•  

    IAI – L’art de tirer le sabre

     

    Un samouraï ne dormait jamais que d’un œil : une longue habitude lui permettait de se coucher de telle sorte qu’il pouvait, quoi u’il arrive, bondir à la moindre alerte, l’épée à la main. De même, un samouraï ne prenait jamais du thé que de la main gauche et agenouillé sur un seul genou, le droit, la jambe gauche relevée, et prêt à bondir à l’instant même ou la main droite ferait jaillir le sabre hors du fourreau (saya). Tirer le sabre d’un geste quasi instantané devint au Japon, en même temps qu’un art d’une beauté formelle remarquable, une nécessité absolue, la vie pouvant dépendre, en cas d’attaque, d’une fraction de seconde.

    C’est aux environs du XVe siècle que se développa au Japon l’art de tirer le sabre ou iai-jutsu. L’école de Muso-Ryu fut, semble-t-il, la première à développer le iai, suivie par la suite de 412 Ryu qui toutes pratiquaient des méthodes gardées secrètes, apprenant à tirer le sabre et à se défendre dans les positions debout, couché, assis, à genoux, etc.

    A partir de l’ère Tokugawa, le iai-jutsu, perdant son aspect offensif, s’affirma comme une technique pratiquée par tous les samourais et impliquant la sérénité d’esprit, la maîtrise de la respiration et surtout la manifestation d’un contrôle de soi parfait et élégant dans l’art de tirer le sabre.

    Durant l’ère Meiji, les formes du iai-do firent leur apparition malgré l’opposition des vieux Ryu qui encore aujourd’hui pratiquent les formes anciennes du iai-jutsu. Dans le iai-do (aujourd’hui contrôlé par la Fédération japonaise du kendo), les mouvements pour tirer le sabre ont été limités à vingt, et les figures pour couper à cinquante.

    Il est rare qu’une réunion groupant des maîtres d’arts martiaux ne s’achève pas par une démonstration de iai. La pratique du iai-do symbolisant la perfection même des budo.

     

     

    Source : Livre, les Arts martiaux ou l’esprit des budo

     


    votre commentaire
  •  

    Concepts du Iaido

     

    Les éléments suivants sont difficiles à traduire. Ils sont développés au cours des entraînements et ne peuvent être convenablement compris que de cette manière seule une brève explication est ici tentée. Comment ils sont expliqués est une indication du niveau d'études des élèves. Dans les examens de grades, les examinateurs regarderont de toute évidence si l'étudiant les a compris au travers de l'expérience de l'entraînement plutôt que de répéter simplement ces brèves notes.

     

     

    DAI KYO SOKU KEI : Grand, fort, rapide, régulier :

    - Ce sont les quatre caractéristiques générales les plus importantes dans la technique du sabre long : Exprimées dans l'ordre, elles seront mises en relief auprès des débutants. Tout d'abord, l'accent est mis sur de grandes actions, ensuite lorsqu'elles sont grandes, elles peuvent devenir fortes. Une fois que la sensation de force interne s'est développée, la vitesse peut-être graduellement augmentée sans précipitation et sans hâte. Puis, une fois que les techniques sont grandes, fortes et rapides, elles peuvent être rassemblées dans une méthode continue et régulière, séparées seulement par un Kime correct et en esquivant Suki.

     

    ENZA NO METSUKE :

    - Contemplation des montagnes lointaines. Cela veut dire diriger le regard à une certaine distance, sans fixer aveuglement, mais plutôt en regardant toutes les choses également. Il n'est pas nécessaire de regarder chaque petit détail de l'ennemi, aux dépens de l'ignorance d'autres menaces. Il est seulement nécessaire de percevoir sa distance et sa vitesse d'exécution. L'ennemi devant nous sera au centre de notre champs de vision, mais ne sera pas le point visuel convergent. Ce qui explique les paroles de Musashi: " la perception est forte et la vue est faible.". C'est une partie de Fudoshin.

