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    Le jujitsu

     

    Le JUJITSU est un art martial élaboré au Japon à l'époque féodale. Son Historique est relativement difficile à établir. En effet, outre son ancienneté, les nombreuses écoles (RYU) qui enseignaient cet art, conservaient précieusement leurs techniques secrètes.

     

    A cette époque, le combat à mains nues était l'apanage des paysans qui n'étaient pas autorisés à posséder des armes. Pourtant, c'est la caste des samouraïs qui développa le JUJITSU. Pour ces guerriers, le bushido (code moral) imposait l'égalité des armes entre deux combattants. Ainsi, si un guerrier se trouvait désarmé pendant le combat, son adversaire se devait d'abandonner son arme. C'est pour pouvoir combattre à mains nues et ne pas se trouver faillible que les samouraïs développèrent ces techniques efficaces de combat à mains nues.

     

    Le JUJITSU, ou " art de la souplesse ", est ainsi l'héritier, à la fois d'un code moral chevaleresque très strict et de techniques de combat éprouvées. Synthétisant en une même technique l'ensemble des coups (atemi waza), des projections (nage waza) et des contrôles (katame waza), il permet de maîtriser tous les aspects du combat en corps à corps.

     

    En France, le JUJITSU connaît un développement chaotique.

     

    En 1906, l'ouverture d'une école de JUJITSU sur les Champs-Elysées par Ernest Régnier répond à l'attente de tout un public " fasciné " par cette mystérieuse discipline venue d'Orient. Il donne ainsi au JUJITSU une popularité exceptionnelle mais éphémère. En effet, après avoir relevé avec succès bon nombre de défis, il est vaincu par un lutteur russe de plus de 100 kilos. Le JUJITSU ne bénéficiant alors que d'une popularité attachée à la forte personnalité de RE-NIE sombre dans l'oubli. D'autres tentatives ne rencontrèrent que peu de succès, jusqu'à l'arrivée d'un expert japonais, Maître KAWASHI, empreint, lui aussi, d'une forte personnalité doublée d'une finesse d'esprit remarquable.

    C'est avant la seconde guerre mondiale qu'il donne au JUJITSU un essor nouveau en inventant notamment les ceintures de couleur, et en créant une méthode s'adaptant parfaitement à notre esprit. Le JUJITSU amorce alors son développement en France.

     

    Cependant, l'essor du JUDO de compétition fera perdre à cet art martial son caractère de self-défense : les techniques d'Atemi disparaissent pratiquement de l'enseignement, tandis que se développe parallèlement le KARATE et l'AIKIDO. Très vite, le JUDO sportif prend le pas sur l'Art Martial et le JUJITSU est à nouveau délaissé.

    Depuis une vingtaine d'années, le JUJITSU retrouve pourtant en France ses lettres de noblesse sous diverses impulsions.

     

     

    Les influences       

     

    Les techniques du JUJITSU créées à une époque où le combat, réalité quotidienne, enseignait l'art de survivre, sont codifiées. Les BUSHI (guerriers et SAMOURAI), souvent des maîtres de renom, ouvrent des écoles : les RYU.

    Les premiers RYU naquirent durant le Japon médiéval, vraisemblablement au XVème siècle . Issu de ces RYU, l'art des BUSHI (guerriers) allait progressivement trouver sa forme définitive. Cependant, ce ne fut qu'au début du XVIIème siècle que le nom de JU-JUTSU apparut fréquemment à la place de l'appellation KUMI-UCHI.

    Groupés sous le nom générique de JUJITSU, voici quelques uns des RYU célèbres:

    YOSHIN RYU

    La légende la plus caractéristique est sans conteste celle qui explique l'origine de l'école très populaire: YOSHIN RYU "l'école de l'esprit du saule".

    Un médecin du nom de SHIROBEI AKIYAMA après avoir étudié un grand nombre de techniques, les enseigna mais sans le succès escompté. Un jour d'hiver, pendant qu'il méditait, une violente tempête de neige brisa de nombreux sapins, seul un saule par sa flexibilité rejetait le poids de la neige. Le médecin fut illuminé par cette démonstration "céder pour vaincre" et modifia son enseignement qui fut à l'origine du JUJITSU et certainement du JUDO moderne (école JIGORO Kano).

     

    TENJIN SHINYO RYU

    Il s'agit de la fusion de deux anciens RYU, le YOSHIN et le SHIN NO SHINDO. Le fondateur de la première, comme nous venons de le lire, s'appelait SHIRONEI AKIYAMA et vivait au 17ème siècle. L'école SHIN NO SHINDO fut fondée par le policier YAMAMOTO. Les deux méthodes furent réunies par ISO MATAEMON sensei, sous le nouveau nom de TENJIN SHINYO RYU.

    ISO MATAEMON s'attacha spécialement au travail de l'ATE-WAZA (les coups), son troisième successeur qui portait le même nom fut un des professeurs de JUJITSU de maître J. KANO. Ce dernier et maître ISO firent d'ailleurs une démonstration de JUJITSU devant le général GRANT en visite au Japon.

     

    TAKENO UCHI RYU (16ème siècle)

    Le fondateur, un samouraï de haut rang HISAMORI, fut appelé plus tard TAKENO UCHI. L'école fut élargie aux connaissances suivantes: sabre, NAGITANA (lance), TESSEN (éventail de guerre), JO et BO (bâton), SHURIKEN et TANTO JITSU (poignard).

     

    TAKEDA RYU

    Une autre grande famille au 16ème siècle, les TAKEDA (TAKEDA HEIDO). Enseignement qui donna naissance au DAITO RYU AIKI-JUTSU. Cette méthode comprenait de très nombreuses techniques issues de l'art du sabre le KEN-JITSU. MINAMOTO NO YORIOYCHI (1036-1127) fût un des plus grands maîtres de JUJITSU de l'époque. Sa technique imprégna certainement l'école TAKEDA.

     

    KITO RYU JUJITSU

    Cette école créée au 17ème siècle par le maître UKUNO élève du chinois CHANG YAN PIN et par ses successeurs les maîtres TERADA et IBARAGI. Ce dernier amena l'école à la prospérité. Dans un ouvrage secret FUJI YOSHIMURA élève et successeur de maître IBARAGI désigne la forme positive et la forme négative de KITO RYU: "on doit vaincre avec l'une ou l'autre de ces formes, on doit vaincre la vigueur par la souplesse en sachant utiliser la force adverse tout en préservant la sienne; on ne peut pas vaincre lorsque l'on a l'intention de déployer sa force sur la force adverse". Comme on peut le constater, les principes mêmes du JUJITSU et du futur JUDO du KODOKAN sont ici mis à l'évidence.JIGORO KANO y fût élève.Cependant, l'influence chinoise continua d'imprégner les BUDO japonais, par exemple vers 1600, un chinois TCHIN GEN PIN s'installa à EDO qui deviendra plus tard TOKYO et enseigna des techniques de combat corps à corps de l'époque MING à trois RONINS.

     

    Le travail accompli par ces quatre techniciens fait partie de cette immense compilation qu'est le JUJITSU. Recherches locales et apports extérieurs, venant souvent de Chine, ont contribué à l'évolution du JUJITSU ancestral, lui donnant parfois une forme imprégnée de douceur et de non violence.

     

    Avant 1880, le JUJITSU n'était pas une technique mais un nom dans lequel le public englobait toutes les écoles de combats corps à corps qui n'était pas du SUMO.

    Certaines écoles pratiquaient une forme de lutte avec veste et pantalons courts, d'autres des techniques pour maîtriser un adversaire, d'autres la manière de lier un prisonnier. N'oublions pas que le but de JUJITSU était de poursuivre le combat en luttant avec succès lorsque l'on perdait son sabre.

    Le JUJITSU après de longues années de développement avait atteint un tel degré de perfectionnement que même les faibles remportaient des victoires sur des ennemis puissants.

     

    Un élément extrêmement important influença l'essor du JUJITSU, en dehors des champs de bataille. Durant la période TOKUGAWA (1603-1868) caractérisée par un système rigide et isolationniste, le SAMOURAI circulait porteur de deux sabres à la ceinture tandis que les citoyens se voyaient interdire le port d'arme. Face aux comportements souvent belliqueux des SAMOURAI et des RONIN, les bourgeois et les marchands développèrent eux aussi l'art du combat avec des objets familiers et souvent à mains nues.

    Il en fût de même pour les paysans qui utilisèrent en plus des outils agraires comme moyen de défense, des techniques de frappes (ATEMI).

    En 1877, un décret interdit l'usage et le port des sabres des BUSHI, d'où indirectement essor du combat rapproché. De plus, durant la période féodale, le port du sabre était interdit au peuple (86% de la population). L'art du JUJITSU se répandit logiquement.

     

    En 1868, le SHOGUNAT TOKUGAWA fût renversé. Le gouvernement MEIJI s'installa à TOKYO. Le système féodal s'achevant, le Japon rejetait les cultures et traditions anciennes et se tournait vers l'Occident.

    Cependant, le JUJITSU avait été classé, sous l'ère MEIJI, dans les arts à préserver. En 1886, 19ème année de l'ère MEIJI, la préfecture de police adopta officiellement le JUJITSU comme méthode réservée aux policiers.

     

    LES PRECURSEURS DU JUJITSU EN EUROPE

     

    En Grande-Bretagne, plusieurs professeurs japonais ouvrent des DOJO au début du siècle. Parmi eux, le célèbre YOKIO TANI, lui-même professeur au Club de l'école Japonaise d'Oxford Street à Londres.

