m80 rien qu'en sautant.

     

    On raconte que Musashi ne prit aucun bain dans sa vie. Il se lavait dans l'eau glacée des torrents afin de travailler son mental.

     

     

    2- LA VOIE DU SABRE

     

    Combats :

     

    Lorsque Musashi retourna à son village, il ne fut pas accueillit en héros. Les anciens du village le considéraient comme étant incontrôlable et il dut partir. Il se retrouva finalement captif au château de Hejime où il apprit la voie des guerriers. Après un long apprentissage, Musashi se fit offrir un poste important auprès d'un daimyo (seigneur d'une région plus ou moins grande). Il refusa avec courtoisie, préférant devenir un Guerrier en quête de l'Illumination (musha shugyo).

     

    La Famille Yoshioka

     

     Il partit donc vers Kyoto, qui était la capitale à l'époque. Désireux de vouloir tester ses capacités de combattant, il défia en 1604 l'une des écoles les plus renommées ; celle de la famille Yoshioka, dont le fondateur était semble-t-il un duelliste de renom. Le premier qui releva le défi lancé par Musashi fut celui qui était à la tête de la famille Yoshioka, Seijiro. Ce dernier était armé d'une vraie épée alors que Musashi était armé d'un bokken, un sabre de bois. Le combat ne dura que peu de temps. Seijiro perdit son bras dans le duel et mourut. Cela lui attira la haine du clan Yoshioka. Le deuxième duel, eut lieu contre Denshichiro, le frère de Seijiro. Le combat fut, encore une fois, bref. Musashi brisa le crâne de Denshichiro le temps d'un battement de cils...

     

    Ces derniers, excédés par l'attitude de Musashi, le provoquent une troisième fois en duel contre Matashihiro, encore un enfant, en prenant soin de lui tendre un piège auquel il ne pourra échapper. Mais une fois n'est pas coutume, Musashi est arrivé en avance. Il a eu le temps de voir la lâcheté des Yoshioka en action et les attaque finalement. Matashihiro meurt et Musashi échappe aux 80 samouraïs qui l'attendaient en embuscade, tuant une douzaine de membres du clan. Ce fut le fameux « combat d’Ichijoji ».

     

    Il reprit alors la route, remportant défi sur défi, invaincu dans plus de 60 duels.

     

     

    Muso Gonnosuke

     

    L’histoire nous apporte différentes versions de la rencontre entre Musashi et Muso Gonnosuke. Ayant rencontré Musashi et vaincu par lui une première fois en 1605 dans la province de Harima à Akashi., ce dernier estima que le traditionnel bâton de 1m80 ne pouvait atteindre une vitesse suffisante contre un sabre. Se retirant sur le Mont Honman (dans le Kyushu), il ramena la longueur du bâton à 1m30 après quelques expériences mystiques. Il combina le maniement de ce nouveau bâton (Jo) avec ce qu’il connaissait déjà de ceux de la lance, du sabre et de la Naginata. La légende rapporte que lorsqu’il rencontra pour la deuxième fois Musashi, la longueur du Jo, même paré, lui permit d’atteindre un point faible sur le corps de l’épéiste adverse au niveau du plexus solaire. Gonnosuke est parvenu à défaire Musashi sans lui causer de grand mal. Mais ce fut la seule défaite encaissée par Musashi et cela à cause d’une nouvelle technique de Jo-Jutsu.

     

    Sasaki Kojiro

     

    En avril 1612, Musashi rencontre le fameux Sasaki Kojiro, du clan Mori, réputé pour son fameux sabre long (O-dachi). Il l'affronte sur l’île de Mukojima en utilisant un simple bout de bois ou une rame (selon les versions). Le duel a lieu sur la plage. Un seul coup porté à la tête de Kojiro et celui-ci est étendu sur le sable, vaincu par l’allonge inhabituelle de l’arme. Il existe de nombreuses autres versions de ce combat disant que Musashi avait perdu ou bien que Musashi n'était qu'un lâche etc.

