• Le kiai

     

    Le kiai

     

    Tous les arts martiaux possèdent un cri particulier, ou « kiai », toujours impressionnant, qui exprime la brusque libération de l’énergie. Ce cri a été rendu célèbre en Occident sous le nom de « cri qui tue » mais, en réalité, le kiai est une « mise sur longueur d’ondes » entre deux combattants. Celui qui a le plus d’énergie subtile (kokyû) le fait connaître par le kiai. Il existe alors, durant une fraction de seconde, une sorte d’inhibition suffisante pour fendre l’adversaire à tel point que l’on dit que, par le kiai, certains maîtres parviennent à immobiliser un oiseau sur la branche, voire à le faire tomber à leurs pieds.

     

    Il s’agit d’une technique où le kiai véhicule une énergie hypnotique suffisante pour immobiliser l’oiseau pendant un court instant.

    Le kiai part de ventre, du centre de la véritable énergie. S’il est généré par la gorge, il est inopérant et il n’exprime rien d’autre qu’un son guttural. Le kiai est la science ou l’art d’utiliser le ki ou énergie.

     

    « À l’origine existe la vibration, à la fin existe la vibration, entre les deux la terre et l’univers ont vécu ». Sur cette pensée shintô ancienne repose une profonde connaissance ésotérique. La vibration (état impersonnel de l’énergie) est perçue comme un son dans le mental (état individualisé de l’énergie). Connaître le pouvoir du son, c’est faire vibrer l’énergie, c’est faire vibrer la vie elle-même. Par le son, ou plutôt par les modes de vibration du son, s’expliquent toutes choses. Ces connaissances très anciennes, aujourd’hui confirmées par un nombre d’applications scientifiques (pouvoir du son sur les plantes et les animaux notamment), permettent de comprendre combien le kiai peut-être beaucoup plus qu’un cri terrifiant et exprimer son énergie dans tous les domaines de l’existence. De fait, le kiai peut devenir silencieux car il implique, avant tout, une décision active de l’esprit de telle sorte que le plus fort exerce son ascendant sur le plus faible.

     

    Le kiai se maîtrise par le hara, par ce que les Japonais nomment « fukushiki kokyû », c’est-à-dire la respiration profonde du ventre. Des exercices enseignent ce type de respiration.

     

    Le kiai est le résultat d’une science impliquant aussi bien la maîtrise de la respiration que celle de l’esprit. L’esprit commande le ki, qui fait vibrer le hara. Le kiai projette l’énergie mentale, physique et psychique. C’est pourquoi le mot « ki-ai » s’écrit avec les mêmes idéogrammes que le mot « ai-ki » mais dans l’ordre inverse.

     

    Source : Livre ; Les arts martiaux ou l’esprit des budo de Michel Random, pages 80 - 81.

     


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