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    Le système de grades japonais

     

    Il a été mis en place pour se démarquer des anciennes écoles traditionnelles de Ju-Jutsu qui utilisaient le système Menkyo (certificat de transmission) pour la progression de leurs pratiquants !

     

    Le Kyu-Da-Ho, système de Kyu et de Dan, développé par Kano se base sur les systèmes militaires et universitaires occidentaux. Les élèves dépourvus de Dan sont nommés Mudansha et ceux en possédant Yudansha ou Dansha. Au dessus du 5ème Dan, ils sont nommés Kodansha. Au départ, ce système ne possédait que 3 Kyu, 5 Dan et 2 couleurs : blanche pour les Kyu et noire pour les Dan. Vers 1935, ils furent doublés en Judo et en Karaté en 1950 par Masatoshi Nakayama, directeur technique de la célèbre JKA (Japan Karaté Association).Maître Jigoro Kano délivra les 2 premières ceintures noires Shodan de Judo (1er Dan) en août 1883 à Shiro Saigo et à Tsunejiro Tomita. Vers la fin des années 20 à Londres, le centre européen de Judo, dirigé par Gunji Koizumi, élabora partiellement un système de couleur pour les Kyu. Ce système sera ensuite repris et perfectionné par maître Kawaishi Mikinosuke installé en France et qui fit preuve d’une très grande intelligence pédagogique pour le développement du Judo. Parallèlement aux ceintures, Kawashi apporta un système semblable aux Menkyo avec des titres comme champion, expert, maître pour stimuler la progression des pratiquants occidentaux.

     

    Ce système de graduation par couleur jaune, orange, vert, bleu, marron, mit au point par Kawashi fut ensuite repris par toutes les disciplines martiales même non japonaises mais avec pour certaines quelques modifications. Le Japon adoptera, quant à lui, la ceinture blanche jusqu’au 4ème Kyu et la ceinture marron à partir du 3ème Kyu jusqu’au 1er Kyu. Le nombre de Dan sera ensuite porté à 10 et ce 10ème Dan, symbolisé par la ceinture rouge dans la plupart des disciplines reste de nos jours le titre mythique, suprême, même si celui-ci peut être dépassé dan certains cas.

    Par exemple, Maître Kano reçut à titre posthume le 12ème Dan et dans certaines disciplines à l’image du Bujinkan de maître Hatsumi, il existe 15 Dan entrecoupés en 3 parties : les 5 premiers Dan se rapportant au ciel Ten, les 5 autres à la terre Chi et les 5 derniers à l’homme Jin et garde en parallèle un système de Menkyo à l’image de l’Hakko-Ryu, école traditionnelle d’Aiki-Jutsu. A l’inverse, d’autres sont restés à l’ancien système de 5 Dan comme Oshima, élève de Funakoshi, fondateur du Karaté Shotokan qui reçut des mains de celui-ci son 5ème Dan et qui n’a jamais voulu depuis le 6ème Dan. Jigoro Kano, en plus d’avoir mis au point ce système, a été d’une importance capitale dans le développement et la sauvegarde des différents Budo. Il créa l’association des 3 Budo, la San Budo Kai, elle regroupait le Judo, le Kendo, le Kyudo, elle sera dissolue à sa mort. Il invita personnellement maître Funakoshi pour faire une démonstration de Karaté en 1922 et lui prêta même un kimono ainsi qu’une ceinture noire ce qui a permit au Karaté d’adopter le système de grade de Kano et la ceinture noire de devenir très vite le symbole d’efficacité et de maîtrise. Jigoro Kano lui envoya ainsi qu’à Ueshiba (fondateur de l’Aïkido) des élèves pour qu’ils étudient respectivement le Karaté et l’Aïkido.

     

    A la fin du 19ème siècle, le Japon s’ouvrit au monde occidental et la suprématie des samouraïs fut aboulie. Dès lors, le Japon rattrapera son retard d’une manière tout à fait exceptionnelle et si cette ouverture fut mal prise par un grand nombre de japonais ce ne fut pas le cas de Jigoro qui s’intéressa à la culture et aux sports occidentaux comme l’aviron, la gymnastique et le base-ball dont il ouvrit le 1er club au Japon en 1878, le Kasei base-ball club .