     

    Sa Technique :

     

    Musashi ne suivit jamais l’enseignement d’une école de kenjutsu particulière. Ayant certainement profité du talent de son père, puis de l’enseignement du monastère, il a principalement acquis seul ses techniques de combat, prenant plus tard le statut de musha-shugyo (« la quête du guerrier », forme d’apprentissage des arts guerriers qui consistait à aller de maître en maître, d’école en école pour apprendre et confronter sa technique aux sources les plus multiples). Musashi expérimenta beaucoup et fit évidemment sa propre synthèse technique. Il créa un style de combat à deux sabres (katana et wakisashi) nommé nito-ryu, puis niten-ryu, qu’il utilisa notament lors du combat d’Ichijoji. Si l’école a disparu avec sa mort, il existe cependant encore des Kata à deux sabres transmis par le kenjutsu au cours des siècles suivants. Le Hyoho Niten Ichi-Ryu prétend cependant aujoud’hui transmettre la technique de Musashi.

     

     

    Miyamoto Musashi Fujiwara no Genshin

     

    Terao Kyumanosuke Nobuyuki (élève de Musashi)

     

    Terao Kyoemon Katsuyuki

     

    Yoshida Josetsu Masahiro

     

    Santo Hikozaemon Kiyoaki

     

    Santo Hanbei Kiyoaki

     

    Santo Shinjuro Kiyotake

     

    Aoki Kikuo Hisakatsu

     

    Kiyonaga Tadanao Masazane

     

    Imai Masayuki Nobukatsu (actuel maître du dojo)

     

     

    3- LA RECHERCHE DE LA VOIE ULTIME

     

    La peinture et la calligraphie :

     

     Parallèlement à la Voie du sabre, Miyamoto Musashi pratiquait avec assiduité la peinture et la calligraphie, dont on garde de nombreuses œuvres aujourd’hui encore. Dans le style Suiboku, inspiré par les peintres des dynasties Song et Yuan, il peignit de nombreux paysages, oiseaux ou autres animaux et aussi Daruma (appelé bodhidharma en Chine, il est une représentation légendaire du bouddhisme). Des traits épurés et incisifs, quelques touches de couleurs caractérisent son école. Excellent calligraphe, il assimilait ces arts esthétiques à l’art du sabre, car tous permettaient d’atteindre une idée de perfection de l’esprit.

     

     

     

    Le Gorin-no-Sho :

     

    Le Livre des cinq roues est le texte écrit par Musashi au crépuscule de sa vie, alors qu’il s’était retiré dans la grotte Reigendo à partir de 1643. Ce traité sur la stratégie et la Voie du sabre est, par ses indications techniques comme par la profondeur de sa reflexion, le tout basé sur une expérience unique et incontestable, un classique de la littérature martiale. Musashi terminera son écrit quelques semaines avant sa mort, et le dédiera à son élève Terao Magonojo. Il est organisé en 5 chapitres portant les noms des 5 éléments :

     

    Le livre de la Terre : Grandes lignes de sa stratégie, comparaison avec un charpentier.

    Le livre de l’Eau : Comment se forger au combat sur le plan physique et spirituel (position de combat, vigileance de l’esprit, regard, le sabre long, le rythme en combat…).

    Le livre du Feu : Tactique sur un champ de bataille (comment prendre l’initiative, étudier la topographie du lieu, placer le cri en combat, se mouvoir ou s’immobiliser…).

    Le livre du Vent : Critique des autres écoles.

    Le livre du Vide / du Ciel : Aboutissement de la technique de Musashi, où il conclut : « Choisissant le Vide comme Voie, vous verrez la Voie dans le Vide ».

     

     

    De ce traité peuvent s’extraire quelques dogmes comme :

     

    1. Eviter toute pensée négative.

    2. Trouver sa voie dans l'entraînement.

    3. Tenter de pratiquer tous les arts.

    4. Pratiquer différentes professions.

    5. Savoir distinguer les avantages et les inconvénients de chaque chose.

    6. Développer sa capacité d'évaluation dans divers domaines.

    7. Percevoir ce qui est invisible.

    8. Faire attention aux plus petits détails.

    9. Ne rien faire d'inutile.

     

     

    4- AUJOURD’HUI

    Miyamoto Musashi reste aujourd’hui le samourai le plus admiré et le plus connu internationalement, ses œuvres sont toujours exposées dans divers musées, et le Ghorin-no-Sho est édité dans le monde entier. Si vous avez l'occasion de partir au Japon, le 3 mai a lieu le Shimonoseki Straits Festival, dans la ville du même nom, préfecture de Yamaguchi. Ce festival présente entre autres un spectacle reconstituant le fameux duel Miyamoto Musashi contre Sasaki Kojiro. Sinon, il est possible de voir aujourd'hui la tombe de Miyamoto Musashi près de Reigan-Do à Kumamoto. Beaucoup de touristes viennent prendre des photos de la tombe de Miyamoto Musashi et poser devant une statue à son effigie.

