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    KATORI SHINTO RYU

     

     

    KATORI SHINTO RYU à été désigné comme pur acquis culturel national par le Japon en avril 1960. Cette école très ancienne perpétue la tradition depuis 600 ans, dans l’enseignement du maniement des armes traditionnelles du Samouraï.

     

     

    Un samouraï Iizasa Choisai Ienao

     

    Iizasa, depuis son adolescence, avait montré un très vif intérêt pour l'art militaire et les méthodes de combat. Ayant pris part à de nombreux combats et fort d'une dextérité rare, il n'avait jamais connu la moindre défaite. A l'âge de soixante dix ans, il entreprit de transmettre sa doctrine et sa technique. Il ouvre un dojo et décide de nommer son art "Tenshin Shoden Katori Shinto Ryu". Il meurt à 102 ans le 15 avril 1488.

     

    « L’humilité est un principe de base dans la pratique des arts martiaux classiques. Sans humilité, l’enseignement de ces derniers ne serait ni plus ni moins qu’une école de violence. »

    Sensei Otake Ritsuke.

     

     

    Le respect des traditions

     

    C’est avec cet esprit qu’il fut enseigné à feu Sensei Yoshio SUGINO (1904-1998), qui su le préserver et le protéger, en portant le plus grand respect aux traditions, pour ensuite transmettre à ses élèves les 10 disciplines de cet art martial traditionnel mais aussi une philosophie pour toute une vie.

     

     

    Une école d’armes japonaise

     

    Cette école d’armes japonaise fut longtemps méconnue car enseignée uniquement au Japon, dans le souci de préserver ses disciplines et traditions, privilégiant la qualité à la quantité.

     

    • Kenjutsu Omote: l'art du sabre une fois dégaine
    • Kenjutsu Ura: l'art du sabre une fois dégaine
    • Iai Jutsu: l'art de combattre en dégainant le sabre
    • Ryoto: l’art des deux sabres
    • Kodachi: le petit sabre
    • Bo Jutsu: l’art du bâton
    • Gogui No Bo: l’art du bâton
    • Naginata Jutsu: l’art de la hallebarde
    • So Jutsu : l’art de la lance
    • Shuriken Jutsu: l’art des armes de jet
    • Nin Jutsu : l’art de l’espionnage…

     

     

    Une quête de soi dans l’action

     

    La pratique d'un art martial traditionnel est une expérience enrichissante tant du point de vue de l’esprit que du point de vue physique.

     

    C’est une quête de soi-même dans l'action, c’est la découverte de valeurs fondamentales, essentielles à toute évolution personnelle tendant vers une meilleure connaissance de soi et une meilleure compréhension des autres.

     

    Le Katori Shinto Ryu répond directement à cette définition de l’art martial, puisqu’en premier lieu il est un outil de compréhension permettant de mieux se connaître, de découvrir réellement son corps, ses possibilités, ses limites, et par là même celles des autres.

     

     

    Un enseignement individuel adapté

     

    Les cours durent 2h, dont 30 minutes de mondo (questions-réponses), et peuvent être suivis 1 à 2 fois par semaine. L’enseignement est dispensé en groupes restreints afin que l’attention et les corrections puissent être apportées et portées individuellement.

     

    L’enseignement s’adapte ainsi à chacun et l’apprentissage se fait par l’écoute, l’observation, et bien sûr la pratique et la répétition, clés du savoir-faire, d’où vont découler la perception, la compréhension et la perfection du geste.

     

    L’élève se familiarisera avec les principes de la ligne centrale et du triangle, et apprendra à se déplacer, à sortir de la ligne, à prendre une ligne, à enchaîner des attaques et des défenses aux armes. Ainsi, les partenaires peuvent en toute sécurité faire travailler leurs émotions et les faire partager aux autres afin d'exercer leur vigilance

     

     

    Apprendre à son rythme

     

    Vient alors la pratique du kenjutsu avec un sabre en bois, sous forme de différents kajo (chapitres), l'élève jouant tour à tour les rôles d’attaqué et d'attaquant. Ils correspondent à des séries de mouvements que l’on réalise déjà seul puis à deux, afin, dans un premier temps, de mémoriser leur trame et de les travailler à son propre rythme. Le pratiquant découvre ainsi dans le travail seul puis à deux, les principes fondamentaux du Katori Shinto Ryu reg;©, dont les premiers sont le shisei (attitude physique et morale) et le ma-aï (distance pour ne pas être atteint), c'est-à-dire savoir prendre du recul par rapport aux événements afin de préserver son intégrité physique et morale

     

     

    Vigilance et lâcher prise

     

    Les cours ainsi dispensés sont une progression naturelle de l'exercice allant du plus simple au plus complexe. Les kajo d'escrime au sabre pour novices sont suivis par des enchaînements pratiqués au bo (bâton) contre le sabre. Puis c'est le tour du naginata, la hallebarde ou faux de guerre, longue de deux mètres et demi, l'arme la plus difficile que les débutants auront à maîtriser dans le Katori Shinto Ryu.