    Les différents maîtres des écoles de Ju-Jutsu furent donc très outrés par ce comportement et voyerent d’un mauvais œil cette nouvelle forme de Ju-Jutsu car le Judo était bel et bien présenté comme une nouvelle forme de Ju-Jutsu mise au point de plus par une personne sans reconnaissance véritable ! Jigoro Kano n’a pratiqué de manière intense que durant 3 ans et même s’il avait une grande connaissance techniques, les autres maîtres ne le considéraient pas comme un pratiquant avancé, il dut donc mettre au point un autre système de graduation complètement différent du système féodal pour instaurer son style de Ju-Jutsu. A l’époque plusieurs noms circulaient pour désigner cette nouvelle forme : Judo Kano Kodokan, Kodokan Ryu, Judo Kodokan. Les maîtres des autres écoles mécontents décidèrent d’organiser à l’encontre de l’école de Jigoro Kano des Dojo Yaburi qui signifie littéralement casser le Dojo. Toutes sortes de défis ont donc été lancés que le Judo remporta à plusieurs reprises ce qui amena de plus en plus d’élèves à Jigoro Kano. Durant ces défis, un de ses élèves, Shiro Saigo, fit une très bonne impression et son niveau technique était remarquable. A 22 ans, Shiro possédait déjà de nombreux certificat de transmission, ce qui est tout à fait exceptionnel par rapport à son age et fut nommé 5ème Dan par Kano ce qui correspond au 10ème Dan de nos jours ce qui prouve encore une fois que la valeur n’attend pas le nombre des années. Jigoro, malgré ses détracteurs, tenu bon et sa discipline se développa progressivement pour devenir aujourd’hui la discipline martial la plus pratiquée même si elle est bien différente de ses débuts et son système de grades est lui aussi le plus connu et le plus utilisé.

     

    La Dai Nippon Butokukai (association des vertus martiales du grand Japon), célèbre organisation paramilitaire ultra nationaliste japonaise, est créée en 1895 dans le but de sauvegarder les arts anciens et de promouvoir les arts modernes. Elle était constituée d’anciens samouraïs, tous maîtres de haut niveau, sa fonction était de reconnaître les Budo et les Ryu authentiques. En 1899, près du sanctuaire Heian de Kyoko fut créée le Dai Nippon Butokuden, temple des arts martiaux du grand Japon, qui devient le quartier général et le Dojo de la Butokukai .

    En 1902, cette organisation mit au point un système de reconnaissance se basant sur l’ancien système de Menkyo. Ce système composé de 3 titres de maîtrise et d’une équivalence de Dan se retrouve encore de nos jours : Seirensho qui deviendra Renshi à partir de 1928 (5-6ème Dan). Kyoshi qui a été appelé pendant quelques temps Tashi (7-8ème Dan) et Hanshi (9-10ème Dan). A titre d’information, le Karaté fut rejeté en 1917 et 1922 de la Butokukai mais en 1935, maître Kano utilisa son influence pour qu’il soit reconnu comme technique d’atémi du Judo Kodokan. En 1939. Le maître Funakoshi reçut de la Butokukai le titre de Renshi ainsi que Kenwa Mabuni, fondateur du Karaté Shito Ryu. Hironori Otsuka Fondateur du Karaté Wado Ryu reçut, quant à lui, le titre de Renshi en 1938 et le titre de Kyoshi en 1942 et Chojun Miyagi fondateur du Karaté Goju Ryu reçut le titre de Kyoshi en 1935. Cette association fut dissolue en 1945 par le général Mac Arthur, après la capitulation du Japon. Mais quelques dojos traditionnels accueillirent dans le plus grand secret les anciens membres de la Butokukai.

     

    L’ancien système japonais de graduation Menkyo, certificat de transmission, quant à lui, date du 16ème siècle environ, il était utilisé dans différentes écoles traditionnelles d’arts martiaux. Ce système de Menkyo était composé de plus ou moins 5 certificats comme Menkyo Shoden, Menkyo Chuden, Menkyo Okuden. Mais ce système de Menkyo se retrouve aussi dans des écoles qui ne sont pas martiales comme par exemple dans le Reiki-Ho méthode de soins basé sur le Ki (énergie) mit au point par maître Usui. Son système de Menkyo se compose ainsi Shoden enseignement préliminaire, Okuden entraînement approfondi et Shinpiden enseignement secret.