    Au XIXe siècle, Tsuruya Namboku IV, un des plus illustres auteurs de Kabuki, s'empare de l'histoire du duelliste qui subit la même métamorphose que les Cyrano, D'Artagnan… C'est cette pièce qui a vraisemblablement inspiré Yoshikawa Eiji pour son roman sorti chez nous en deux volumes, La Pierre et le Sabre et La Parfaite lumière. Le roman de Eiji Yoshikawa (1892-1962) est à ce jour l'œuvre littéraire japonaise la plus lue en France.

    A son tour, la Toho s'empare de Musashi et lance une production de grand luxe qu'elle confie à Hiroshi Inagaki. Tournée en couleurs, cette trilogie formée de La légende de Musashi, Duel à Ichijoji et La Voie de la Lumière, reprend fidèlement l'oeuvre de Yoshikawa. La distribution est dominée par l'acteur fétiche de Kurosawa, Toshiro Mifune qui campe Musashi avec sa puissance et son charisme coutumier. La trilogie Musashi La Pierre & le Sabre a remporté l'Oscar 1956 du Meilleur Film Etranger. Véritable monument du cinéma nippon (elle lança la vague du film de sabre, le Chambara, au Japon) la trilogie de Musashi s'est contentée d'une sortie directe en vidéo en France.

    Il y eu sept adaptations au cinéma du roman La Pierre et le Sabre ainsi que trois pour la télévision. Il fut également adapté de nombreuses fois au théâtre. Les adaptations cinématographiques les plus célèbres sont, avec celle de Hiroshi Inagaki, celle de Kenji Mizoguchi (1944) et de Tomi Uchida (1961-1965).

     

     Source : http://www.escale-japon.com/articles/musashi/musashi1.php

     


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    MIYAMOTO MUSASHI ( 1584-1645 )

     

     

    Probablement le Samouraï le plus connu du Japon. Sa carrière exceptionnelle de maître d'armes et la philosophie qu'il tenta d'inculquer à travers sa discipline ont frappé l'imagination des Japonais. Il fut également un peintre et un calligraphie de premier ordre.

     

    Né en 1584 dans le Kansaï, il prit part à la bataille de Sekigahara en 1600, contre les troupes de Tokugawa Ieyasu. Battu, il devint un rônin ( Samouraï sans maître ), et erra durant plusieurs mois, sans but. Il en profita pour développer une technique originale de combat à deux sabres ( nitô-ryû ), et devint un maître d'armes réputé. Il provoqua avec succès plus de 60 duels, et devenant ainsi le meilleur sabreur du Japon.

     

    En 1637, il rentra au service de ses anciens adversaires les Tokugawa et combattit pour eux les révoltés chrétiens de Shimabara. Il devint alors instructeur en 1640 de la puissante famille Hosokawa de Kumamoto. C'est trois ans plus tard qu'il écrivit son célèbre ouvrage de stratégie d'arts martiaux " Gorin no Sho" ( Le livre des cinq cercles ). C'est également à cette période qu'il exécuta ses plus belles peintures dans un style très épuré et incisifs. Il mourut en 1645.

     

    La légende de Miyamoto Musashi est tellement ancrée dans l'histoire du Japon que plus de 7 films différents retracent sa vie, ainsi que des pièces de théâtre. "La Pierre et le Sabre" best seller international d'Eiji Yoshikawa, raconte la vie de ce guerrier hors du commun.

     

     

    La Voie du Samouraï

    les neuf principes fondamentaux de Miyamoto Musashi

     

    Miyamoto Musashi (1584-1645) : célèbre Samouraï considéré comme un des grands Maîtres de la tradition du bushidô : la Voie des guerriers. Escrimeur, il a créé l’école dite "des deux sabres" : un long et un court. Devenu un personnage légendaire, sa vie aventureuse et ses exploits ont inspiré d’innombrables romans, nouvelles et pièces de théâtre. À l’âge de soixante ans, quelques mois avant sa mort, il se retire dans une grotte pour méditer et rédige à l’intention de ses disciples l’œuvre majeure de sa vie : Traité des Cinq Roues.

