• Les Bujutsu à main nue

     

    Les Bujutsu à main nue

     

    Quand un homme est désarmé au cours d’un combat, sa dernière chance de survie réside dans son habileté à se servir de ses armes naturelles : celle de son corps.

     

    Le Jiu-Jutsu, ou Art de la souplesse, est une méthode de combat à main nue qui repose sur le principe de non-résistance. Cet Art utilise surtout des techniques permettant de se servir des mouvement de l’adversaire pour le mettre hors de combat. Méthode très complète, le Jiu-Jutsu se sert de tout l’arsenal du corps : esquives, projections, balayages, coups, saisie et étranglements. Le judo sportif, qui en est issu mais qui s’est éloigné de celui mis au point par Jigoro Kano au début du siècle, n’en est que le vague reflet, appauvri et mutilé.

    aiki-jutsu signifie Art de l’harmonisation des énergies. Très proche du Jiu-Jutsu dans ses techniques, cet Art Martial ne fut pas aussi populaire car il était enseigné secrètement au sein de certaines familles de la noblesse guerrière. La famille Takeda en fut l’une des dépositaires et ce n’est qu’au début du xxe siècle que le dernier survivant de sa lignée, Takeda Sokaku, consentit à divulguer quelque peu cet enseignement. Ueshiba Morihei fut admis au nombre de ses élèves et il s’inspira largement de cet Art pour créer l’Aïkido, Art Martial axé sur la non-violence et dépourvu de toute technique offensive.

    Des Arts de combat à main nue d’origine chinoise se répandirent aussi au Japon : ce sont les Kempo.

    Le karate est le plus célèbre de ces Kempo. Karaté signifie en japonais « main vide ».

                Dans l’archipel des Ryu-Kyu, au sud du Japon, l’île d’Okinawa passa au xve siècle sous domination chinoise. Les occupants interdirent à la population indigène de posséder des armes. Loin de se résigner, le peuple d’Okinawa développa clandestinement un Art Martial dérivé du Kempo chinois : le Tode ou « main de Chine ». Cet Art fut introduit principalement par des moines chinois, comme en témoignent encore certains noms kata : un kata provient du Jion-Ji, un ancien temple bouddhiste ; le style Shorin-ryu évoque quand à lui explicitement son rattachement au temple de Shaolin. La prohibition fut maintenue quand, en 1609, Okinawa fut occupée par un seigneur japonais. Pratiqué de plus belle, toujours la nuit, en secret, l’Art Martial local commença à se faire connaître sous le nom d’Okinawa-te. Ce n’est qu’au xxe siècle que Funakoshi Gishin l’introduisit dans le reste du Japon. Il décida alors d’appeler cet Art « Karaté-Do », la Voie de la main vide, afin de souligner son appartenance au Budo. Le mot Kara (vide) fut choisi non seulement pour désigner le caractère de combat à main nue de cet Art, mais surtout pour sa signification morale et religieuse. Kara fait aussi référence au « vide de toute intention agressive » et évoque l’expérience Zen du « Vide ».

                Cela paraît loin de la réputation de violence dont jouit actuellement le Karaté. Ses techniques sont en effet redoutables car elles sont spécialisées dans les atémi, les coups portés aux points vitaux à l’aide des mains, pieds, coudes et genoux. S’il n’est pas pratiqué dans son optique traditionnelle d’Art de défense et comme Voie, le Karaté, détaché du Do, dégénère facilement en une boxe dangereuse qui n’a alors plus de rapport avec le Karaté-Do qui fut pratiqué par Funakoshi Gishin jusqu’à sa mort, survenue dans sa quatre-vingt-neuvième année.


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