     

    Cet ancien système de transmission n’est pas oublié et il est encore utilisé de nos jours au Japon mais aussi dans les pays occidentaux soit seul dans des écoles traditionnelles soit conjointement avec le système Kyu/Dan dans des styles plus récents. Le système de Menkyo était donc utilisé durant la période féodale et comme celui-ci n’était pas unifié chaque Ryu avait son propre système de Menkyo avec des noms différents, ses propres critères d’évaluation avec parfois 3 niveaux, parfois 5 niveaux voir plus, d’autres n’avaient pas de grade du tout ou reconnaissaient simplement étudiant, enseignant. Le terme Menkyo signifie permission, certificat, sanction (Men de Manuka être libéré ; Kyo autorisé). Le Menkyo se présentait et se présente encore parfois sous la forme de rouleau où sont inscrit différentes informations concernant celui qui le reçoit comme par exemple son nom, son niveau, les techniques apprises, la durée de la formation, date, lieu, etc... Il était réalisé par la main du maître ou par un disciple particulièrement doué en calligraphie comme par exemple dans l’école d’Aiki-Jujustu de maître Takeda, la Daito-Ryu celui qui rédigeait les Menkyo n’était pas Sokaku mais son disciple Ryuho Okuyama, fondateur de l’Hakko-Ryu.

     

    Le Menkyo Kaiden quelque soit l’école était le titre suprême, le maître n’en délivrait que 2 ou 3 durant sa vie. Ce titre mettait le disciple au niveau du maître et signifiait que celui-ci avait tout reçu de son maître et qu’il était autorisé s’il le souhaitait d’ouvrir sa propre école voir son propre style ou une branche de l’école.

    Après ce certificat, le maître pouvait aussi le recommander à un nouveau maître pour que l’élève puisse parfaire sa connaissance et s’améliorer encore.

     

    Ce qui était de la part du maître la preuve d’une grande humilité et d’une grande ouverture d’esprit par rapport aux autres styles, aux autres maîtres... Ce qui nous enseigne que même avec un haut niveau et le titre de maître on peut se perfectionner, approfondir, échanger ses connaissances avec d’autres maîtres ce qui n’a rien de rabaissant bien au contraire et c’est ce qui manque malheureusement de nos jours à certains pratiquants.

    Le système de Dan est donc très différent du système Menkyo surtout de nos jours mais peuvent être complémentaires car il ne faut pas tomber dans le piège de croire que les Dan n’ont pas de valeur ou qu’ ils sont moins humbles que les Menkyo ou que les Menkyo sont dépassés par rapport aux Dan. Le grade, titre, quel qu’il soit peut-être à la fois la meilleure et la pire chose. Mais il ne faut pas les confondre car à notre époque les conditions pour l’attribution des Dan sont très différentes de celles des Menkyo.

     

    Les critères de sélection et les différents tests utilisés dans le système traditionnel sont très particuliers et peuvent choquer certaines personnes, les élèves étaient filtrés et seuls ceux qui se montraient dignes étaient initiés aux différents niveaux. Si dans certaines écoles Soto Deshi désignent les élèves extérieurs non résidants au Dojo et Uchi Deshi les élèves vivant au Dojo. Ils peuvent aussi désigner les élèves qui ne sont initiés qu’au niveau extérieur et les élèves initiés aux principes profonds cachés internes, les futurs maîtres.

    Dans le système Menkyo on peut parfois attendre 10 voir 20 ans avant d’avoir le titre supérieur. Ils sont une attestation d’initiation de niveau lorsqu’on atteint un degré de perfectionnement physique et mental irréversible comme le vélo par exemple ! Contrairement aux Dan où l’on obtient un degré supérieur même si on a perdu l’efficacité d’autrefois. Le Menkyo décerné au disciple exprimait aussi le degré de confiance que donnait le maître, reconnaissance qui offrait au disciple la possibilité d’être initié au niveau supérieur puis progressivement au secret de l’école. Le Menkyo est véritablement un gage de confiance et de moralité. L’élève était jugé sur plusieurs années tant sur le plan technique que sur son comportement, plusieurs épreuves bien particulières dont on ne peut pas parler ici permettaient au maître de connaître parfaitement son élève et ce sur tout les plans ! Dans certaines écoles traditionnelles très fermées où il n’existe que le système Menkyo, on part du principe qu’il est mal venu de montrer son niveau avec des ceintures de différentes couleurs, le pratiquant doit montrer son niveau par son comportement non pas par une ceinture, un vêtement et idem pour le maître, les assistants, etc... Une école traditionnelle peut compter une dizaine de pratiquants et c ‘est déjà beaucoup, la centaine étant le grand maximum sachant que sur ce nombre que quelques uns seront initiés au savoir véritable Ura-Gei et deviendront de véritables Deshi (disciples). Les autres ne bénéficieront que de l’art martial de surface Omote-Gei. Ce terme de disciple est véritablement important et il n’est pas décerné à tous et à n’importe qui car il engage une véritable relation durable et loyale entre le maître et ce disciple, relation de confiance les deux ayant une responsabilité l’un envers l’autre ! C’est très occidentale de croire que quantité rime avec qualité. De nos jours au Japon, il existe encore environ 1000 Ryu traditionnelles dont certaines sont totalement inconnues des pratiquants « modernes » et qui utilisent exclusivement le système Menkyo et le principe de sélection. Dans les Dojo traditionnels mais aussi modernes logiquement les supérieurs doivent aider les inférieurs et les inférieurs, quant à eux, assistent les supérieurs. Le Sensei peut ainsi juger ses élèves sur leurs progressions par rapport à leur façon de se comporter avec les supérieurs ou les inférieurs selon le cas. Le(s) sempai peut selon les instructions du Sensei réprimander sérieusement et souvent les Kohai soit pour épurer le Dojo soit pour leur permettre une progression. On remarque dans ce genre d’épreuves que rares sont ceux qui sont prêts à être « secoués » surtout s’ils ne sont pas au courant de l’épreuve, curieusement on pense obligatoirement que l’on teste la patience et la résistance alors qu’il a bien d’autres choses. Mais attention il peut arriver que ce soit en vérité le(s) Sempai qui soit testé(s). De nos jours en Occident, il peut être très difficile aux différents Sensei d’agir selon ces principes traditionnels et ils ne sont pas à blâmer car les cotisations sont souvent un moyen d’existence pour certains, de plus les élèves réagiraient très mal, seraient écœurés et quitteraient le Dojo en colère en traitant certainement le Sensei de malade, mégalo, ou autres noms alors que c’est pour leur bien, pour leur progression, pour le Dojo et pour que le Sensei ne perde pas son temps avec des esprits trop soucieux de leurs ego.

     

    De nos jours en Occident les candidats à un Kyu jusqu’au 1er Kyu (ceinture marron) doivent passer un examen pratique devant leur professeur. Ensuite, particulièrement en France où le terme Dan est protégé et régie par des textes de loi et après 3 années de licence minimum et avec logiquement l’autorisation de leur Sensei, ce sont les fédérations délégataires (sport) qui délivrent les Dan. Cette forme de protection nationale permet de protéger de certaines choses et de certains débordements et permet ainsi de garantir un minimum de sérieux sur l’enseignement dispensé dans les Dojo. Mais le fait de délivrer des grades à des inconnus n’ayant pas eu à juger l’élève durant toute sa progression mais juste sur quelques minutes avec quelques gestes techniques peut paraître déraisonnable aux yeux des pratiquants traditionnels ou d‘autres pays. Ce Dan si longtemps convoité, peut vite devenir si l’on ne fait pas attention un simple attribut décoratif gonflant l’ego et permettant d’attirer la clientèle. Le système de graduation qu’il soit du type Menkyo ou du type Dan doit permettre à l’élève qui le reçoit de comprendre et de voir où il se trouve dans son évolution martiale mais aussi propre à son style et cette évolution doit être autant technique, physique que mentale. La pratique d’un art martial ne se détermine pas à une simple attitude physique, le mental est aussi une partie importante et sûrement la plus importante mais aussi la plus difficile car être mis face à ses propres défauts, à son ego peut-être particulièrement vexant voir déconcertant ! Certains pratiquants, pas tous heureusement, toute pratique et pays confondus sont avides de progression, ce qui est normal, mais aussi de grades et de reconnaissance et accéder à un maximum de Dan en un minimum de temps et avec un minimum d’effort, devient une véritable fixation et le seul but à atteindre. Mais il est évident et tout à fait normal qu’un pratiquant doit pouvoir se situer sur cette échelle de niveau. Un titre quel qu’il soit est très personnel, doit être mérité et c’est à chacun de savoir quelle valeur lui donner. De nos jours, certains préfèreront avoir un Dan délivré par une fédération reconnue par tel ministère ou telle organisation selon des critères physiques et techniques précis que par leur Sensei qu’ils quittent une fois la ceinture noire obtenue. D’autres au contraire préfèreront recevoir le grade par leur maître qu’ils ont suivis durant des années et avec qui ils ont liés des liens irréversibles. Dans les Dojo traditionnels, le Menkyo ou le Dan est remis lors d’une cérémonie spéciale et dans certains d’entre eux, c’est le maître de l’école, lui-même, qui noue la nouvelle ceinture à son disciple. Ce geste symbolique est une marque de respect et d‘humilité du maître envers son disciple pour tout le travail accompli.