     

     

    Le Traité des Cinq Roues :

     

    Ce traité porte sur les arts martiaux et plus particulièrement l’escrime. Mais les principes qu’il énonce trouvent aussi à s’appliquer à toutes les activités de nature stratégique, à tous les gestes de la vie quotidienne : "Je comprenais bien, écrit Musashi, comme il est difficile de maintenir une position face aux événements. [...] J’ai appliqué les principes (avantages) de la tactique à tous les domaines des arts. En conséquence, dans aucun domaine je n’ai de maître."

     

    Le Traité des Cinq Roues n’est donc pas seulement un livre de stratégie guerrière ou pour l’action. C’est aussi un guide sur la Voie, qui énonce les principes d’un art de vivre. Livre à la fois d’action et de sagesse, ou plutôt de sagesse dans l’action, il révèle le secret d’une stratégie victorieuse, d’un trajet initiatique qui passe par la maîtrise de soi.

     

    Ce Traité est considéré comme un classique de la littérature universelle. Une traduction française par M. et M. Shibata est parue récemment aux éditions Albin Michel, dans la collection "Spiritualité vivante". C’est dans cette édition que j’emprunte la plupart des passages cités dans le présent essai. Toujours populaire au Japon, le traité de Musashi a fait l’objet d’une édition récente par le Groupement d’études sur la gestion de Tokyo, destinée plus spécialement aux gestionnaires.

    Musashi, un personnage légendaire

    "Dans une auberge isolée, un samouraï est installé à dîner, seul à une table. Malgré trois mouches qui tournent autour de lui, il reste d’un calme surprenant.

    "Trois ronin (guerriers vagabonds, sans maître) entrent à leur tour dans l’auberge. Ils remarquent aussitôt avec envie la magnifique paire de sabres que porte l’homme isolé. Sûrs de leur coup, trois contre un, ils s’assoient à une table voisine et mettent tout en œuvre pour provoquer le samouraï. Celui-ci reste imperturbable, comme s’il n’avait même pas remarqué la présence des trois ronin. Loin de se décourager, les ronin se font de plus en plus railleurs. Tout à coup, en trois gestes rapides, le samouraï attrape les trois mouches qui tournaient autour de lui, et ce, avec les baguettes qu’il tenait à la main. Puis, calmement, il repose les baguettes, parfaitement indifférent au trouble qu’il venait de provoquer parmi les ronin. En effet, non seulement ceux-ci s’étaient tus, mais pris de panique ils n’avaient pas tardé à s’enfuir. Ils venaient de comprendre à temps qu’ils s’étaient attaqués à un homme d’une maîtrise redoutable. Plus tard, ils finirent par apprendre, avec effroi, que celui qui les avait si habilement découragés était le fameux maître : Miyamoto Musashi."

    Cette légende illustre un principe capital de la Voie du Samouraï, selon lequel on doit chercher à vaincre sans combattre.

    (On s’est inspiré de ce récit pour une scène du film Karate Kid, dans laquelle le maître attrape une mouche avec des baguettes, sous le regard ébahi de son jeune disciple.)

     

    de l’action efficace et de la sagesse

    L’enseignement de Musashi se définit à deux niveaux :

    de l’action efficace...

    Ne nous y trompons pas. Tous les arts martiaux sont d’abord des techniques de défense. Quand on est dans l’action, il faut gagner. Pour le Bushi ou Samouraï, perdre c’est mourir... Mais la question est de savoir comment gagner par une action juste du point de vue de la tactique et de l’attitude. Le guerrier doit, par exemple, "faire perdre à l’adversaire son équilibre mental" ou encore "faire naître une certaine tension nerveuse en empêchant l’adversaire d’être sûr de lui". Musashi souligne même l’importance "de neutraliser l’adversaire directement, sans le laisser souffler, en évitant de croiser son regard". Il ajoute d’ailleurs : "Le plus important est de l’empêcher de pouvoir se restaurer"... À propos de l’importance de savoir se rénover dans l’action, Musashi dit plus loin : "Lorsque, au cours d’un combat qui reste à l’état de mêlée, rien n’avance plus, abandonnez vos idées premières, rénovez-vous en tout et prenez un nouveau rythme. Ainsi découvrez le chemin de la victoire. Chaque fois que vous jugez qu’entre votre adversaire et vous tout grince, changez d’intentions immédiatement et parvenez à la victoire en recherchant d’autres moyens avantageux pour vous."

    Ces règles trouvent à s’appliquer aussi dans le monde de l’action en général...

