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    La Calligraphie

     

     

    La plupart des maîtres d’arts martiaux pratiquent la calligraphie. Faire surgir le trait spontané, permettre la libre respiration du pinceau sur une délicate feuille de papier, n’est-ce pas une lutte supérieure ?

    Le trait spontané du pinceau du pinceau rappelle le jaillissement libre et immédiat du sabre, la liberté de la flèche tirée sans effort. Là où existe l’angoisse, l’inquiétude, le trouble intérieur, le geste parfaitement libre et immédiat ne peut surgir. La calligraphie est l’art de tracer des lettres du bout du pinceau et requiert une profonde sérénité. Ici encore, l’harmonie résulte de la maîtrise du souffle et du geste. Introduite de Chine au Japon voici 1300 ans environ, la calligraphie était l’art de peindre les idéogrammes chinois qui deviendrons, après de légères modifications visant à les simplifier, le kanji japonais.

    Le Japonais utilise aujourd’hui pour écrire à la fois les kanji et les kana. Les kana sont des alphabets proprement japonais, sans rapport avec les hanji, qui servent soit à exprimer les sons non-japonais (katagana, de forme très « carrée »), soit les sons japonais (hiragana, de forme plus cursive). Ces trois formes de caractères se côtoient dans un même texte selon que le mot représente une idée (kanji), un mot de liaison (hiragana) ou un mot d’origine étrangère (katagana).

    On dit que c’est la sérénité intérieure qui doit conduire le pinceau ; de fait, le pinceau traduit l’inconscient le plus profond. Il appelle la « sagesse de l’œil », celle qui relie les signes entre eux comme s’il s’agissait d’assembler le mouvant et l’immuable, l’ego aux dit mille choses de l’univers, le présents et l’intemporel. L’étudiant qui veut pratiquer la calligraphie commence à étudier un idéogramme. Il le dessine une fois, cinquante fois, cent fois, trois cents fois. Les signes se dessinent toujours dans le même sens : de haut en bas et de gauche à droite. Le mouvement ne peut-être inversé. Chaque trait qui le compose exige une tension spéciale. On le répète alors jusqu’à parvenir à une totale spontanéité – et non « automatisme du mouvement » ce qui serait le contraire du but recherché – libre de toute pensée…

    Dans la calligraphie comme dans les arts martiaux, l’espace entre les signes est déterminant. C’est l’espace compris entre les lignes qui donne aux signes leur beauté.

     

     

    Source : Livre : Les arts martiaux ou l’esprit des Budo de Michel Random.

     


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