     

    Un art pour tous

     

    Accessible à tous, le Katori Shinto Ryu s’accorde avec la pratique d’autres sports et arts martiaux, ne nécessite pas de condition physique ni d’antécédents particuliers, mais simplement la volonté de s’investir dans une nouvelle discipline. L’âge et le sexe importent peu : la découverte de soi est profitable à tous et à chaque période de la vie.

     

     

    Patience, Confiance, Disponibilité, Humilité

     

    La plastique du corps physique est une priorité dans notre société, tous les sports la glorifient. Toute forme de lutte pour être meilleur qu’un autre, pour écraser une tierce personne, est une attitude humaine que l’on retrouve dans tous les domaines et à tous les niveaux de la vie sociale. Ceci est à l’opposé de l’esprit véritable des arts martiaux qui suppose disponibilité, simplicité, et humilité.

     

     

    Katori Shinto Ryu, l’esprit véritable des arts martiaux

     

    L’étude des disciplines martiales vise, à travers ses techniques, à l’enrichissement et la progression individuels sur tous les plans : physique, intellectuel et spirituel. Cette étude aura automatiquement des répercussions sur la vie quotidienne du pratiquant et ne saurait se borner à une simple gestuelle quelques heures chaque semaine ou chaque jour. La progression de l’individu ne se mesure pas à la dextérité obtenue dans l’exécution d’une technique mais beaucoup plus à sa façon d’être au quotidien.

     

     

    Enrichissement physique, intellectuel et spirituel

     

    Pour celui désirant entreprendre un travail personnel, à la recherche d’une union du corps et de l’esprit, le Katori Shinto Ryu soulèvera des questions, suscitera l’enthousiasme, révèlera des frustrations, dissipera des craintes, provoquera tour à tour doutes et certitudes, autant de réflexions, de réactions et d’émotions nécessaires à la prise de conscience et à une meilleure connaissance de soi et des autres.

     

    Et à celui dont les attentes sont incertaines ou répondent à la simple curiosité de découvrir un art martial traditionnel japonais, le Katori Shinto Ryu permettra avant tout de se réunir avec d’autres pratiquants partageant les mêmes aspirations afin de travailler et de progresser ensemble.

     

     

    Source : http://www.airbj.org/activites/kobudo.html

     

     


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    Cette école est certainement la plus ancienne dont on trouve trace. Elle fut fondée au XVème siècle (entre 1447 et 1450) par Iizasa Choisai Ienao (1387-1488 ; Iga-no-Kami de son nom posthume abrégé).

    Fondation

    On connaît mal l'histoire du fondateur et, si les avis d'experts s'accordent sur les grandes lignes, il n'en est pas de même lorsqu'on entre dans les détails. On sait qu'il est le fils d'un goshi (sorte de fermier - guerrier) originaire d'Iizasa, un village désormais appelé Tako-machi dans la préfecture de Chiba.

     

    Même si l'on a peu de traces des exploits martiaux du jeune Ienao, il semble avoir excellé dans le domaine des armes et sa réputation, forgée sur les champs de bataille, se propagea dans les alentours. Après la chute du clan Chiba, Ienao, fatigué des guerres, prit ses distances avec sa propre famille pour se retirer au mont Umeki (Umekiyama), tout proche du sanctuaire de Katori (Katori jingu), dédié à Futsu-nushi-no-kami (une des deux divinités avec Take-mika-dzuchi-no-kami, dont le sanctuaire est Kashima jingu, chargées par les kami célestes de ramener l'ordre sur terre), non sans avoir fait un don au préalable, ainsi qu'au temple bouddhiste shingon Shintoku Shimpuku (Shintokusan Shimpuku-ji) qu'il avait fait ériger à Miyamoto-mura.