     

    FUDOSHIN :

    - Ce terme peut-être traduit diversement comme, esprit sans entrave, esprit non arrêt. Il a été mieux décrit par des maîtres éclairés tel que Yagyu Munenori et des maîtres Zen tel que Takuan Soho. Il se réfère aussi avec Shi Shin. Cet état a un rapport quand l'esprit est libre de percevoir toutes choses, quand il n'est pas entravé en étant retenu par des pensées conscientes (Fushin). 

     

    FUKAKU :

    - C'est une particularité du caractère/de l'attitude du budoka expérimenté. Elle se développe au cours des années d'entraînements rigoureux. Elle est impossible à décrire, mais avec l'expérience, elle devient reconnaissable chez les autres.

     

    FUSHIN :

    - L'esprit arrêté. Quand il est entravé par la peur, le doute ou, distrait par des réflexions logiques et conceptuelles (intellectualisation), l'esprit n'est pas libre de répondre aux circonstances.

     

    JO HA KYU :

    - Ce terme dérive de la forme dramatique du théâtre Nô. Il décrit les actions en totalité et sur une échelle de minutes. Il se traduit comme la préparation, le développement, et la conclusion.

    Sa signification est dans le temps d'exécution, une accélération graduelle avec une sensation de pression croissante jusqu'à son maximum quand le mouvement s'arrête. Le déplacement des pieds (Ashi Sabaki) du Nô et du Kendo sont très semblables, comme le sont, à cet égard, les formes dramatiques des pièces de Nô et les Kata de Iaido.

     

    KASSO TEKI :

    - Approximativement traduit, cela désigne un adversaire imaginaire. En effet, cela ne se réfère pas seulement à la distance et à la position, mais quels effets produira votre action ; Par ex : après une coupe infaillible, est-ce que l'ennemi va tomber en arrière, s'écrouler sur place, basculer sur un des côtés.

    En d'autres termes, toute la logique de votre action est en relation avec la taille, la position et le mouvement de vos adversaires.

     

    KIGURAI :

    - Le maintient, le comportement. La supériorité qui vient avec la connaissance de l'utilisation du sabre. Mais ce n'est pas de l'arrogance. C'est la caractéristique qui ferait obstacle, en dernier lieu, à tout agresseur potentiel et audacieux, de porter une attaque.

     

    KI KEN TAI ICHI ( SHIN GI TAI ICHI ) :

    - L'esprit, le sabre et le corps ne font qu'un. C'est la coordination de toute la personne du sabreur dans un engagement total. En premier, c'est la chorégraphie de frapper du pied  en même temps que la coupe et le souffle. Plus tard ils deviennent inséparables, une seule entité.

     

    KIRYOKU :

    - Forte détermination : Quand l'attaque est caractérisée par un Ki ken tai Ichi, un Jo Ha Kyu et un Seme et, si le sabreur démontre un Kigurai et un Fudoshin ; il y aura une telle impression de ne pas pouvoir arrêter cette attaque, que l'ennemie ne pourra pas résister. C'est Kiryoku.

     

    KOI GUCHI NO KIRI GATA :

    - Manière de couper la "bouche de carpe". C'est la technique de déblocage de la Saya ; ce qui veut dire, la vitesse des mains arrivant à la Tsuba et à la Tsuka, la position et la manière de pousser en avant la Tsuba, la vitesse de la prise de la main gauche et de la droite quand on commence à dégainer.

     

    KOKORO :

    - Il n'y a pas un mot unique en Français pour ce terme. Il est souvent traduit comme l'esprit, le coeur, et même l'honneur. C'est l'attitude de franchise et d'honnêté qui inculque la confiance et le respect.

     

    RIAI :

    - Signification ou, logique. Ce qui veut dire, la compréhension de ce que vous vous destinez à faire. En grande partie, c'est Kasso Tekki, mais cela n'inclut pas seulement l'ennemi à trancher, mais les obstacles à éviter, la position des autres personnes proches qui ne sont pas impliquées, et tous les autres points spécifiques qui sont fixés par la forme.

     

    SATSU JIN KEN / KATSU JIN KEN :

    - Quand le sabre est employé sans réflexion, ou sans discipline, sans discernement : Cela est destructeur; En conséquence, nous appelons cela le sabre de prise de vie - Satsu Jin Ken. Quand d'autre  part, le caractère développé du sabreur expérimenté le rend capable de traiter pacifiquement les affaires, et sans utiliser sa capacité de résoudre les choses en utilisant la violence, nous appelons cela le sabre du don de la vie - Katsu Jin Ken.

