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    Le Kiaï

    L’origine du Kiaï remonte aux premiers temps de l’époque où l’étude des « arts martiaux » occupait une place importante au Japon : vers le VII siècle après Jésus-Christ. Alors, quelles que soient les écoles, et elles étaient nombreuses, l’importance primordiale du Kiaï étaient reconnue et celui-ci cultivé sérieusement. Le Kiaï faisait partie des « arts martiaux » dont il constituait l’essence et l’aspect ésotérique. Cependant, depuis des temps immémoriaux, des millénaires avant notre ère, l’existence de cette force qui reçut au Japon le nom de Kiaï, avait été reconnue, isolée et parfaitement analysée, d’abord dans l’Inde puis en Chine. [...]

     

    ANALYSE DU KIAÏ

    Le Kiaï peut être un phénomène psychophysiologique ou un phénomène purement physiologique.

    1. - Phénomène psychophysiologique.

    [...] Le Kiaï n’est pas un bruit ordinaire : c’est un son, et un son chargé de volonté. [...] Lorsque le père dit à l’enfant : « je t’en prie reste donc tranquille » sur un ton las, l’effet n’est pas du tout le même que si abandonnant son journal il se dresse le doigt tendu en prononçant le seul prénom de son fils ; celui-ci sait que maintenant il faut absolument s’arrêter et tout de suite. Notons en passant que la voix pour devenir le verbe n’a pas besoin d’être particulièrement élevée, un ton même contenu peut dégager une force impressionnante due à la seule volonté et détermination qu’il dégage. A l’attitude déterminée, au regard fixe et chargé de volonté, un peu comme le dompteur qui fixe ses fauves, vient s’ajouter l’effet de surprise incontestable que produit sur un autre, un individu qui brusquement alors que rien n’aurait pu le laisser prévoir, dans le silence lourd d’une atmosphère tendue par la passion ou le danger, pousse un cri sauvage... ! [...]

    2. - Phénomène physiologique.

    A l’effet de surprise ou de crainte, parfois les deux, vient s’ajouter l’influence physique que l’intensité du kiaï peut déterminer. [...]

     

    LE CRI LUI MÊME

    Le fond du Kiaï est un son en « a », que chaque individu modifie légèrement mais dont il tend à se rapprocher. Phonétiquement les divers Kiai, qui n’en sont qu’un, peuvent s’énumérer approximativement ainsi : éï - aï - eight - halft - heult - aït - etc... Chacun choisit dans les exemples précédents celui qu’il produit avec le plus de facilité, de force et de résonance. Ce cri s’extériorise directement sans articulation ni modulation, il est sans plus. Il doit être très concentré et bref. Le nombre de vibrations ne joue pas dans le Kiaï ; en effet ce qui fait son efficacité n’est pas la hauteur du son émis, c’est-à-dire le nombre de ses vibrations car il doit rester dans le registre des sons audibles pour l’oreille humaine. [...] Il doit donc osciller vers la moyenne, mais dans ces conditions qu’est-ce donc qui le différencie des sons que nous avons l’habitude d’entendre ? L’intensité et secondairement le timbre. Un Kiaï peut être grave ou aigu, cela c’est le timbre ; une trompette et un basson peuvent émettre la même note, donc le même nombre de vibrations, mais le timbre est différent, l’intensité peut l’être aussi. Tout le secret physique du Kiaï est dans l’intensité, la puissance du son. A cet égard certains klaxons de voiture qu’ils soient graves ou aigus cela est sans importance, produisent parfois une sensation de choc qui vous saisit au plexus solaire et paralyse un court instant. Pourquoi ? Parce qu’ils ont retenti à proximité immédiate d’une façon soudaine et intense. Le Kiaï n’est pas un son modulé dont l’intensité augmenterait progressivement, il atteint au contraire d’emblée son maximum d’intensité, là réside son efficacité. [...]

    Extrait du livre du Kiaï et des Kuatsu Robert LASSERE Editions CHIRON - SPORTS

     


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    Le kiai

     

    Tous les arts martiaux possèdent un cri particulier, ou « kiai », toujours impressionnant, qui exprime la brusque libération de l’énergie. Ce cri a été rendu célèbre en Occident sous le nom de « cri qui tue » mais, en réalité, le kiai est une « mise sur longueur d’ondes » entre deux combattants. Celui qui a le plus d’énergie subtile (kokyû) le fait connaître par le kiai. Il existe alors, durant une fraction de seconde, une sorte d’inhibition suffisante pour fendre l’adversaire à tel point que l’on dit que, par le kiai, certains maîtres parviennent à immobiliser un oiseau sur la branche, voire à le faire tomber à leurs pieds.

     

    Il s’agit d’une technique où le kiai véhicule une énergie hypnotique suffisante pour immobiliser l’oiseau pendant un court instant.

    Le kiai part de ventre, du centre de la véritable énergie. S’il est généré par la gorge, il est inopérant et il n’exprime rien d’autre qu’un son guttural. Le kiai est la science ou l’art d’utiliser le ki ou énergie.

     

    « À l’origine existe la vibration, à la fin existe la vibration, entre les deux la terre et l’univers ont vécu ». Sur cette pensée shintô ancienne repose une profonde connaissance ésotérique. La vibration (état impersonnel de l’énergie) est perçue comme un son dans le mental (état individualisé de l’énergie). Connaître le pouvoir du son, c’est faire vibrer l’énergie, c’est faire vibrer la vie elle-même. Par le son, ou plutôt par les modes de vibration du son, s’expliquent toutes choses. Ces connaissances très anciennes, aujourd’hui confirmées par un nombre d’applications scientifiques (pouvoir du son sur les plantes et les animaux notamment), permettent de comprendre combien le kiai peut-être beaucoup plus qu’un cri terrifiant et exprimer son énergie dans tous les domaines de l’existence. De fait, le kiai peut devenir silencieux car il implique, avant tout, une décision active de l’esprit de telle sorte que le plus fort exerce son ascendant sur le plus faible.

     

    Le kiai se maîtrise par le hara, par ce que les Japonais nomment « fukushiki kokyû », c’est-à-dire la respiration profonde du ventre. Des exercices enseignent ce type de respiration.

     

    Le kiai est le résultat d’une science impliquant aussi bien la maîtrise de la respiration que celle de l’esprit. L’esprit commande le ki, qui fait vibrer le hara. Le kiai projette l’énergie mentale, physique et psychique. C’est pourquoi le mot « ki-ai » s’écrit avec les mêmes idéogrammes que le mot « ai-ki » mais dans l’ordre inverse.

     

    Source : Livre ; Les arts martiaux ou l’esprit des budo de Michel Random, pages 80 - 81.

     


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