    Durant cette vie de reclus, il advint qu'un de ses disciples lava un cheval dans un cours d'eau proche du sanctuaire. Rapidement, le cheval dépérit et mourut. Ienao y vit un signe de la puissance du kami. C'est alors, à l'âge de soixante ans, que Ienao décida de se retirer au sanctuaire pour une ascèse de mille jours (Sennichi-gyo).

     

    C'est durant cette période, ou à la fin selon d'autres sources, exclusivement consacrée à la discipline, que Ienao eut une vision de Futsu-nushi-no-kami. Ce dernier lui apparut sous la forme d'un jeune homme lui tendant un ouvrage martial intitulé heiho shinsho. Il lui prédit aussi qu'il serait l'instructeur de tous les escrimeurs qui se tiendraient sous le [regard du] soleil.

     

    A la suite de cette vision, Iizasa Choisai Ienao créa son propre style qu'il dénomma Tenshin Shoden Katori Shinto Ryu, Le Tenshin Shoden étant l'indicateur de l'origine divine, de la sanctification et protection de la divinité tutélaire de l'école. Précisons aussi que Choisai Ienao sensei fût l'instructeur d'un des shogun Ashikaga. Cependant les avis diffèrent quant à savoir lequel, même si la plupart penche pour Ashikaga Yoshimasa (1436-1490, règne 1449-1473), plus doué pour les arts que pour la stratégie et qui finit par abdiquer en 1473, au milieu de la guerre de Onin (1467-1478), au profit de son fils légitime après une querelle de succession l'ayant opposé à son fils adoptif (qui était en fait son jeune frère).

     

    Choisai Ienao sensei transite à l'âge avancé de 102 ans (comptabilisé à la japonaise, 101 ans selon les normes occidentales) et portera le nom bouddhiste posthume de Taiganin-den-Taira-no-Ason-Iga-no-kami-Raiodo-Hon-Dai-Koji.

     

    Philosophie de l'école

    Bien que cette école soit à tout point de vue un bu-jutsu, il est évident que Choisai Ienao sensei était un mystique et un pacifiste. Pour cette raison, il sut s'entourer de précautions pour favoriser autant l'éveil intérieur que l'accomplissement martial, ce qui tend à rapprocher l'école des budo.

    S'il semble que l'école n'a jamais été regardante sur la condition sociale des candidats ni même sur leur sexe (on prétend que cette école était ouverte aux femmes et aux paysans), il n' en était pas de même quant au sérieux de la motivation.

     Pour cette raison chaque candidat se devait de signer de son sang un serment (keppan) tenant en quatre points:

     

    1. Ne pas divulguer les enseignements de l'école.

    2. Ne pas discuter de l'école avec des non-membres (et encore moins montrer les techniques).

    3. Ne pas se livrer aux jeux d'argent ou fréquenter des places de mauvaise réputation.

    4. Ne pas croiser le fer avec les pratiquants d'autres écoles avant d'avoir obtenu un certificat de maîtrise (en fait le menkyo kaiden).

    Après le keppan, les différentes étapes marquant l'avancement de l'élève étaient le mukoroku (l'obtention du catalogue de l'école avec les différentes techniques), puis le menkyo kaiden (indiquant la maîtrise technique) et enfin le gokui kaiden (indiquant la parfaite maîtrise) accessible à partir de l'âge de 42 ans.

     

    Ce système permettait de scinder les techniques en omote (accessible à tous) et en gokui (accessible à une minorité). Ce principe a souvent eu cours dans les écoles martiales (on appelle les formes cachées okuden en général). La nature même de l' enseignement du fondateur était aussi un moyen de pérenniser sa vision bienveillante.

     

     Ainsi, en préambule du catalogue de l'école (mukoroku), il est dit : « L' art martial [Heiho en caractères japonais] est l'art de la paix [Heiho en caractères chinois] et tous devraient apprendre à faire la paix ». Une autre histoire montre bien la disposition d'esprit bienveillante du fondateur.

     

    L'école Katori était installée à proximité des sanctuaires de Katori et de Kashima dans la province du Kanto (dans la région de Tokyo). Outre le fait que de nombreux guerriers y venaient en pèlerinage et à ce titre étaient susceptibles de faire un détour par l'école pour y provoquer le maître en duel, il faut savoir aussi que la partie orientale du Kanto avait été perdue par Ashikaga Yoshinori (1394-1441, shogun de 1429 à 1441), et la région était en proie à de nombreux désordres.

     

    En somme, la région étant très mal fréquentée et sa réputation étant grande, Choisai Ienao sensei était souvent provoqué en duel. Avant de se battre, il invitait son adversaire à s'asseoir et faisait disposer une natte de paille sur un support de bambous nains, à une trentaine de centimètre du sol.

     

    Choisai Ieano sensei s'asseyait alors sans faire ployer les bambous et invitait alors l'étranger à en faire de même. Il va de soi que ce dernier renonçait autant à s'asseoir qu'à se battre. Cette anecdote est connue sous le nom de « leçon des bambous nains » (Kumazasa no oshie). Choisai Ienao sensei disait aussi que la plus belle des victoires s'obtient sans arme et sans combattre.

    Vient ensuite celle où l' on est forcé de blesser son adversaire. Enfin, la pire est celle que l' on ne peut obtenir qu'en tuant son adversaire.

    Aujourd'hui encore on dit dans cette école que la compétition (shiai) est synonyme de mort (shi-ni-ai, littéralement « se rencontrer pour se donner la mort »).

     

    Filiation

    Fondateur: Iizasa Choisai Ienao (Iga-no-kami)

    2ème Soke : Wakasa-no-kami Morichika

    3ème Soke : Wakasa-no-kami Morinobu

    4ème Soke : Yamashiro-no-kami Moritsuna

    5ème Soke : Saemon-no-jo Morihide

    6ème Soke : Oi-no-kami Morishige

    7ème Soke : Shuri-no-suke Morinobu

    8ème Soke : Shuri-no-suke Morinaga

    9ème Soke : Shuri-no-suke Morihisa

    10ème Soke : Shuri-no-suke Morisada

    11ème Soke : Shuri-no-suke Morishige

    12ème Soke : Shuri-no-suke Moritsugu

    13ème Soke : Shuri-no-suke Morikiyo

    14ème Soke : Shuri-no-suke Nagateru

     15ème Soke : Shuri-no-suke Moriteru

    16ème Soke : Shuri-no-suke Morishige (Kanrokusai)

    17ème Soke : Shuri-no-suke Morifusa

    18ème Soke : Shuri-no-suke Morisada

    19ème Soke : Shuri-no-suke Kinjiro

    20ème Soke : Shuri-no-suke Yasusada

     En théorie, la filiation est resté ininterrompue depuis sa création. C'est le fils aîné qui prend en charge l'école d'une génération à l'autre. Toutefois, le 18ème soke, Shuri-no-Suke Morisada, mourut en 1898, à l'âge de 59 ans, sans laisser d'héritier mâle.

    Pendant vingt ans, l'école fût dirigée collégialement par huit experts sous la direction du shihan Yamaguchi Kumajiro.

     

    Ces huit experts étaient : Kamagata Minosuke sensei, Tamai Kisaburo sensei, Shiina Ichizo sensei, Ito Tanekichi sensei, Kuboki Sozaemon sensei, Isobe Kouhei sensei, Hayashi Yazaemon sensei et Motomiya Toranosuke sensei.

     

    A cette période il y a une séparation des filiations soke et shihanke. En effet, après la mort du shihan Yamaguchi Kumajiro, en 1918, il fallut attendre encore onze ans (1929) avant que par le biais d'un mariage le 19ème soke vit le jour en la personne du Professeur Kinjiro qui prit dès lors le nom de Shuri-no-Suke Kinjiro. Pour l'anecdote, la place aurait été proposée à feu Minoru Mochizuki sensei, mais il aurait décliné la proposition pour ne pas abandonner Jigoro Kano sensei.

    En fait dès 1928, sous l'influence de ce dernier, le Kobudo Kenkyukai, section de recherche sur les arts martiaux traditionnels, voit le jour.

    Parmi les écoles traditionnelles étudiées, il se trouve tout naturellement le Tenshin Shoden Katori Shinto Ryu. Parmi les judoka qui l'étudieront, on trouve bien évidemment feu Minoru Mochizuki sensei (1907-2003) et feu Yoshio Sugino sensei (1904-1998).

     Ce dernier abandonnera le judo dès 1928 pour se consacrer entièrement à l' étude de l'école Katori Shinto Ryu sous la tutelle principale de Shiina Ichizo sensei alors âgé de 38 ans et qui l'instruira pendant dix ans, mais aussi de Tamai Kisaburo sensei, Kuboki Sozaemon sensei, et Ito Takenichi sensei, qui étaient les instructeurs enseignant le Katori Shinto Ryu au dojo de Kano sensei et ce, pendant deux années.

    Il semble que les experts ainsi mandatés pour enseigner manifestaient quelques différences dans l'enseignement des techniques et que pendant cette période de flottement, les judoka instruits n'aient pas signé le keppan comme aurait dû l'exiger l'école. En 1940, à l' issue d'une brillante démonstration effectuée devant le prince impérial Nashimoto, et certainement à la demande de la famille impériale, le 19ème soke autorisa Yoshio Sugino sensei à enseigner le Katori Shinto Ryu dans son dojo de Kawasaki.

     

    Il l'encouragea aussi à propager l'école et à écrire un livre qu'il préfaça comme suit: « ...La situation sociale ne permet plus de garder les secrets de la doctrine du Katori Shinto Ryu uniquement à l'intérieur de l'école. Après l'apparition de l'Association pour la réanimation des Arts martiaux du Japon au printemps de 1935, je me sentais coupable de laisser mourir les arts du Fondateur, j'ai donc choisi le maniement du sabre pour montrer au public certaines parties du Shinto Ryu et ceci dans le but de rendre service à la nation.

    Monsieur SUGINO m'a proposé juste au bon moment de publier en compagnie de Mme ITTO KIKOUE des techniques existantes afin de guider les plus jeunes. Je lui ai donné mon appui et c'est ainsi que ce livre a vu le jour. Ce livre contient en abondance les expériences de l'auteur qui a réussi à saisir la quintessence de l'esprit des arts martiaux, qui explique minutieusement les techniques de l'Omote Waza En conséquence, on peut utiliser ce livre comme manuel de maîtrise ou comme guide d'instruction pour débutant. Ce livre étant publié à l'heure même où l'on tente de populariser l'esprit des arts martiaux, je suis sûr qu'il servira la société future.

    Enfin j'exprime toute mon admiration aux auteurs pour les efforts qu'ils ont déployés.

    Fait à Katori au milieu de l'automne 1941. IIZASA SHURI NO SUKE KINJIRO, 19ème descendant du fondateur. »

     

    Certainement parce qu'il était issu du judo, Yoshio Sugino sensei n'utilisa pas le système ancestral des mukoroku, menkyo kaiden, et gokui kaiden, mais y substitua le système plus moderne de dan. Il sera, du reste, lui-même nommé 10ème dan en 1981 par l'institut international des arts martiaux. Quant à Minoru Mochizuki sensei, il suivra le conseil que lui avait donné Jigoro Kano sensei, lorsqu'il lui avoua être perturbé par les différences de styles entre les quatre experts de l'école Katori, celui-ci lui aurait déclaré :

     « Rejette tout et trouve par toi-même ta propre Voie ».

    C'est ce qu'il fera, utilisant lui aussi le système moderne de dan pour échelonner la progression. En 1942, en pleine guerre mondiale, un jeune homme de 16 ans du nom d'Otake Risuke (1926- ?) signe le keppan.

    Il suivra assidûment les cours Hayashi Yazaemon sensei (1882-1964) et obtiendra le gokui kaiden à l'âge de 42 ans prenant en charge la fonction de shihan à cause de l' incapacité du 20ème soke à assumer cette fonction. Au passage, en 1960, il obtient que le Tenshin Shoden Katori Shinto Ryu soit classé trésor national du Japon.

    Ramifications

    Le Tenshin Shoden Katori Shinto Ryu a compté parmi ses rangs de nombreux samouraïs de renom qui une fois leur licence obtenue fondèrent leur propre style.

    C'est ainsi que l'école Katori peut revendiquer une parenté plus ou moins proche avec de nombreuses écoles.

    Ainsi, parmi les membres les plus éminents, on trouve Kamiizumi Ise-no-kami Nobutsuna (1508-1577) qui fondera le Shinkage Ryu, Matsumoto Bizen-no-kami Masanobu (1467-1524) un des trois fondateurs du Kashima Shinryu, et Tsukahara Tosa-no-kami qui instruisit aussi Tsukahara Bokuden Takamoto (1489-1571) à qui on attribue la fondation du Kashima Shinto Ryu. L'école inspira aussi Muso Gonnosuke Katsukichi qui créera le Shindo Muso Ryu.

     

    Dans les ramification moins confuses, on trouve Kushibuchi Magobei pour le Shindo Isshin Ryu, Iba Zesuiken pour le Shin-gyo-to Ryu, Okada Soemon pour le Ryogo Ryu et Idori Kyoun Tamenobu pour le Ko Ryu.

     

    Katori aujourd'hui

    L'enseignement de Minoru Mochizuki sensei (disparu en mai 2003) est perpétué dans ses formes modifiées au sein du Yoseikan Budo et de l'Aikibudo ses représentants le véhiculent dans pratiquement tous les pays occidentaux.

    Le Yushinkan de Kawasaki de feu Yoshio Sugino sensei a été repris par son fils Yukihiro Sugino sensei 9éme dan et Goro hatakeyama sensei, dont l'école est parfois désignée sous l'appellation Tenshin Shoden Katori Shinto Ryu Budo Suhan Heiho Shinsho .

    L'Aikibudo, largement représenté par Alain Floquet, véhicule ce courant concomitamment avec les formes modifiées de feu Minoru Mochizuki sensei. On compte de nombreux haut gradés et dojo dans pratiquement tous les pays occidentaux.

     

    Le Shinbukan de Narita du shihan Otake Risuke avec des représentants en Angleterre, Espagne, Etats-Unis, France et Italie. Le représentant (shidosha) pour la France est Michel Coquet.

      

    Il convient de noter aussi celui des Etats-Unis qui est Phil Relnick, un proche de Don Draeger et le seul menkyo kaiden d'occident.

    Il faut signaler un nouveau courant transfuge de chez Otake sensei en la personne de Sugawara sensei. Entré dans l'école en 1975 auprès d'Otake sensei, il fut l'éditeur du triple volume The Deity and the Sword.

     

    Il obtint le menkyo kaiden et sa licence kyoshi en 1986. Il a depuis fait scission et a été exclu de l'école. Il dispense malgré tout son enseignement et dispose de représentants dans plusieurs pays, en particulier aux Etats-Unis, en Espagne, en Finlande, et aux Philippines. Son élève le plus ancien s'appelle Mark Jones et vit aux USA où l'on trouve de nombreux dojo.

     

    Curriculum de l'école

    Dans son catalogue, l'école possède les disciplines suivantes:

    - Batto-jutsu ou Iai-jutsu (dégainer le sabre)

    - Ken-jutsu: Odachi, Kodachi, Ryoto (Escrime: sabre long, sabre court, ensemble ou séparément)

    - Bo-jutsu (bâton long) - Naginata (grand fauchard)

    - So-jutsu (lance)

    - Yawara-jutsu ou ju-jutsu (techniques à mains nue)

    - Shuriken-jutsu (projectiles)

    - Nin-jutsu (contre espionnage)

    - Chikujo-jutsu (fortifications)

    - Sen-jutsu, appelé aussi Gunbaiho (stratégie)

    - In-Yo Kigaku (esotérisme)

    La liste des disciplines n'est certainement pas exhaustive dans la mesure où, toute tradition martiale (ryugi) qui se respecte doit comporter 18 disciplines à son catalogue (Bugei Juhappan), selon une croyance d'origine chinoise (ce nombre symbolisant un cycle martial complet, une sorte de perfection).

    On peut donc supposer que le curriculum de cette école devrait inclure au moins 5 autres disciplines si l'on considère que le ken-jutsu compte pour trois, et 7 autrement. On peut imaginer que le catalogue contient (ou contenait) du jo-jutsu (si l'on considère la légende de Muso Gonnosuke qui aurait créé son école à partir des douze kata de jo de l'école Katori) et du nagamaki dans la mesure où, traditionnellement naginata et nagamaki (arme d'hast ressemblant à un naginata pour cavalier avec un manche plus court et une lame plus longue) vont de pair et sont appelés de manière générique nagamono.

    Cela induit le ba-jutsu (équitation) ce qui ferait déjà trois disciplines de plus. Comme ces disciplines qui d'ordinaire, n'apparaissent pas dans le curriculum divulgué au public, on peut supposer que ces techniques sont soit, conservées secrètes (mais que peut-il y avoir de plus secret que le In-Yo Kigaku ?) soit tout simplement perdues.

    Source :  http://www.lebujutsu.net/articles.php?lng=fr&pg=1450


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    Tenshin Shoden Katori Shint  Ryu

     

     

    Choc du monde moderne et de la tradition la plus ancienne ; à peu de distance de l'endroit où se posent en rugissant les jets internationaux ralliant l'aéroport de Narita, près de Tokyo, se trouve une école traditionnelle japonaise de l'art du sabre, le Tenshin Shoden Katori Shinto Ryu.  Cette école a été fondée au milieu du XVème siècle et constitue aujourd'hui la plus ancienne des écoles traditionnelles de sabre au japon.  

     

        Cet art est dû à un valeureux guerrier du nom de IIZASA IENAO. Né en 1387 à Iishino, près de la ville de katori, dans la province de CHIBA, en pleine période MUROMACHI (voir histoire du japon), il était au service du seigneur de la province, le clan Chiba. D'après les renseignements qui sont parvenus jusqu'à notre époque, il aurait aussi été durant une brève période de sa vie, maître d'armes du Shogun Ashikaga Yoshimasa.  

     

     

    Après la disgrâce de la famille Chiba, ayant compris que les guerres et les conflits ne pouvaient qu'entraîner la ruine de la noblesse, il se retira au temple de Katori, l'un des trois sanctuaires shintô les plus révérés au japon (les deux autres étant Kashima et Ise) sous le nom de Chosai Ienao.  

     

        Le temple de Katori était consacré à Futsunushi no kami, une divinité tutélaire du monde martial, particulièrement importante pour tous les guerriers. Là, il menait de pair sa vie monastique et un entraînement rigoureux accompagné d'un enseignement à ses disciples. D'après la légende, un disciple eut l'idée saugrenue de laver le cheval de Chosai avec l'eau de la fontaine sacrée, réservée à la purification des fidèles. Que croyez-vous qu'il arriva ? le cheval en creva. Comprenant la puissance de la divinité Shintô du temple, le maître Chosai Ienao se retira sur le mont Umeki, non loin du temple durant 1000 jours, pour prier, jeûner et s'entraîner.

     

        C'est à la fin de cette ascèse que le maître, "inspiré par le dieu", définit la doctrine de son école. C'est pourquoi il fit précéder le nom de l'école par "TENSHIN SHODEN" ce qui peut être traduit par "tradition céleste véridique et fidèle".

     

     

    De nombreuses autres légendes courent sur la vie de ce maître exceptionnel qui mourut selon les informations détenues au temple à l'âge de 102 ans en 1488. Pour l'époque, il s'agit véritablement d'une longévité exceptionnelle, quasi surnaturelle ! !

     

        Lorsqu'on venait le défier, ce qui n'était pas rare, dans un temple très fréquenté par des guerriers, il invitait d'abord le guerrier à discuter avec lui. Ses disciples étendaient alors une natte tressée sur des bambous nains. Le maître Chosai, savait s'y asseoir sans que les bambous ne plient sous son poids. Généralement le "challenger" comprenait que cet homme avait atteint un niveau bien supérieur au sien et renonçait spontanément à son projet de défi. Ensuite le maître lui exposait longuement qu'au lieu de rechercher la meilleure façon de tuer les autres, un guerrier doit apprendre à se comporter humainement, à améliorer son esprit.

    D'ailleurs le maître interdisait à ses disciples de se battre et cela figure dans le KEPPAN, l'engagement d' entrée dans l'école, que l'on signe de son sang.

     

     

    De nombreux pratiquants de haut niveau après avoir été formés au Katori, poursuivaient leur chemin à travers le japon et finissaient par fonder des écoles qui devinrent célèbres.  

     

        Ainsi l'école voisine, Kashima shin Ryu, a été fondé par Matsumoto Bizen (1468-1524), dont la famille occupait la prêtrise du temple shintô de kashima. Or Matsumoto Bizen a d'abord été un élève de CHOSAI. L'un des élèves de Bizen est beaucoup plus célèbre que lui, puisqu'il s'agit de Tsukahara Bokuden (1489-1571). Ce dernier fut d'abord un élève du Katori avant de devenir un disciple du Kashima. Pour finir, il fonda sa propre école, sous le nom de Shintô Ryu. Il fut maître d'armes de 3 shogun de la famille Ashikaga.  

     

     

    Dans son livre le GO RIN NO SHO, Myamoto MUSASHI parle de l'art des moines du Shinto ryu. D'ailleurs le tout premier duel livré par Musashi à 12 ans, et qu'il gagna, l'opposait à un pratiquant de shintô ryu, l'école de Bokuden.  

     

        Par la suite la tradition du Katori s'est poursuivie au fil des siècles. Vingt soke (héritiers) se sont succédés au sein du Katori, mais il y eut beaucoup de maîtres, de shihan qui sans faire partie de la famille IIZASA, détenaient l'entière connaissance du contenu de l'école. Chacun a apporté sa touche à l'édifice. Quand au shintô ou voie des dieux, elle indique le chemin, que chaque génération emprunte, guidée par la précédente. Ainsi s'est transmis jusqu'à nos jours cet art merveilleux qui, à partir d'une technique meurtrière, apporte en fait paix et sérénité à ceux qui poursuivent la voie.   

     

     

        Programme complet de l'école (12 pratiques)

     

     Ken-jutsu

       Techniques du sabre

     Bo-jutsu

       Techniques du bâton

     Naginata-jutsu

       Techniques du fauchard

     Iai-jutsu

       Techniques de coupe en tirant

       le sabre du fourreau  Ryoto-jutsu

       Techniques des 2 sabres

     Kodachi-jutsu

       Techniques du petit sabre

     Soo-Jutsu

       Techniques de la longue pique

      (appelée YARI)

     Shuriken-jutsu

       Techniques du lancer de pointes  Ju-jutsu

       Technique de combat à mains nues

     Nin-jutsu

       Techniques d'espionnage

     Sen-jutsu

       Stratégie

     Stratégie Chikujo-jutsu

       Technique de construction

       de fortifications

      

        Même si de nos jours, tout n'est pas accessible, la somme des connaissances qui sont encore enseignées dans l'école suffit à emplir une vie.

     

     

    Source : http://www.aikibudo.com/akbd/version_fr/01_historique/katori.htm

     


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    De tels actes de virtuosité sont nombreux et légendaires dans l’histoire des samouraïs. Morisada appartenait à l’une des plus célèbres écoles du Japon : le Tenshin Shoden Katori Shinto Ryu crée par Izasa Choisai (1387-1488). C’était un samouraï valeureux et pratiquant le shinto.

    Un jour, alors qu’il se trouvait  au sanctuaire de Kashima et Katori, dédié à Futsu Nushi, Kami de la guerre, Chosai eut l’idée de laver les pieds de son cheval à la fontaine du temple. Aussitôt, le cheval tomba raide mort. Isaza comprit qu’il venait de commettre un sacrilège, l’eau du sanctuaire étant uniquement réservée à la purification des fidèles. En signe de pénitence, il s’enferma durant mille jours dans le temple, consacrant son temps à la méditation et à l’art du sabre.

    Il eut ainsi le temps de mettre au point de nouvelles règles de combat qui donnèrent naissance à l’école Tenshin Shoden Katori Shinto Ryu, dite école de Katori.

    Shinto Ryu, dite école de katori.

    Depuis, de père en fils, la tradition continue. Le vingtième héritier de la dynastie, actuel Soke, s’appelle lisaza Shuri-no-suke Yasusada. Il est le garant familial de la tradition de l’école Tenshi Shoden Katori Shinto Ryu. En effet ce titre se lègue en principe de père en fils, ou du moins au sein des descendants de la famille du fondateur. Son maître d’arme et mentor, Risuke Otake, reconnu par l’obtention d’un Gokui-Kaiden (certificat d’expertise externe et interne de l’ensemble des secrets de l’école), en assure la direction réellement technique. Alors qu’en 1970 celle-ci ne comptait qu’un millier d’adeptes répartis dans tous le Japon, et seulement une trentaine d’initiés de haut niveau, elle a aujourd’hui une influence internationale et son enseignement est dispensé dans le monde entier.

     

    Dans cette école, la transmission des secrets est extrêmement stricte. Une légère piqûre au doigt et l’initié signera avec son sang qu’il ne révélera rien de ce qu’il a appris. « Cela aussi, c’est un secret », disait maître Otake en souriant.

    L’enseignement dure de nombreuse années. L’élèves doit pratiquer les exercices et reçoit, au bout de trois ans, le premier diplôme, trois ou quatre ans plus tard, un deuxième parchemin.

    Ceux qui parviendront à atteindre un certain rang auront droit à l’enseignement initiatique renfermant les neuf signes nécessaires à la concentration.

    La méditation se fait en posture de zazen. Quant à l’enseignement spirituel, un phrase le résume : « Si l’on commence à se battre, il faut gagner, dit maître Otake, mais se battre n’est pas le but. L’art guerrier est l’art de la pais, l’art de la paix est le plus difficile : il faut gagner sans se battre ».

     

     

    Source : Livre, les arts martiaux ou l’esprit des budo de Michel Random, page 135

     

     


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