     

    SAYA NO UCHI NO KACHI :

    - La victoire dans la Saya. C'est l'ultime objectif du sabreur, obtenir la victoire tandis que le sabre n'est pas dégainé.

     

    SEI TO DO :

    - Sang-froid et mouvement. Quelque soit l'activité du corps, la pensée et l'esprit doivent rester calmes, sans montrer vos intensions à l'ennemi.

     

    SEME :

    - Poussée, ou plus exactement, pression. La sensation de retenir l'adversaire, ou mieux, de le maintenir à terre. En contrôlant les mouvements du corps et du sabre avec une sensation de repousser et de peser sur l'adversaire qui peux mieux être maîtrisé, et en permettant au sabreur de contrôler la situation à son avantage, tout en réduisant les ouvertures (Suki ) dans lesquelles il pourrait attaquer.

     

    SHU HA RI :

    - Les trois étapes dans le développement complet du sabreur :

     Shu : Étape d'apprentissage durant laquelle les élèves suivent en détail les instructions des professeurs sans se poser de question.

    Ha : Étape pendant laquelle l'élève expérimenté regarde plus loin les enseignements de son Sensei, pour une compréhension plus juste et plus profonde. A ce stade, il est possible d'enseigner à des élèves qui sont encore dans la section Shu.

    Ri : Étape existant quand la compréhension est suffisante pour pouvoir se trouver seul comme un professeur compétent dans ses propres droits.

    Ces trois étapes dont considérablement imbriquées, particulièrement les deux premières.

     

    Dans le système actuel des grades, le Renshi se rapproche de l'étape de transition du Shu au Ha, le Kyoshi du Ha à Ri, et le Hanshi étant Ri.

     

    TACHI KAZE :

     

    - Le vent du sabre :

     

    Le vent du sabre se réfère ici au bruit fait par le sabre lorsqu'il coupe. Quand la coupe est correctement dirigée, le bruit indiquera où se trouve l'adversaire, et ainsi, pour l'adversaire lui-même, le sabre paraîtra silencieux.

     

    TAI CHI TAI BUN :

     

    - Entendre avec votre corps, réfléchir avec votre votre corps ( à l'opposé de vos oreilles et de votre mental ). Ce qui veut dire, se fier aux organes des sens pour percevoir les informations est superficiel, de même que de penser intellectuellement à la technique est sans pertinence. L'étude du sabre devra être sentie et absorbée par tout le corps et, apprise par l'expérience de la pratique et de la vie.

     

    ZANSHIN :

     

    - C'est un autre mot qui ne peut pas être traduit en Français. Il est souvent traduit comme conscience, mais ce n'est pas tout à fait juste. La conscience de ce qui est autour, des menaces potentielles, des dangers potentiels,etc, en sont une partie. Il est plus en rapport avec l'état d'esprit après avoir fait une action. Il est caractérisé par le Kamae, ou le Shisei, le Seme, la projection du KI, et la continuité du souffle (où le Kiai serait approprié ) après la coupe.

     

    Dans les douze articles sur l'étude du sabre de Muto Ryu, Yamaoka Tesshu l'expliqua comme étant un coup sans aucune pensée. Cette absence de pensée est l'esprit qui retourne à son état d'origine ( Fudoshin ). Il décrit ce retour comme une persistance : C'est comme une goutte d'eau qui reste dans le un bol après qu'il  ait été secoué. Toute l'eau à quitté le bol ( engagement total dans l'action ) mais il en reste un peu comme s'il en était revenu ( l'esprit retournant à son originel ).

     

    Cependant c'est un terme difficile à apprécier. C'est demeurer détaché de la victoire après l'obtention de celle-ci, et en même temps, c'est conserver le même état de préparation après l'achèvement de l'action. Encore que ceci ne soit qu'une partie de la définition de ce mot.

     

     


    votre commentaire
  •  

    QU'EST-CE QUE LE IAIDO ?