     

    En parallèle des Menkyo ou des Dan, il existait et il existe toujours différents titres Shogo qui sont décernés et utilisés en complément pour permettre de connaître le statut du pratiquant au sein de l’école. Actuellement, ces différents titres qui sont pour certains traditionnels et pour d’autres plus récents sont parfois attribués en parallèle des Dan par le maître de l’école. Ces différents titres de maîtrise doivent en un seul mot suffirent à montrer la vrai valeur de la personne détentrice de ce titre et tout le travail accompli. Ils peuvent être par cela un pesant fardeau car son détenteur doit assumer ce titre au quotidien et s’en montrer digne. Mais il faut rester vigilant car les titres comme les Dan ou les Menkyo ont un pouvoir particulièrement puissants sur l’esprit humain autant sur celui qui possède le grade que sur celui des autres et c’est pour cette raison qu’ils peuvent être la meilleure et la pire des choses dans la « voie » d’un pratiquant, un véritable « piège d’illusion ». Le titre aussi gonflant soit-il doit nous permettre d’évoluer dans le bon sens c’est à dire vers le haut vers le positif.

     

    Les titres les plus courants décernés autant en Occident qu’au Japon sont :

     

    - Sensei : professeur, personne que l’on respecte et qui détient une connaissance, un savoir. « Celui qui est né avant ». Au Japon, bien souvent, les gens appellent leur médecin Sensei.

    - O Sensei : grand professeur.

    - Waka Sensei : petit professeur, futur héritier.

    - Doshi : gardien de la voie.

    - Monji : disciple.

    - Deshi : disciple.

    - Soto Deshi : disciple extérieur.

    - Uchi Deshi :disciple interne.

    - Kagé Deshi :disciple « caché » de l’école.

    - Renshi : maîtrise extérieure, chercheur qui commence à s’éveiller.

    - Kyoshi : maîtrise intérieure, grande connaissance de l’art

    - Hanshi : maîtrise intérieur et extérieur unifiée, une référence, un exemple à suivre.

    - Ryu Sha : pratiquant de l’école, élève.

    - Hombu-Cho : maître principal, responsable du Dojo Principal (Hombu-Dojo).

    - Dojo-Cho : responsable du Dojo.

    - Shibucho : responsable d’une section locale ou nationale d’une organisation internationale, le représentant officiel de la dite organisation.

    - Kancho : directeur technique.

    - Kaicho : président.

    - Shidoshi-Ho : instructeur débutant.

    - Shidoshi : instructeur.

    - Shidoshi-In : instructeur.

    - Shihan : maître « modèle ».

    - Shihan-Kaku : assistant du maître.

    - Dai-Shihan : grand maître.

    - Kage-Shihan : maître de l’ombre.

    - Meijin : grand homme accompli.

    - Kohai : jeune.

    - Sempai : ancien par rapport au Kohai.

    - Tashi : expert.

    - Tenshi : maître céleste.

    - Soke ou Shosei ou Shodai : fondateur, héritier, chef de famille, de l’école.

    - Shike : héritier.

