• LE BU JUTSU WADOKAN

     

    UN PEU D'HISTOIRE  et ... LE BU JUTSU WADOKAN

     

    Nous sommes en 1603.

    Le Japon sort de cinq siècles de guerres civiles.

    Il vient, en dernier lieu, d'être le théâtre du terrible affrontement entre les clans Tokugawa et Satsuma.

    Les Tokugawa, vainqueurs, vont instaurer plus de deux siècles et demi de paix forcée sur l'île.

     

    Le clan des Satsuma, dirigé par la famille Shimazu est vaincu mais non détruit. Il va débarquer sur l'île d'Okinawa en 1605 et la diriger jusqu'en 1879 .

    Les bushi, ces guerriers [12ème siècle] issus de la noblesse, que l'on appellera plus tard samurai [17ème siècle], représentent alors 5 % de la population.

    La guerre n'est plus là, et leur frustration grandit tant leur inutilité devient flagrante.

     

    Le reste de la population, paysans, artisans, commerçants, en trois classes cloisonnées, cherche dans cette paix inhabituelle, de nouveaux modes de vie.

    La dictature en place va encourager de nouveaux courants de pensée. On accorde alors de plus en plus la priorité à l'intuition plutôt qu'à l'intelligence, à l'action sur les mots, au mérite individuel plutôt qu'aux privilèges de la naissance, etc.

     

    Le taoisme vient ensuite renforcer ces premiers pas vers une voie nouvelle. Emprunté aux chinois, ce courant ésotérique est vécu par les japonais comme un concept plus concret. Ils le traduisent par un chemin qu'il faut suivre dans la vie, un chemin sans fin, profond, jonché d'embûches, qui doit être parcouru pour se cultiver, pour finalement atteindre la perfection .Le tao, do (la voie) en japonais, donne alors naissance au budo (littéralement : la voie martiale).

     

    Les Tokugawa ferment le Japon au reste du monde et le maintiennent sous un régime de fer qui interdit toute velléité de rébellion.

     

    Devenus en quelque sorte des fonctionnaires, les samurai, rompus depuis toujours aux techniques de guerre (bujutsu) sont désormais payés pour mener des opérations de maintien de l'ordre. Ils doivent utiliser des techniques de police qui leur permettent d'arrêter puis de maîtriser les membres des classes "inférieures" (paysans, pêcheurs, commerçants) si possible... sans les tuer.

     

    Nombreux sont les samurai sans maître (ronins), dont le peuple doit subir les exactions. Ce même peuple qui, pour se défendre, va devoir utiliser ce qui lui est autorisé de posséder : des outils et ... ses mains nues. Et pas question de tuer, c'est la décapitation assurée !

     

    Sur l'ile du Japon comme sur celles des Ryu Kyu voisines,se développent des techniques d'une redoutable efficacité qui vont souvent laisser désemparé le samurai en armure ... Le terrible bujutsu sera emprunté aux guerriers professionnels, adapté, complété par des gens souhaitant le combattre et auxquels les armes "nobles" sont interdites, sous peine de mort.

     

    A partir de toutes ces techniques du bujutsu vont émerger des techniques spécifiques aux habitants, à leurs métiers.

     

    La naissance des Kobujutsu intégrant Bo, Tonfa, Saï, Nunchaku, est, à cet égard significative.

     

    Le Saï, par exemple, est une sorte de lourd poignard d'acier à lame ronde ou octogonale, non tranchante, possédant deux gardes courbes de chaque coté de sa poignée. On ne connaît pas son utilisation originelle (piquer le sol pour l'aérer, pour y planter ?) dans un pays où qui plus est, le métal était rare et cher ... On connaît, par contre, quelle arme en ont fait les habitants des îles. Manié par paires, il était assez lourd pour bloquer un sabre japonais. Un saï déviait la lame par un mouvement de côté et l'autre saï servait à soutenir l'action ou à contre attaquer rapidement en visant les yeux, la gorge ou le bas de l'abdomen ... zones extrêmement vulnérables une fois brisée ou détournée la lame de l'adversaire.

     

    De nombreuses armes vont ainsi être imaginées et utilisées, pour le combat rapproché, par les fermiers et les pêcheurs, en les détournant de leur raison d'être initiale : rame, bâton long, manivelle de meule à grain, fléau à grain, chaîne, houe, faucille ...

     

    L'Okinawa - te va, plus tard, également présider à l'élaboration du Karate.

    Dans le même temps, un grand nombre de samurai va sublimer l'art de la guerre et développer le Budo, en oubliant l'esprit belliqueux pour s'élever vers un achèvement physique et spirituel alliant éducation et éthique ...

     

    Loin de vouloir exprimer une nomenclature de toutes ces "voies" (do) ou de toutes ces "techniques" (jutsu), notre propos est avant tout de situer, en ce début de troisième millénaire, le Bu-Jutsu Wadokan parmi des centaines d'écoles d'arts martiaux dans le monde entier.

     

    A Chaville, le Bu-Jutsu enseigné est né de cette combinaison de techniques d'une redoutable efficacité qui marie les Kobujutsu (techniques anciennes) plusieurs fois centenaires et les Shinbujutsu (techniques modernes).

    Ces techniques connues des samurai de l'ère Meiji [1867- Mutsuhito- Meiji] sont toujours enseignées aux  policiers japonais qui sillonnent les rues de Tokyo au moment où vous lisez ces lignes.

     

    Source : http://www.wadokan.info/bujutsu/index.html

     


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