     

     

    Le Iaido est l'art de sortir le sabre et pourfendre dans le même geste un adversaire qui attaque, et de rengainer sans tarder, afin d'être fin prêt à une prochaine action. Iaido pourrait se traduire par "La voie de l'équilibre de l'être". 

    Si cet art martial puise ses racines dans la tradition guerrière japonaise du sabre, le Iaï-do moderne a pour but de parfaire la santé et de cultiver l'esprit de chacun, à des fins d'équilibre.

     

    La pratique du Iaido est composé de katas, regroupés en différentes séries. Ces katas sont exécutés contre un ou plusieurs adversaires imaginaires.

    Chaque Kata commence et termine avec le sabre dans son fourreau. En plus des techniques proprements dites, les pratiquants développent imagination et concentration nécéssaires à au réalisme de la pratique.

     

    Il y a différentes écoles traditionnelles de Iaido. L'école pratiquée au sein du Cercle de Iaido est MUSO SHINDEN RYU. (Vous trouverez l'histoire du Iaido et de cette école dans la documentation réservée aux Membres.)

     

    Il existe un système de grades dan en Iaido, comme dans la plupart des arts martiaux. En France, c'est le Comité National de Kendo, groupe de la FFJDA (Judo) qui a le attribue ces grades, en temps que Fédération délégataire pour la gestion du Iaido. (voir l'histoire du Cercle de Iaido, page "Présentation").

     

    Les pratiquants des différentes écoles de Iaido présentent pour leur passage de grade des katas d'une série commune appelée "IAI ZNKR" (autrefois nommé "SETE IAI"), crée en 1968 par 12 professeurs de la Z.N.K.R (zen nihon kendo renmei) dont la pluspart étaient issus d'écoles traditionnelles de iai-do. Ils ont rassemblé et codifié 7 Katas , puis en mars 1980 ils en rajoutèrent 3, puis 2 en 2001, ce qui portent leur nombre à 12.

     

      De nombreux pratiquants d'Aikido s'interessent au Iaido. En effet, l'Aikido est indissociable du sabre, dans lequel il puise, non seulement ses racines, mais aussi le fondement technique d'un grand nombre de techniques.

     De plus, comme l'Aikido, le Iaido vise l'harmonie avec soi même, avec son environnement et avec les autres, en l'absence de tout esprit de domination ou de compétition.

     

    Source : http://www.cercledeiaido.com/

     


    votre commentaire
  •  

    Kenjutsu - Iaïjutsu – Iaïdo

     

     

    Les différentes facettes de la pratique du sabre *

     

    L'art du sabre japonais est divisé en deux pratiques principales le Ken-Jutsu et le Iaï-Jutsu:

     

    • Le Ken-Jutsu est l'art de manier le sabre lorsqu'il est déjà retiré du fourreau. C'est à proprement parler l'art du sabre. Cette pratique était considérée comme la plus importante, aussi, le Bushi y concentrait-il l'essentiel de son attention et de son effort. Le Ken-Jutsu, selon la mode de l'époque ou les conceptions philosophiques et politiques inhérentes à certains écoles, prit différents noms au cours de son histoire: Heiho, Kenpo, Toho, Gekken, Hyoho, Tojutsu, Tachiuchi, Hyodo, etc. Cependant, le plus couramment, on applique à l'art du sabre classique le nom de Ken-Jutsu.
    • Le Iaï-Jutsu est l'art de dégainer et couper d'un seul geste. Grâce à la rapidité avec laquelle il permettait de porter une attaque, le Iaï-Jutsu réussit à occuper une place importante de l'escrime bien que secondaire par rapport au Ken-Jutsu. On s'accorde à penser aujourd'hui que le développement du Iaï ou Batto-Jutsu est à mettre au compte de Hayashizaki Jinsuke Shigenobu, mais le fait qu'il ait vécu entre la fin du 16e siècle et le début du 17e incite à émettre quelques doutes. Comment peut-on supposer en effet qu'un tel avantage technique naisse si tardivement ?