    Vaincre, soit! Mais de préférence sans combattre et, dans tous les cas, sans perdre l’honneur.

    ... et de la sagesse

    Musashi se rapproche pourtant davantage de la figure du sage que du technicien des armes. Son enseignement vise d’abord à remporter une victoire sur soi. C’est le sens de sa maxime : "Devenez l’ennemi". Dans son action, le guerrier doit atteindre en lui-même le point où cesse la violence. La maîtrise de soi, enseigne le traité, augmente les chances de maîtriser le monde.

     

    L’intérêt que présente le modèle traditionnel japonais est considérable. Pourtant, l’esprit qui anime les principes de Musashi, visant à l’efficacité dans l’action et à la maîtrise de soi pour atteindre la sagesse, n’est pas étranger à la tradition occidentale. On le trouve aussi dans la tradition gréco-romaine, en particulier chez les Stoïciens, bien qu’il ne s’agisse plus dans ce cas du modèle du guerrier mais plutôt de l’homme en progrès et du philosophe, qui n’en doit pas moins se considérer comme son seul ennemi, c’est-à-dire comme le seul véritable obstacle à vaincre. Épictète revient très souvent sur ce thème. Il dit par exemple:

    "Attitude et caractère de l’homme ordinaire: il n’attend rien, en bien ou en mal, de soi-même, et tout des circonstances extérieures. Attitude et caractère du philosophe: il attend tout, en bien comme en mal, de soi-même. Signes distinctifs de l’homme en progrès: il ne blâme personne, ne loue personne, ne reproche rien à personne, n’accuse personne; il ne dit jamais rien qui tende à faire croire qu’il sait quelque chose ou qu’il est quelqu’un. En cas d’échec ou d’obstacle, il ne s’en prend qu’à soi-même. [...] En un mot, le seul ennemi qu’il ait à redouter, c’est lui-même."

    les principes fondamentaux, selon Musashi

    "Ceux qui veulent connaître ma tactique doivent obéir aux principes suivants selon lesquels ils peuvent pratiquer la Voie..." Éviter toutes pensées perverses.

     

     

    L’enseignement de Musashi peut se ramener à neuf principes :

     

    • Se forger dans la voie en pratiquant soi-même.

     

    • Embrasser tous les arts et non se borner à un seul.

     

    • Connaître la voie de chaque métier, et non se borner à celui que l’on exerce soi-même.

     

    • Savoir distinguer les avantages et les inconvénients de chaque chose.

     

    • En toutes choses, s’habituer au jugement intuitif.

     

    • Connaître d’instinct ce que l’on ne voit pas.

     

    • Prêter attention au moindre détail.

     

    • Ne rien faire d’inutile.

     

    Pour approfondir le sens de ces neuf principes, il faut se reporter à différents passages du traité, mais aussi les considérer en fonction de la tradition des arts martiaux et du bouddhisme zen... C’est le périlleux exercice auquel je me suis livré.

     

    J’ai aussi pris la liberté de prolonger ces principes par des commentaires d’inspiration moderne et occidentale. Certains de ces commentaires, qui nous entraînent parfois assez loin de l’énoncé proprement dit, paraîtront même audacieux... Je crois pourtant avoir respecté l’esprit des principes de Musashi.

     

    Source : http://www.radio-canada.ca/par4/ind/musashi/intro.html

     

    MIYAMOTO MUSASHI

    LE TRAITE DES CINQ ROUES

     

    Dans le « Vide », il y a le bien et non le mal. L'intelligence est « être ». Les principes (avantages) sont « être ». Les voies sont « être ». Mais l'esprit est « Vide ».

    Le Traité des Cinq Roues n'est pas à proprement parler une leçon d'escrime. Il s'agit plutôt d'un essai d'exposition de la tactique mise au point par Miyamoto Musashi. Pendant toute sa vie, et dans ses combats, Miyamoto Musashi a toujours essentiellement cherché « la victoire ». Elle est primordiale, et elle doit passer au-dessus de tout le reste. Ainsi, on prête à Miyamoto Musashi le meurtre de l'héritier des Yoshioka, lors du duel de Ichijoji, qui n'était alors qu'un enfant d'une douzaine d'années. Il a également participé (dans quelle mesure, je l'ignore) au massacre de Shimabara, où en 1638, 37000 chrétiens ont été tués ou exécutés, qu'ils soient soldats, femmes, enfants ou vieillards.

    Il est donc important de noter que l' « enlèvement de la victoire » est le but avoué de Miyamoto Musashi dans chacun de ses actes. Le Traité des Cinq Roues est découpé en une multitude de paragraphes, décrivant un moyen a priori simple d'aborder une situation donnée pour remporter la victoire.

    L'aspect particulier du Traité des Cinq Roues est son caractère « Universel ». Dans chacune des situations décrites, il est assez facile d'imaginer d'autres cas, dans d'autres domaines que l'escrime, où il serait possible d'appliquer la méthode. Il s'agit alors d'une manière d'aborder un problème, et d'une réaction à avoir en conséquence. Miyamoto Musashi termine la majeure partie de ses leçons par « réfléchissez-y bien », ou bien « exercez-vous bien ». Contrairement à d'autres philosophies ou d'autres sens de la tactique, Miyamoto Musashi ne donne pas de marche à suivre précise dans un cas précis. Il implique l'étudiant du livre à se poser des questions, à bien méditer sur son cas et sa situation, de ne jamais oublier que chaque situation est unique et nécessite donc une action en conséquence, c'est-à-dire impossible à déterminer précisément à l'avance.

    D'où une notion importante du livre : l'observation. Miyamoto Musashi dit qu'il faut apprendre à « voir sans regarder ». Dans le cas d'une bataille, cela consiste à parvenir à connaître les données topographiques sur le lieu du combat, et toutes les autres données propres à la situation, comme le nombre et les qualités des adversaires par exemple. Car à partir de l'aptitude à déceler les failles de la tactique adverse, il est aisé de déterminer la tactique à adopter, et ainsi « enlever la victoire ». Miyamoto Musashi est connu pour son observation pointue et rapide d'une situation, pour cette sensibilité qui lui a permis de toujours adapter ses actes par rapport à son adversaire.

    Autre notion très importante, et là aussi applicable dans presque tous les domaines : le rythme. Miyamoto Musashi dit que l'important est de savoir bien saisir le rythme, savoir imposer à un adversaire son rythme pour le perturber, bien connaître son propre rythme pour être au maximum d'efficacité en chaque action. C'est une valeur que l'on retrouve dans tous les sports, mais aussi dans les réflexions et les travaux intellectuels. Là peut-être plus qu'ailleurs, il faut bien travailler et méditer sur son rythme, c'est grâce à cette maîtrise de son rythme que Miyamoto Musashi est arrivé à vaincre bon nombre d'adversaires, en anticipant les mouvements et surprenant les plus grands maîtres du sabre.

    Miyamoto Musashi base sa « voie de la tactique » dans une pratique acharnée, et le renoncement à un grand nombre de «plaisirs» et d'attachements pour libérer l'esprit de toute préoccupation matérielle. Voici en conclusion la liste des sacrifices personnels qu'exige, selon Miyamoto Musashi, l'apprentissage du sens de la tactique.

    - Ne pas contrevenir à la Voie immuable à travers les temps.

    - Eviter de rechercher les plaisirs du corps.

    - Etre impartial en tout.

    - N'être jamais cupide durant toute la vie.

    - N'avoir aucun regret dans les affaires.

    - Ne jamais jalouser autrui en bien ou en mal.

    - Ne jamais être attristé par toutes séparations.

    - N'éprouver aucune rancune ou animosité vis-à-vis de soi ou des autres.

    - N'avoir aucun désir d'amour.

    - N'avoir aucun préférence envers toutes choses.

    - Ne jamais rechercher son confort.

    - Ne jamais rechercher les mets les plus fins pour contenter son corps.

    - Ne jamais s'entourer, à aucun moment de la vie, d'objets précieux.

    - Ne pas reculer pour de fausses croyances.

    - Ne jamais être tenté par aucun objet autre que les armes.

    - Se consacrer entièrement à la Voie sans même craindre la mort.

    - Même vieux, n'avoir aucun désir de posséder ou d'utiliser des biens.

    - Vénérer les bouddhas et divinités sans compter sur eux.

    - Ne jamais abandonner la Voie de la tactique.

     

     

    Les trophées gagnés ne sont pas la Voie du combattant

     

    " Lorsqu'une école cherche avant tout à se garantir une clientèle
    en affichant les trophées gagnés en tournois, elle trompe l'élève
    quant à la réalité de la Voie du combattant.
    "

     

    Miyamoto Musachi

     


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