     

    Il est traditionnel, quel que soit le pays, d’encadrer et d’accrocher ses titres, ses grades, etc... non pas pour étaler son ego, son savoir mais pour se « souvenir », se rappeler à l’ordre de la responsabilité que l’on a par rapport à ce titre, à ce grade, à son maître, à son école, à ses élèves. C’est ce qui fait la différence entre l’art martial et le sport !

     

    Le premier Menkyo décerné tout comme le premier Dan désigne le pratiquant encore comme un débutant, certes avancé ayant atteint une maturité mais un débutant tout de même, il marque le début du travail véritable et non la fin. On pourrait comparer le 1er Dan et le 1er Menkyo au brevet des collèges, jusqu’à ce niveau, ce ne sont que les bases qui sont enseignées dans un art martial quel qu’il soit, il représente une porte d’entrée à de nouvelles connaissances. Le grade doit tout au long de la progression avoir une valeur émotionnelle mais il faut savoir rester humble et savoir se remettre en question s’il le faut. Le Sensei, lui aussi, doit être capable de transmettre tout en continuant d’apprendre tout en se perfectionnant dans son art car l’art martial c’est pour toute la vie !

     

    http://www.ctendance.com/article106.html

     

    Source : http://www.aikiryucharenton.org/Textes/Systeme-grades-jap.htm

     


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    NOEUD DE LA CEINTURE : Belle moustache


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    La ceinture (obi)

     

    Là encore, on peut être étonné de l’importance donnée à un si simple attribut qui, dans le fond, ne sert qu’a maintenir la veste. Pourtant, cette ceinture a fait rêver et tomber plus d’un esprit que se croyait fort.

    Le mirage de la ceinture noire étant presque dépassé, c’est celui de la ceinture blanche et rouge qui lui a succédé et aujourd’hui, comme il y a quarante ans, nous assistons encore à la course aux dans. Que l’on ne mésestime donc pas ce complément de vêtement qui a fait chuter plus d’un pratiquant !

    Une ceinture cependant, possède d’autres qualités que celle de maintenir la veste ! Elle ne doit être ni trop serré ni trop lâche. Elle permet de prendre conscience de la force qui est en nous et par conséquent de mieux la concentrer dans le région du hara. Un ventre est comme une ceinture, il n’est jamais trop tendu ni trop relâché. Musashi insiste sur ce fait lorsqu’il écrit :

    « Le bas des reins ne doit pas proéminer, mettre de la force entre les genoux et la pointe des orteils, tendre le ventre afin de ne pas avoir les reins courbés. « Fixer la clavette », c’est-à-dire bien appuyer le ventre sur la gaine du petit sabre afin de ne pas donner de lest à votre ceinture. Dans la Bible et dans les textes sacrés, on se réfère très souvent à l’action de se ceindre les reins avant la bataille. C’est un moyen de reprendre courage avant une grande épreuve. Pour beaucoup de prêtres orientaux, la ceinture était  utilisée dans des rituels magiques comme moyen de séparer la terre du ciel, de se fermer aux impulsions animales pendant l’exercice d’un rite sacré. Le budo a repris à son compte l’idée d’associer la ceinture avec la qualité de l’élève. La ceinture du débutant est blanche, elle symbolise l’ignorance, la pureté de l’enfant, qui est pur parce qu’il ne sait pas, parce que son mental est libre de toute connaissance intellectuelle et humaine. Plus tard, lorsque les bases de la discipline sont connues, le pratiquant porte une ceinture noire, symbole des connaissances acquises. Cette progression va s’échelonner sur plusieurs degrés (dan) et selon la discipline, la maîtrise de l’art sera atteinte au 5éme ou au 10éme dan. Lorsque l’expert sera devenu un maître, il aura le droit de porter de nouveau la ceinture blanche, symbole de la connaissance vraie, de celle qui ne résulte pas de la mémoire et de l’intellect mais qui émane directement de l’âme et du Soi supérieur. Enfin, n’oublions pas qu’il existe autour de la taille un important méridien de ki qu l’on peut étendre à volonté en cercle de force magnétique et protectrice. A chacun d’un faire l’utilisation adéquate.

     

     

    Source : Livre : Budo L’esprit de arts martiaux de Michel Coquet.

     


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