     

    Il semble plus vraisemblable de penser que le Iaï existait avant que Jinsuke Shigenobu ne le développe, et ce depuis des temps indéterminés, en conjonction avec les différentes écoles de Ken-Jutsu. Mais Jinsuke Shigenobu rénova la façon de considérer le Iaï et c'est grâce à ses efforts que l'art du dégainage rapide se répandit à travers le Japon. Le Iaï-Jutsu prit aussi différents noms au cours de son histoire: Batto-Jutsu, Tachiuchi, Batto-Ho et, de nos jours, Iaïdo.

     

     

    Le Iaïdo : de l'art de tuer à l'art de vivre

     

    Ce n'est qu'au 20e siècle que l'on commença à utiliser le terme "Iaïdo" et que cet art fut considéré comme une discipline spécifique au sein des autres Budo. Jusqu'alors les termes les plus couramment utilisés étaient Iaïjutsu ou Batto-Jutsu. La différence est essentielle: en Iaïjutsu prime l'efficacité combative; en Iaïdo c'est le développement spirituel et moral qui prend une place prépondérante.

     

    Dans son ouvrage sur le Tenshin Shoden Katori Shinto Ryu, Otake Risuke donne du Iaïjutsu la définition suivante: "C'est un art avec lequel on tue un ennemi". Beaucoup de pratiquants ignorent aujourd'hui cette origine et se contentent d'exécuter des "figures" esthétiques mais trop souvent vides ou, le cas échéant, se donnent l'illusion de reproduire les techniques mêmes utilisées par le Bushi d'autrefois ("syndrome du petit samouraï"). Une  expérience et une compréhension insuffisantes sont à l'origine de ces deux attitudes.

     

    En effet, le Budo envisagé comme "discipline" spirituelle, possédant par-là même des "fins plus élevées" que le Bu-Jutsu, et tolérant - voire encourageant - une certaine inaptitude pratique, est le résultat non seulement d'une compréhension insuffisante, mais peut-être même d'une simple ignorance intentionnellement dissimulée tant par le pratiquant que par l'enseignant. Il n'y a ni contradiction ni opposition entre Jutsu et Do.

    Ceux qui créèrent le Iaïdo pensaient que le sabre et l'art de le tirer pouvaient être à l'origine d'un développement spirituel de l'homme. C'est ainsi que la conception de Seishin Tanren ("la forge de l'esprit") introduit une situation où les méthodes techniques nécessaires à l'éveil spirituel de l'individu ne sont pas toujours totalement identiques à celles dictées par le besoin d'efficacité combative. Le pratiquant de Iaïdo doit donc réunir en lui, à travers une compréhension juste, deux aspects apparemment contradictoires de cet art: moyen pour éliminer l'adversaire, moyen au service d'un éveil spirituel. La conception originelle de cette discipline ne saurait être ignorée sous prétexte de croire que la voie vers l'éveil spirituel semble opposée aux techniques brutales nécessaires pour éliminer un adversaire réel.

     

    (* D'après le livre de Malcolm T. Shewan, Iai, l'art du sabre japonais, © éd. F.E.I. Cannes 1983, ouvrage épuisé)

     

     

    Source : http://www.fei-iai.ch/

     


    votre commentaire
  •  

    Historique du

     

    Muso Shinden Ryu Iaïdo

     

     

    Le sabre n'est peut-être pas l'arme la plus ancienne du Japon mais il était la plus raffinée. Durant plusieurs siècles, il occupa une place prépondérante dans l'entraînement du Bushi. La forge et le travail du métal étaient familiers aux Japonais deux siècles au moins avant l'ère chrétienne. Des sabres en fer ont été découverts dans des cryptes en pierre et des dolmens datant de la période Kofun-Bunka (400 avant J.-C. à 700 après J.-C.) et témoignent de l'avancement technique et artistique de la culture japonaise à cette époque.

     

    La plupart des historiens s'accordent cependant pour dater du début du 8e siècle la forme et le style (appelé Nippon-To) de la lame. Une légende rapporte que cette évolution du sabre est due au travail d'un forgeron du nom d'Amakuni de la province d'Yamato.