    Deux français, Jean-Joseph RENAUD et Guy de MONTGRILHARD dit RE-NIE s'inscrivent à ces cours. Le premier DOJO s'ouvre à Paris, rue de Ponthieu en 1904.

    RE-NIE écrasa le célèbre lutteur Georges DUBOIS, le 26 Octobre 1905, au cours d'un match défi. Georges DUBOIS bien que beaucoup plus lourd et mieux préparé physiquement que Guy de MONTGRILHARD, sera bloqué au sol et abandonnera sur une clé de bras. Selon le rapport des connaissances de l'époque et du degré d'entraînement, le niveau technique de RE-NIE correspondait à celui d'une ceinture marron.

    En 1908, l'enseigne de vaisseau LE PRIEUR sera la premier français à étudier le JUDO et le JUJITSU au Japon.

    Malheureusement, à son retour en France, faute de partenaire valable, il abandonnera peu à peu les arts martiaux.

    En 1906, l'allemand Eric RAHN ouvre à Berlin la première école de JUJITSU.

    Encore en Angleterre, ALLAN SMITH fût le premier européen gradé ceinture noire.

    En 1924, K. ISHIGURO et A. AIDA, tous les deux 5ème dan, enseignent le JUJITSU au Sporting Club de Paris. Le célèbre peintre japonais FUJITA, ceinture marron, grade obtenu à Tokyo aide K. ISHIGURO à développer sa discipline.

    Un scientifique MOSHE FELDENKRAIS, britannique d'origine israélite créa le premier DOJO officiel :

    le JIU-JITSU club de France aidé en cela par Monsieur et Madame JOLIOT -CURIE.

    En septembre 1933, Le maître JIGORO KANO et son assistant SHUIDI NAGAOKA qui deviendra plus tard 10ème dan participent au Championnat de France à une série de démonstrations et de conférences. Ils font connaissance de M. FELDENKRAIS.

    Maître KANO préface le premier ouvrage officiel écrit en Français sur le JUJITSU: " Manuel Pratique du JIU-JITSU" : "le JUJITSU est une méthode d'éducation physique par excellence mais aussi une école morale, inspirée par la supériorité et la précision des méthodes sportives japonaises. Le JUJITSU combat la force brutale par les lois de la mécanique rationnelle, opposant la technique à la force sauvage par sa méthode logique basée sur le minimum d'effort pour un maximum d'efficacité."

     

    Puis M. FELDENKRAIS fait venir le 1er octobre 1935 un 5éme dan japonais, MIKINOSUKE KAWAISHI. Son arrivée allait donner le véritable essor du JUDO et du JUJITSU européens. Maître KAWAISHI excellent pédagogue crée une méthode personnelle de JUJITSU qui se répand à travers l'Europe.

     

     

    Les écoles       

     

    Tout pratiquant de Jujitsu peut se poser légitimement la question de l'origine du jujitsu qu'il pratique.

    Ce questionnement m'a engagé dans une recherche des différentes écoles de jujitsu présent sur le territoire français.

    Si le Jujitsu dispensé par la Fédération Française de Judo est le plus représenté par le nombre d'adhérents et de clubs, il n'en reste pas moins, qu'à ce jour, et d'après mes recherches, 33 autres styles se partagent la discipline.

    Chacun de ces styles, fondé ou non à partir de pratiques traditionnelles japonaises, affiche une pratique bien singulière, qu'elle soit orienté self-défense, techniques traditionnelles ou compétition.

    Les responsables de chacunes des écoles indiquées ci-dessous m'ont fait l'honneur de répondre à un questionnaire qui vous permettra de cerner un peu mieux leur vision du jujitsu.

     

    Ecoles ayant répondu

    Sans réponse

    Ecoles contactées

    Aikido-Jiujitsu
    Atemi JuJitsu, méthode Pariset
    Goshindo
    Goshinkaï
    Hakko Ryu Jujutsu
    Jitsu Ryoku
    Jujitsu de l'école française de Budo
    Ju-jitsu Défense personnelle
    Jujitsu Mushin Ryu
    Jujitsu Traditionnel, méthode Levannier
    Ki Shin Tai Jutsu
    Komory Ryu
    Mushindo
    Taï Ho Jutsu
    Taïkibudo
    Takeda Ryu Maroto Ha
    Wa-Jutsu, méthode Quero
    Zen Hakko Kaï

    /

    Taï Jitsu
    Nïhon Taï Jutsu
    Taï Jitsu Do
    Taï-Do
    Shorinji Kempo
    Ecole Yagyu Shingan
    Jujitsu Butokukai
    Kokodo Jujutsu
    Budo Kai Goshin Jutsu
    Takeda Budo
    Yiseishindo
    Nihon Kempo Jutsu
    Goshin Budokai
    Jujitsu Brésilien
    Takedo Ju Jutsu

     

     Source : http://jiujitsu.free.fr/v2/index.php?option=com_content&view=article&id=50&Itemid=43

     


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