     

    Le Nippon-to était appelé l'âme du Bushi, car il en était le symbole même. Le Bushi ne se séparait jamais de son sabre, il vivait et mourait par lui. Le sabre reliait intimement son être tout entier à la question de vie et de mort ce qui l'obligeait à transcender la conception classique de la vie et de la mort. Cette lutte intérieure entraînait un changement d'attitude mentale appelé "Seishi O Choetsu" et donnait au sabre un double but: trancher toute opposition extérieure et, intérieurement, trancher l'ego du Bushi ce qui permettait l'éveil spirituel. Le sabre en est arrivé à symboliser un certain nombre de qualités morales: loyauté, sacrifice de soi, sens de l'honneur, sincérité, justice et courage.

     

    La forge du sabre évolua parallèlement aux différentes manières de l'utiliser, le Nippon-to devint une des plus belles créations japonaises qui, liée à un art de combattre hautement élaboré, combinait beauté et utilité. La technique du sabre se divisait en deux parties essentielles: le Kenjutsu et le Iaïjustsu. C'est à travers l'étude de ces deux pratiques qu'on peut comprendre le mieux l'esprit des arts martiaux.

     

     

    De nombreuses écoles de sabre

     

    Du 10e siècle (époque de Amakuni) au 11e siècle (1876: Haitorei), on vit naître plus de 2 000 écoles de combat au sabre (Kenjutsu) originales dans leurs principes et leurs théories et plus de 400 écoles différentes enseignant l'art de dégainer le sabre en coupant (Iaïjustsu). A première vue, ces chiffres peuvent paraître exagérés, mais il faut se souvenir que de nombreuses écoles n'avaient qu'une durée limitée et que beaucoup d'autres n'étaient que les ramifications d'une branche maîtresse. A cette époque, toute méthode qui ne s'avérait pas efficace au combat était rapidement abandonnée. Il existait ainsi plusieurs traditions d'enseignement du sabre:

     

    • LA TRADITION SHINTO RYU

    Le fondateur de la tradition Shinto Ryu fut Iizasa Choisai Ienao (1387-1488). Son école fut appelée Tenshi Shoden Katori Shinto Ryu.

    • LA TRADITION CHUJO RYU

    Le fondateur de la tradition Chujo Ryu fut Chujo Nagahide. On ignore les dates exactes de sa naissance et de sa mort. On s'accorde cependant à penser que son école fut fondée entre 1390 et 1430.

    • LA TRADITION KAGE RYU

    Le fondateur de la tradition Kage Ryu fut Aizu Hyuga no Kami Iko (1452-1538).

     

    Chacune de ces écoles donna naissance à différents styles. En dehors de ces traditions, d'autres écoles avaient leur propre caractère:

     

    • L'une des plus importantes fut le Niten-lchi Ryu de Miyamoto Mushashi (1584-1645). Son livre "Gorin no Sho" (le Traité des cinq roues) est d'une lecture fort instructive pour les pratiquants d'un art martial, bien qu'on soit aujourd'hui moins sûr que M. Musashi soit le véritable auteur de l'oeuvre.
    • Autre école, influencées par l'école Katori Shinto, fut le Jigen Ryu, fondée par Togo Shigekura (1561-1643); son école connut un regain de popularité à la fin de l'époque Tokugawa, lors de la rébellion Satsuma. Sous la direction de Saigo Takamori, en 1877, 40 000 Samouraïs rebelles, armés de sabres, firent face à 65 000 soldats gouvernementaux, armes de fusils. Saigo mourut au combat mais les pertes furent égales de part et d'autre (6 000 morts et 10 000 blessés).
    • Une école d'un certain intérêt, puisqu'elle est le principal sujet d'étude des membres de la F.E.I., celle de Hayashizaki Jinsuke Shigenobu, datant du début de la période Edo. Cette école connut rapidement un vif succès, exerça une grande influence sur les samouraïs et fut prépondérante pour la fondation de nombreuses autres écoles de Iaï au Japon.

     

     

    Hayashizaki Jinsuke Shigenobu : une existence mystérieuse

     

    Le fondateur de ce que l'on appelle aujourd'hui Muso Shinden Ryu s'appelait Hojo Jinsuke Shigenobu ou encore Hayashizaki Jinsuke Shigenobu. Les faits et actes de sa vie sont assez mal connus et son histoire ressortit souvent à la légende. Nous savons cependant qu'il naquit dans la province de Sagami (Soshu) vers le milieu du 16e siècle. Il s'installa plus tard, dit-on, dans la province de Mutsu au nord du Japon. On sait mal actuellement à quel degré de perfection il parvint dans son art mais on sait qu'il étudia intensivement l'art du sabre, approximativement de 1596 à 1601. Par la suite, il mit au point une série de technique de Iaï qu'il appela Batto-Jutsu et qui prirent, selon les époques, différents noms: Junpaku den, Hayashizaki Ryu, Shin Muso Hayashizaki Ryu, Shigenobu Ryu, etc. Nous savons également qu'il fit une tournée au Japon à la mode Musha-Shugyo et que c'est durant cette période qu'il attira un grand nombre de disciples. Les techniques exactes qu'il enseignait nous restent aussi obscures que sa propre vie mais on s'accorde le plus souvent à penser qu'elles étaient relativement simples, pratiques et très adaptées au combat. On dit aussi qu'il fit, à l'âge de 73 ans, en 1616, une deuxième tournée à travers le Japon au cours de laquelle on perdit sa trace.

     

    Sous son influence de nombreuses écoles de Iaï prirent naissance.

     

    Après sa mort, la tradition du Shin Muso Hayashizaki Ryu fut perpétuée par Tamiya Taira-no Hyoe Narimasa qui, dit-on, fut le professeur de Tokugawa Ieyasu, Hidetada et Iemitsu. Ce fait contribua très certainement à la popularité de ce style. Nagano Murakusai Kinro, 3e Sokei, succéda à Tamiya Narimasa puis Numo Gumbei Mitsushige, 4ee Sokei, Arikawa Shozaemon Munetsugu, 5ee Sokei, Manno Danuemon Nobusada, 6ee Sokei.

     

    Le 7ee Sokei fut Hasegawa Chikara-no-Suke Hidenobu (Eishin). Il étudia Hayashizaki Ryu sous la direction de NobuSada, à Edo, durant la période Kyoho (1716-1735) et fut très réputé pour sa maîtrise dans l'art du sabre. Il fit évoluer de nombreuses techniques et mit au point, dit-on, l'art de dégainer une arme dont le tranchant est tourné vers le haut. De retour dans sa province, il donna à son style le nom de Muso Jikiden Eishin Ryu. Il s'y est conservé jusqu'à nos jours.

     

    Le 9ee Sokei, Hayashi Rokudayu Narimasa, était le vassal de Yamanouchi Toyamasa, 4e Hanshu, gouverneur de province. Il étudia, durant son séjour à Edo, le Eishin Ryu sous la direction de Arai Seitatsu, 8e Sokei et suivit simultanément l'école Shinkage Ryu sous la direction de Omori Rokuro Saemon Masamitsu. Ce dernier avait mis au point une méthode de Iaï se pratiquant dans la position seiza (assis). Il l'enseigna à Hayashi Morimasa qui, plus tard, l'intégra dans le Muso Jikiden Eishin Ryu. C'est ce que nous appelons aujourd'hui Shoden Omori Ryu.

     

    Après l'enseignement du 11e Sokei, un schisme se développa, qui donna naissance à deux branches: Shimomura-ha et Tanimura-ha. Le 10ee Sokei du Shimomura-ha fut Nakayama Hakudo Sensei. Il étudia Muso Jikiden Eishin Ryu, dans la province de Tosa, sous la direction de Hosokawa Yoshimasa, 15e Soke (Shimomura-ha) et sous celle de Morimoto Tokumi, 17e Sokei (Tanimura-ha). En 1933, il donna à son enseignement le nom de Muso Shinden Ryu Batto-Jutsu, école dont la popularité ne fit que croître grâce à ses efforts perpétuels et au travail de ses disciples.

     

    (* D'après le livre de Malcolm T. Shewan, "Iai, l'art du sabre japonais", © éd. F.E.I. Cannes 1983)

     

     

    Source : http://www.fei-iai.ch/

     

     


    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique