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    REFLEXIONS SUR L'IDENTITE D'UNE PRATIQUE DE BUDO JAPONAIS

    par Malcolm Tiki Shewan 



    "L'Identité' serait le caractère de ce qui est permanent, qui demeure fondamentalement le même dans le temps".

    Une autre définition possible serait :

    "caractère de ce qui, sous divers noms, divers aspects, ne fait qu'une seule et même chose".

     Il serait, en même temps, souhaitable de ne jamais faire la confusion entre 'identité' et 'identification'. Cette distinction sera illustrée plus tard par une citation de K. Lorenz.

     Bien que nous ayons utilisé le mot 'identité' pour cette discussion, on peut se demander si le terme "raison d'être" ne conviendrait pas tout aussi bien.

     Il faut commencer par le commencement. Regardons d'abord quelles sont les raisons pour lesquelles on pratique le Budo. Pour ce faire, il est essentiel de procéder à une autre distinction, à savoir les raisons que l'on qualifierait comme étant 'objectives' et celles que l'on dirait être 'subjectives'. La distinction entre ces deux aspects n'est que très rarement prise en considération, voire même, comprise.

     Par 'subjectif' il est entendu ici la définition suivante : 'une tendance à se déterminer en fonction de ses préférences personnelles et individuelles, et non selon des critères valables pour tous'.

     Par 'objectif' on entend : 'des critères qui peuvent être applicables et valables pour tous'. Bien évidemment, c'est ce dernier que nous voulons trouver si nous espérons contribuer à un meilleur discernement de notre Identité - Fédérale, Structurelle, Pratique et Personnelle.

     Le Budo est l'ensemble des différentes disciplines dites "Arts Martiaux Japonais", créés au Japon, par des japonais et exporté vers l'étranger par le biais d'une structure japonaise. Il est donc logique de regarder en premier quelles peuvent être les raisons 'objectives' pour lesquelles un japonais pratiquerait une discipline martiale de son pays.

     Pour un japonais il existe surtout deux raisons véritablement 'objectives' qui, à elles seules, justifient de consacrer sa vie à l'étude et à la pratique d'un Art Martial (ou d'une Voie Martiale) - Budo.

    1.)    La confirmation de l'Identité Ethnique;

    2.)    La préservation d'un Héritage Culturel.

    Quelques commentaires peuvent éclaircir ce qu'impliquent les deux raisons ci-dessus.

    En ce qui concerne le 1.) : un Budo traditionnel naît, sans aucun doute, d'un arrière-plan historique et culturel japonais. En effet, nous pouvons tracer les origines des écoles d'arts martiaux répertoriées aux alentours de la fin du 8eme siècle. La plus ancienne encore en existence daterait d'environ 1400.

    Il faut se souvenir que toute la société japonaise a été dominée par une noblesse-guerrière de son origine jusqu'en 1868. Pendant plus de 1000 ans, les acteurs principaux de l'histoire de cette nation furent les fameux "Bushi" (chevaliers, guerriers, militaires).

    Il n'est pas nécessaire d'extrapoler plus longtemps sur ce sujet. Il suffit de dire, en passant, que l'étude culturelle et historique du Japon est passionnante, et il est facile de voir à quel point l'Identité Ethnique Japonaise s'identifie à l'image du guerrier - Bushi (plus tard, Samurai). On n'a aucune difficulté non plus à imaginer l'importance que cette image peut revêtir pour ce peuple.

    Ainsi le 1.), simplement exprimé, deviendrait pour un japonais : "Je suis japonais et la pratique d'une Discipline Martiale japonaise me confirme, me relie et m'identifie à ma Nation, mon Peuple - leur Histoire et leur Culture". Cette raison de pratiquer suffit pour que n'importe quel japonais pratique avec conviction un des Budo de son pays. Elle est 'objective' dans ce sens quelle représente une vérité pour tout japonais.

    Ce phénomène n'est pas inconnu ailleurs - un Suisse qui étudie le jodle, le Breton qui joue du biniou, le Français qui se consacre à l'étude des vins, de la haute-cuisine ou de l'Impressionnisme, l'Américain qui fait du rodéo, le Chinois qui passe sa vie à apprendre le Tai-Chi, Chi-Kong ou les danses traditionnelles. Ce sont tous des exemples de recherche de confirmation de l'Identité Ethnique.

    La Préservation d'un Héritage Culturelle 2.) est liée, certes, au 1.) mais, néanmoins, constitue une raison objective distincte. Il ne faut pas oublier que les Budo sont des arts 'vivants'. Ils dépendent, pour leur existence et leur continuité, du fait qu'il y ait des adeptes qui les pratiquent et qui, donc, assurent leur survie de génération en génération.

    Généralement, lorsque nous parlons de la préservation d'un héritage culturel, nous pensons plutôt à des musées, ou à d'autres institutions similaires, mais pour les Budo seule la pratique peut constituer le moyen le plus efficace d'assurer leur propre pérennité. On saurait encore aujourd'hui comment faire les vitraux des cathédrales gothiques si ces écoles avaient perdurées à travers les siècles, transmis par leurs adeptes. Prenons, par exemple, les Compagnons qui tentent d'assurer la survie de certains arts pour les générations futures.

    A la lecture de ce qui précède, on peut se demander quel peut être le rapport entre l'existence d'une fédération d'Art Martial et une éventuelle définition d'Identité. La réponse est évidente - rien! Rien pour la simple raison que nous ne sommes pas japonais et que nous ne pouvons pas nous 'identifier' aux deux raisons ci-dessus, objectives pour une personne de race japonaise, pour justifier notre pratique du Budo, et, donc, pour définir notre identité. (Il est à remarquer que cette dernière phrase s'applique à toute personne non-japonaise vis à vis de la pratique d'un Budo japonais).

     Ici nous touchons à un sujet très intéressant - "Pouvons-nous, étrangers, trouver une raison 'objective' justifiant notre pratique d'une discipline japonaise? Avons-nous une place dans cette discipline? Quelle peut être notre 'identité' dans cette étude?

     Les raisons 'subjectives' que l'on peut citer sont légions :

    Une bonne santé, la self-défense, le renforcement de la confiance en soi, 'l'ambiance de club', devenir fort, rencontrer des gens, améliorer son statut social, étudier des méthodes d'enseignement, passer des grades, développer une sérénité d'esprit, chercher une forme de méditation dynamique, la recherche d'une philosophie, pratiquer avec un enseignant que l'on considère avoir 'quelque chose à donner', découvrir des principes moraux différents, acquérir la 'maîtrise de soi', dominer les autres, assurer un développement harmonieux du corps et de l'esprit, connaître ses possibilités physiques (et ses limites), étudier la respiration ou le Ki indéfinissable, recherche de la Paix, 'casser la gueule à son voisin", etc. ad infinitum.

     Toutes ces raisons peuvent être vraies pour un individu ou pour plusieurs à la fois, mais non pas pour tous les pratiquants (étrangers) en même temps. Peu importe qu'on juge certaines comme 'bonnes ou louables', et d'autres comme 'mauvaises'; elles sont toutes des exemples de raisons 'subjectives'. De ce fait, elles sont accessoires lorsque nous cherchons l'équivalent des 1.) et 2.) ci-dessus.

     Le désarroi que l'on constate actuellement dans les esprits des pratiquants de 'haut-niveau' viendrait, peut-être, du fait que justement, parmi toutes ces raisons diverses pour pratiquer, aucune n'est commune à tous, ou pourrait servir de catalyseur pour galvaniser une identité réelle vis à vis de notre discipline.

     En même temps, on sent instinctivement que, quelque part, il y en a une, mais on se persuade, de par son incapacité à la définir, qu'elle appartient au domaine de "l'indéfinissable" et, ainsi, on renonce à tenter. Aussi, très souvent, il suffit qu'on "s'identifie" avec quelqu'un ou quelque chose qui semble incarner ou réunir en lui les éléments que l'on souhaiterait acquérir, pour transférer ainsi sa propre identité sans se poser plus de questions (gênantes, il faut l'admettre, mais, néanmoins, fondamentales pour notre acheminement).

     Cette procédure est rassurante et satisfaisante jusqu'au moment où on est appelé à fournir des définitions issues véritablement de ses propres connaissances réelles. Elle conduit très souvent à la situation si bien décrite par Konrad Lorenz :

    "Le besoin instinctif d'un individu de faire partie d'un groupe très soudé qui se bat pour des idéaux communs, peut devenir si prédominant que les idéaux eux-mêmes en perdent leur raison d'être".

     

    Un jour, tôt ou tard, les circonstances de notre pratique nous amènent à sérieusement réfléchir sur notre 'identité' et, donc, à nous remettre en cause, à nous inciter à chercher ce qu'il y a de vrai en nous-mêmes. Bref, qu'est-ce que 10, 15, 20, 25 ou plus d'années de pratique d'un Art Martial Japonais ont donné réellement?

     Si nous voulons arriver à une définition de notre identité dans la pratique d'un Budo Japonais, nous devons d'abord définir notre Identité vis à vis de notre Discipline et, avant cela, définir en nous-mêmes une Identité individuelle. Lorsque ces deux dernières identités seront 'objectivés', communes à tous, nous pourrons voir plus clair.

     

     

     

    Où faudrait-il commencer?

    "Chemin faisant j'atteins la source de l'eau; en m'asseyant je regarde lorsque les nuages se lèvent" - Proverbe Chinois.

    Le mot qui est commun dans le titre dans la majeure partie des Disciplines Martiales (japonaises) est le "Do". On le trouve, tout d'abord, dans Bu"Do" et Bushi"Do", ensuite, dans les noms de toutes les dites Voies Martiales - Aïkido, Iaido, Judo, Kyudo, Jodo, Kendo, Jukendo, etc. On peut conclure que ce n'est pas un hasard si ces pratiques ont voulu attirer l'attention sur une différence fondamentale entre leur pratique et les techniques de guerre d'antan. Par la même occasion, on trouve un bon nombre d'autres activités, qui n'ont aucun caractère martial, qui portent dans leurs titres le "Do"; le Shodo (la Calligraphie) et le Chado (la Cérémonie du Thé) par exemple.

     Ce mot "Do" mériterait un regard un peu plus profond pour mieux cerner le sens qui lui est attribué par les créateurs de ces activités.

     Le concept de "Do" a vu son expression pour la première fois en Chine. Le Tao selon Lao-Tzu et Chuang Tzu est une entité sans nom et 'innommable' de laquelle toute autre chose naît. "C'est plutôt vague" comme dirait Raymond Devos. En revanche, une fois parvenu au Japon, ce peuple plus pragmatique et moins enclin aux manipulations des concepts métaphysiques, il a été donné au "Do" un sens plus réaliste, qui s'appliquait à l'Homme dans ses rapports sociaux. Ils ne l'ont non seulement considéré "nommable" et nommé, mais ils lui ont également donné de multiples sens, tout en gardant l'idée que le "Do" transcende à la fois l'Homme et la Nature. Il a subi des influences diverses de la part du Shintoïsme, du Confucianisme japonais, des visions politiques et sociales de la classe d'élite dominante, qui l'ont rendu compatible avec la société féodale japonaise. Le "Do", donc, contient des éléments philosophiques et éthiques liés avec à des sens religieux sous-jacents. Le "Do" est vu comme un "Chemin" ou une "Voie", profonde et sans fin, que l'on suit la vie durant. Cette "Voie", longue, rigoureuse, et truffée de difficultés, représente un moyen de développement de Soi, menant ultimement à la perfection de son être.

     L'idée du "Do" contient en lui-même beaucoup de flexibilité, et on voit un grand nombre de disciplines pratiques applicables dans la vie quotidienne. Leur objectif semblerait la recherche d'une vie meilleure, et à la base engloberait la conviction que l'Homme, tel qu'il est, ne représente pas un être complet, mais qu'il lui est nécessaire de se perfectionner à travers une certaine expérience dans le "Do".

     La Voie se construit sur une base spirituelle qui s'exprime par un vécu, par une pratique spécifique, qui recherche un idéal de comportement humain. Ce processus élève l'individu et, par conséquent, toute la société dans laquelle il vit. On accorde à l'intégrité morale une grande importance, et on considère que la pratique d'un "Do" constitue le "vrai Chemin de l'Humanité".

     On peut dire que le but culturel des pratiques diverses "Do" est de faire d'un homme un Homme dans le sens propre du terme. Elles visent, en sorte, à le faire devenir simplement et naturellement un homme 'libre', élément positif et utile au sein de sa société, sans egocentricité, ni vanité, ni ostentation.

    Du côté spirituel, le "Do" lui demande la recherche d'une compréhension de la totalité de la vie à travers l'enseignement qui en constitue un segment. Par sa pratique du "Do", la Nature et, par la suite, l'Univers, doit être perçu et vécu. De cette manière, le pratiquant transforme son attitude et sa vision de la vie d'un contexte personnel et individuel à une connaissance de l'Universel et de l'Absolu.

     Si on devait exprimer tout cela en une phrase on pourrait dire que "le "Do" incite l'adepte à chercher la véritable raison d'être de son existence (dans l'Univers)".

     Il existe une description traditionnelle de ce qui est considéré comme étant les différentes étapes sur le "Do" (ici évoqué et cité dans une forme succincte) :

    Les Dix Tableaux de la Recherche du Buffle

    (le buffle a été traditionnellement le symbole de la nature innée de l'homme - sa nature "Buddha".

     1. 'Chercher le Buffle': "Le buffle ne s'est jamais vraiment perdu, alors, pourquoi le chercher? Ayant ignoré sa vraie Nature, l'homme ne la voit pas".

    2. 'Chercher la Piste': "A travers de l'enseignement il discerne les traces".

    3. 'Premières Appercues du Buffle' : "Si seulement il écoute bien les sons de la vie quotidienne, il arrivera à la Réalisation et à cet instant voir la source même".

    4. 'Attraper le Buffle': "Aujourd'hui il a rencontré le Buffle qui depuis longtemps courrait librement dans les champs. Le fouet lui permettra de le dompter".

    5. 'Dompter le Buffle': "Lorsque vient une pensée, une autre, et encore, une autre jaillit. L'Illumination amène la réalisation que ces pensées ne sont pas fausses car même elles viennent de notre vraie Nature".

     6. 'Monter le Buffle et le ramener chez soi': "La lutte est terminée, la victoire ou la défaite ne font plus de différence".

     7. 'Le Buffle oublié; Soi-même tout seul': "Une piège n'est plus utile lorsque le lapin est pris, un filet est inutile lorsque le poisson est capturé. Le Buffle est sa Nature première : il l'a maintenant reconnu".

     8. 'Et le Buffle et le Soi-Même sont oubliés' : "Tout sentiments illusoires ont disparus ainsi que les idées de sainteté".

    9. 'Le Retour à la Source': "Depuis même le début il n'y a pas eu le moindre poussière. Il observe les rythmes de la vie du monde en gardant une état de serenité modeste et inébranlable".

    10. 'Entrant le marché avec des mains qui aident': "La porte de sa cabane est fermée et même le plus sage ne peut le trouver. Ses concepts, opinions, présomptions, préjudices ont enfin disparues. Il fait son Chemin sans tenter de suivre les pas de quiconque. Portant sa gourde il rentre dans le Marché (le monde quotidien), s'appuyant sur sa canne, il est de retour chez lui. Il aide les gens sur la Voie ".

    Ces paroles appellent et nous rappellent la notion de "Do", et on peut considérer qu'elles "indiquent du doigt" où et dans quelle direction chaque individu devait regarder pour commencer.

    Le "Do" serait la Réalisation que chaque personne pourrait considérer comme représentant la raison d'être "objective" de son existence. A travers une meilleure compréhension de ceci, par chaque individu, une Identité commune et, donc, collective se manifesterait, permettant de cerner une Identité dans la pratique de sa discipline.

     Ce qui est intéressant dans tout ceci est que le concept de "Do" transcende totalement les notions d'ethnie, de nation, d'individu. Il est vrai pour toute personne qui s'y adonne. Il est objectif parce qu'universel à l'humanité.

    Y-a-t-il d'autres aspects de notre discipline qui aient la caractéristique d'être 'universels'? Oui, bien sûr, et ce sont ces éléments que nous devons distinguer clairement dans notre étude d'une discipline martiale japonaise. C'est à dire reconnaître ces éléments fondamentaux à l'être humain et qui transcendent un phénomène social ou culturel issu d'un pays spécifique ou d'une culture définie.

     Et voilà, nous sommes en position de définir deux raisons objectives (applicables à toute personne) jusitifiant l'étude d'un Budo, et notre Identité vis à vis une discipline martiale japonaise :

    1.) un intérêt commun et confirmé dans la poursuite d'un "Do", Voie menant l'homme vers l'Homme;

     2.) de déceler, étudier et acquérir les aspects objectifs préservés au sein d'une discipline martiale japonaise que l'on distingue par leur application universelle à l'Homme.
     

    En ce qui concerne le 1.), on peut dire que simplement exprimé, il deviendrait : "Je suis un être humain et la pratique d'une Discipline "Do" m'amène sur une Voie vers l'évolution de l'Homme, et me relie avec l'Humanité".

    En ce qui concerne le 2.), on peut le concevoir de la manière suivante : par l'acquisition en moi des éléments universels, sur le plan physique, spirituel et moral - vivant dans la pratique de la discipline - j'assure leur pérennité pour le futur.

     

     


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    "Proposition pour un véritable Budo"

     

    Traduction d'un article du 20 juin 1987

    de Maître Minoru MOCHIZUKI.

     

    Président de la Fédération Internationale du Budo Japonais.

     

    Budo était à l'origine une technique de combat qu'on appelait alors Bugei ou Bu-jutsu. Depuis que le grand pédagogue, maître Jigoro Kano a réussi à faire adopter une partie des arts martiaux dans l'enseignement du lycée, au début de l'ère Meiji à la fin du siècle dernier, on a commencé à appeler Ju-jutsu=Judo, Ken-jutsu=Kendo, Kyu-jutsu=Kyudo et tous les autres Bu-jutsu ont suivi.

    C'est une vérité historique et ceci dit, le changement de "Jutsu" (technique) en "Do" (chemin) doit être compris comme un art qui contribue à la formation du caractère des jeunes, exemple : si vous avez appris une technique que personne n'avait jamais connue, même si cette technique est considérée comme une grande maîtrise, on ne peut pas appeler cet art Budo s'il était destiné seulement à lutter et n'avait pas d'autre qualité.

    En caractère chinois, "Bu" signifie: "arrêter la révolte", c'est une conscience contre la violence et l'invasion. "Do" veut dire le chemin, c'est à dire diriger les gens d'un endroit à un autre en sécurité. On peut traduire "Do" aussi comme éducation.

    Donc, depuis que maître Jigoro Kano a adopté Bu-jutsu dans la pédagogie, en modifiant "Jutsu" (technique) en "Do" (chemin), un Budo doit avoir toutes les conditions d'une formation pour faciliter la self-défense, la formation du caractère, du corps, de l'intelligence et de la courtoisie.

     

    Le Budo :

     

    1) doit pouvoir se pratiquer facilement et en toute sécurité, quels que soient l'âge et le sexe.

    2) doit être une technique de self-défense contre la violence et l'invasion.

    3) doit pouvoir cultiver le courage et l'esprit de la patience.

    4) doit servir à entraîner le corps et aider à son développement

    5) doit avoir l'intelligence DO dans les techniques Ju-jutsu et qu'elles soient appropriées pour en acquérir la maîtrise.

     

    L'éducation mentale peut se faire en expliquant "Bu" et "Do" mais il faut apprendre aussi la raison, la motivation et le sens des techniques. D'autre part, il faut apprendre la courtoisie dans l'ambiance du Dojo et que le Dojo soit avant tout l'endroit où l'on apprend la civilité.

    Il est regrettable qu'il y ait une tendance parmi les judokas d'aujourd'hui à parler de moins en moins du maître Jigoro Kano et considérer le grand pédagogue comme un simple inventeur du Judo.

    Il y a tout de même de bonnes choses qui ont été publiées à son sujet: "la biographie de Jigoro Kano"; "Recueil des oeuvres écrites de Jigoro Kano" il y a deux ou trois ans et plus récemment, l'intégrale de journaux du Kodokan: "Kokushi", "Judo" et "Sakko" en réédition originale. Pourtant, on ne trouve nulle part l'histoire d'une rencontre légendaire de maître Jigoro Kano et du baron de Coubertin aux jeux olympiques de Los Angeles. A cette occasion, maître Jigoro Kano a expliqué l'essentiel du Judo à Pierre de Coubertin et a réussi à le persuader qu'il y a des éléments de sport en Judo commun à d'autres simples sports de combat. Il a même réussi à faire refléter une partie de l'esprit Judo dans la règle des jeux olympiques.

    Il est aussi regrettable que l'on ne tienne plus compte de la maxime importante du Judo: "bon usage de la force et prospérité commune" mais il faut que cette maxime soit, surtout aujourd'hui, non seulement celle du Judo, mais celle de tous les peuples du monde. Si l'on prend un exemple dans l'actualité, il y a la guerre Iran/Irak entre des peuples de même race et même religion qui ne s'entendent pas; cette malheureuse guerre stérile depuis longtemps étant seulement due à la différence de clans. On sait très bien qu'il y a aussi les intérêts et les intrigues d'autres peuples là-dedans, mais de notre optique, c'est vraiment stupide. Il me semble que toutes les religions, toutes les idéologies ont dans leur nature de conquérir toutes les autres. L'homme n'apprend-t-il donc jamais à se servir de l'expérience du passé ? Je dois dire que c'est la tragédie de l'égocentrisme absolu. Et voilà, dans le monde du Judo, même problème au Kodokan qui prétend saisir tous les Judo et judoka en son pouvoir; cette exclusivité est justement contre l'esprit du Judo. Où donc est disparu l'ordre suprême du Judo: "utilisez votre force avec efficacité pour la prospérité commune"? La prospérité commune est une pensée à la base du respect vis à vis des autres. Sans existence des autres, elle n'a aucun sens.

    Les dirigeants du Kodokan croient que la transformation du Judo en simple sport de combat est un progrès, mais c'est faux. Il faut dire aussi que c'est leur idée exclusive et anachronique qui a provoqué tous les troubles internes au Kodokan. Sachez qu'il n'y a pas qu'un seul et unique Judo. Il y a par exemple un Judo que les policiers japonais pratiquent depuis toujours pour avoir autorité à l'art de la prise de corps. Le Judo que nous pratiquons n'est pas le Judo/sport mais un Judo qui donne plus d'autorité au Ju-Jutsu donc ce n'est pas pour gagner une compétition, l'important c'est la recherche de Wasa (technique) souplesse, sans forcer, à la façon de Kyuzo Mifune. C'est un Judo que maître Kano a initié en 1928 avec l'établissement du cercle de recherche de vieux Budo dans le Dojo du Kodokan à Otsuka; et Kodokan réprime cet essai d'une façon très cruelle.

    Aujourd'hui en France, Luc Levannier, huitième Dan, a proposé le Judo Kodokan originel du professeur Kano en quittant la société Judo. C'est un judoka qui a travaillé avec moi pendant deux ans et demi, il y a trente cinq ans. Il craignait déjà à cette époque qu'il n'y ait plus l'esprit de Yawara (souplesse) si l'on transformait le Judo en simple sport de lutte. Quand je l'ai vu l'année dernière en France, il m'a dit "Le Judo est devenu en fin de compte, non la voie de la souplesse, mais la voie de la force et aujourd'hui, c'est une lutte habillée".

    Il y a beaucoup d'écoles de Judo et il faut accepter ces différentes écoles. La diversité est essentielle en culture. Il ne faut pas considérer le Judo comme la technique pour jeter et faire tomber les autres. "Utiliser votre force pour la prospérité commune" est une grande philosophie que nous devons conserver et réaliser jusqu'au début du XXI éme siècle. Sans cela, l'homme recommencera encore une fois la guerre mais cette fois avec le risque de disparition totale.

     

    Conclusion :

     

    Pour redresser et diriger le monde du Budo, nous proposons ici l'établissement de

    la Fédération Internationale du Budo Japonais.

    Source : http://www.efjjt.com/fpages/faccueil.htm

     


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    Budo, l'attitude des maîtres au quotidien

     

     

    Je parlais récemment du fossé entre un maître et ses élèves. C'est une question très compliquée qui touche à beaucoup de sujets, notamment le rôle du maître. Je partirai aujourd'hui de l'idée que le maître est une référence technique et l'exemple d'un être humain équilibré et réalisé. En ce sens il va plus loin qu'un expert technique mais ne doit pas pour autant être confondu avec un guide spirituel. S'il en fait office dans certains cas je considère qu'il s'agit d'un rôle supplémentaire qui va au-delà de ce que l'on est en droit d'attendre d'un maître d'arts martiaux.

     

    Si son rôle de référent technique est clair, celui de modèle l'est moins. Doit-il être l'image d'un homme sans tâches consacrant sa vie à la pratique dans l'austérité? Doit-il être un sage exhibant les attributs d'un état d'éveil supérieur?

    Beaucoup de pratiquants au Japon comme en Occident tentent de se rapprocher de ce type d'idéal romanesque. Samouraïs modernes à la mine impassible ils s'investissent avec acharnement dans leur pratique et affichent parfois un dédain envers ceux qui abordent les choses sans partager la même dévotion et le même sérieux. Pourquoi pas…

    Mais je crois que vouloir rentrer dans ce "kata" anachronique n'est pas nécessaire et peut même être contre-productif. Je crois qu'il est important de conserver un juste milieu en tout. L'exemple le plus important qu'un maître peut donner, au-delà de l'expert totalement immergé dans sa pratique, est celui d'un être humain équilibré. N'est-ce pas là le but principal de notre pratique?

     

    Un être humain équilibré n'est pas un homme parfait. C'est quelqu'un qui travaille à s'améliorer en étant intégré et utile à la société. Quelqu'un qui possède des défauts mais n'en fait pas subir les conséquences aux autres. Quelqu'un qui assume le poids de ses actes.

     

    Il est facile de jouer un rôle et cela peut être une étape nécessaire sur le cheminement, le carcan de l'image dont on cherche à se rapprocher nous permettant de nous investir plus pleinement. Mais un maître pour mériter ce titre doit avoir dépassé cette étape. Ayant accepté ses faiblesses et intégré ses paradoxes c'est simplement en étant lui-même qu'il sera le meilleur des exemples. Chacun à leur manière Kuroda Tetsuzan, Tamura Nobuyoshi, Kono Yoshinori, Hino Akira ou Okamoto Seïgo entre autres, sont l'image du maître…

     

     

    Source : http://www.leotamaki.com/article-32786807.html

     


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    Le Budô n’est pas un spectacle… « L’image de la chose n’est pas la chose »

    J’ai toujours été très en retrait de ces grands spectacles « d’arts martiaux » mis en scène,  où seul compte le spectaculaire de l’action ; j’ai aussi, par faiblesse fidélité ou amitié, participé à de tels évènements. Et puis un jour, j’ai analysé les buts de chacun dans leur participation à de telles présentations, et les résultats obtenus auprès des spectateurs.

    Le résultat est loin d’être glorieux car il participe d’une vaste entreprise d’intoxication ou pire encore d’un vaste abus de confiance, conscient ou non, sur des personnes qui assistent passives à ces numéros d’illusionnistes.

    Le terme « démonstration » utilisé le plus souvent pour designer la personne qui se donne en spectacle est lourd de sens quand on réfléchit pour savoir quelles vérités elle cherche à démontrer.

    Je suis le plus fort ?... Le plus rapide ?... Le plus quoi ?

    Quand on assiste à des rencontres de sports de combat, les choses sont claires. Des points sont attribués, un vainqueur est désigné, un prix est décerné. Personne ne tente de nous expliquer que derrière l’action se cache un soit disant contenu philosophique.

    Mais dans notre cas tout est différent, car si je vous laisse croire que l’image que vous voyez quand je pratique le Iaido est le Budô, je suis un menteur.

    La soif de spiritualité des uns, le besoin de reconnaissance des autres et la vénalité de certains se rencontrent dans ces kermesses où se produisent ces techniciens qui n’ont pris de l’art que l’image à défaut d’avoir appris le reste. Le miroir peut donner l’illusion d’une troisième dimension mais en réalité l’image est plate, vide de contenu.

    Le Budô est un « état d’être » dans lequel tous les sens participent à la réalisation d’une exigence que l’on souhaite la plus parfaite possible. Et  quand je parle des sens et de l’exigence, ce sont ceux de celui qui est dans cette recherche.

    L’expression technique, objet quotidien de nos attentions, n’est pas le Budô.

    La correction de l’image n’est qu’un des nombreux outils qui permettent à celui qui pratique de polir l’expression physique d’une démarche beaucoup plus complexe.

    Quand on se sent prêt à adhérer aux valeurs du BUDO ou si on désire aller plus loin dans sa réflexion avant de s'engager sur ce chemin...

    Source : http://shoshinkan.blogspirit.com/

     


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    Le Budo

     

     

    En japonais, bu signifie la guerre et do la voie (en chinois : dao ou tao, cf. le taoïsme). Les budo sont les arts martiaux japonais apparus entre le milieu du XIXe siècle et le milieu du XXe siècle. Les budo les plus connus en France sont le judo, le karate-do et l’aïkido.  

     

     

    Historique des budo

     

    Les techniques guerrières (bujutsu, ou ju jitsu) développées durant le moyen-âge japonais se sont transformées par trois phénomènes :

     

    • l’arrivée des armes à feu, rendant caduques un certain nombre de conceptions de la guerre ; les armes à feu (teppô) sont arrivées vers la fin du XIVe siècle de Chine mais leur utilisation est restée très limitée (essentiellement utilisées par les clans Hôjô et Takeda) ; ce sont les Portugais, arrivés au milieu du XVIe siècle, qui vont répandre les fusils, de bien meilleure qualité ;
    • deux siècles de paix interne de l’ère Edo (1600–1868), durant lesquels les techniques guerrières se détournent du combat de masse et évoluent vers le raffinement et les duels ; les guerriers (bushi) deviennent des fonctionnaires (samouraï) ;

    ·        l’ère Meiji (à partire de 1868), qui vit la disparition du système féodal, et notamment de la caste des guerriers (samouraï).

     

     Vers le milieu du XIXe siècle, certaines personnes (notamment Jigoro Kano, Morihei Ueshiba et Gichin Funakoshi) prennent conscience que, loin d’être devenues inutiles, les techniques guerrières avaient encore un rôle éducatif et de promotion internationale. C’est ainsi que les jutsu (techniques) sont devenus des do (voies) : le kenjutsu (escrime) laissa sa place au kendo, le jiu jitsu (techniques de souplesse) donna naissance au judo et à l’aïkido, les techniques de boxe d’Okinawa donnèrent le karate-do, le kyujutsu donna naissance au kyudo (tir à l’arc zen)

     

    Aujourd'hui, une large partie des enseignements est orienté vers un usage pratique mais l'aspect spirituel des arts martiaux est primordial pour un développement dans le comportement et la technique.

     

     

    Concepts communs aux budo

     

    Chaque budo est différent. Toutefois, ils sont tous globalement issus de la même culture (même s'il y a des métissages, comme pour le karatedo), et ils ont tous en commun la recherche l'efficacité martiale ; les même causes entraînant les mêmes effets, mêmes si les formes varient.

     

     

    • kata : un kata est une forme, un enchaînement de mouvements seul ou à deux, permettant de travailler certaines techniques dangereuses ou certains savoir-êtres (postures, mouvements…) ;
    • ki : on peut imager le ki comme étant la concentration ; il s'agit en fait d'un concept ésotérique plus vaste ;
    • kiai : cri permettant l'« unification du ki » ; d'un point de vue rationnel, ce cri permet la gestion du souffle au cours de l'effort et favorise aide à la coordinaiton des mouvements ; d'un point de vue ésotérique, cela consiste à « frapper l'adversaire » de son ki ;
    • ma ai : gestion du rythme et de la distance ;
    • rythme : s'accorder au rythme de l'adversaire, être « dans son mouvement », permet de le déséquilibrer ou de le frapper au moment opportun ;
    • distance : être suffisamment loin pour ne pas être atteint (distance de sécurité), être suffisamment près pour pouvoir atteindre l'adversaire ; la distance « juste » varie selon la discipline (contact en judo, distance d'un coup de pied en karatedo, distance des sabres croisés en kendo) et selon les circonstances (si l'on se place dans un « angle mort », shikaku, on peut être très près sans rien risquer) ;
    • omote et ura : les écoles d'arts martiaux (ryu) avaient une partie publique, dite omote, et une partie privée, dite ura ; il y avait des techniques omote qui étaient démontrées en public ou aux personnes de passage, les techniques les moins efficaces, les plus directes, et des techniques ura qui n'étaient enseignées qu'aux élèves fidèles et avancés, les techniques les plus fines ; omote est souvent devenu un synonyme de « de face » tandis que ura a souvent pris le sens de « par derrière » ;
    • rei : salut traditionnel en inclinant le buste, voir Salut en budo ;
    • reishiki : étiquette, conventions garantes du respect entre partenaires, de l'intégrité physique et psychologique lors de la pratique ;
    • sen : pourrait se traduire par « initiative » ;
    • sen no sen : les deux attaques sont simultanées ;
    • go no sen : le défenseur riposte avant que l'attaquant ait développé son mouvement ;
    • sensen no sen : l'attaquant agit avant que l'adversaire ne puisse réagir ;
    • shisei : « position juste », on cherche à toujours rester équilibrer, ce qui impose de rester le dos droit et de travailler avec les jambes (on parle souvent de mouvement de hanches, koshi sabaki) ;
    • zanshin : attention, vigilance, le fait de ne jamais se relâcher, de prendre en compte l'environnement.

     


    Budo et spiritualité

     

    Dans leur forme originelle, les budo sont empreints de bouddhisme zen, de taoïsme et de shintoïsme (religion animiste traditionnelle). De nombreux livres et ouvrages sont son consacré à l'étude de ces mouvements spirituels : 

     

    • à la fois en raison de leurs origines : les écoles, ou ryu, basaient sur des principes secrets mystiques (mikkyo), notamment pour les techniques secrètes (okuden) enseignées uniquement aux étudiants les plus fidèles : importance de l’énergie vitale (ki), de la respiration (kokyu), du ventre (hara) qui est le siège du centre des énergies (seika tanden, équivalent du dantian chinois)…
    • mais aussi en raison de la volonté de leurs créateurs d’éduquer les jeunes aux valeurs traditionnelles et de respect.

     

    Le recours à la spiritualité était également un moyen de coder les descriptions des techniques afin que les écrits (sous forme de rouleaux) soient incompréhensibles par les non-initiés. Les écrits n'étaient ainsi en apparence que des élans mystiques mais étaient en fait des métaphores : le « reflet de la lune sur le lac » pouvait désigner la distance entre les combattants, les « deux sommets » pouvaient désigner les coudes…

     

    Enfin, dans l'idéal, le samouraï devait renoncer à la vie. C'était à la fois une preuve de l'engagement total au service de son maître, mais aussi une garantie de garder son calme et donc son efficacité en combat, n'ayant rien à perdre. Cette dimension métaphysique forte s'accompagnait bien évidemment d'une grande religiosité.

     

     

    Le concept le plus difficile à saisir pour un européen est sans doute celui de vide (le vide est un des cinq éléments de la tradition japonaise). La vacuité dans les budo peut se vulgariser par les notions suivantes :

     

    • non-pensée : ne pas se troubler l’esprit pour ne pas déformer sa perception du monde, oublier la peur pour combattre efficacement ; l’esprit est similaire à un lac reflétant le ciel, s’il est agité (par les émotions), il déforme l’image perçue (d’où l’expression mizu no kokoro, le « cœur semblable à l’eau ») ;
    • le combattant qui a un but, celui de frapper son adversaire, restreint sa liberté ; à l'inverse, celui qui n'a pas de but, et notamment celui qui ne veut pas nuire, est libre d'agir à sa guise, il est donc vainqueur ; c'est un autre sens de la non-pensée ;
    • non-action : ne pas s’opposer à l’attaque mais la guider, percevoir l’intention de l’adversaire sans laisser paraître ses propres intentions ; ainsi l’attaque est maîtrisée au moment même où l’adversaire la formule dans son esprit, l’action se termine avant d’avoir commencé ;
    • non-être : agir non pas en opposition avec l'adversaire et l'environnement, mais au contraire en s'unissant à eux, c'est-à-dire ne pas s'opposer à l'attaque mais la guider, et prendre en compte les contraintes de l'environnement ; d'un point de vue mystique, on ne peut vaincre l'univers ni se vaincre soi-même ! Mais en s'unissant à à l'adversaire et à l'univers, on perd son identité (non-être) ;
    • le vide est une métaphore de l'esprit, car comme lui, il est immatériel, insaisissable ; « frapper le vide » signifie donc frapper l'esprit ;
    • prenons par exemple le cas d'une coupe de sabre qui s'effectuerait non pas sur l'adversaire, mais devant lui ; cette coupe provoque un réflexe de recul, un effroi, le sabre a donc frappé le vide au sens propre (fendu l'air) comme au sens figuré (intimidation) ; c'est un des sens de l'expression « sabre instrument de vie » (par opposition à l'instrument de mort) ;
    • en bouddhisme, l'existence et la non-existence sont la même chose, ce qui est caché rélève de la non-existence alors que ce qui est apparent relève de l'existence ; ainsi, dans la croyance de la réincarnation, l'être avant la naissance est de la non-existence, et la naissance est la révélation cette non-existence, qui devient alors existence ;
    • dans le budo, on peut dire que l'intention est non-existence et que le geste est existence, c'est une seule et unique chose qui est d'abord cachée puis révélée ; le combattant doit donc tenter de percevoir l'existence (les mouvements de l'adversaire), mais aussi la non-existence (l'intention qui précède les mouvements) ;

     

    De manière synthétique, un des éléments fondamentaux du combat martial est d'agir en fonction des événements (en « harmonie avec l'univers »), et pour cela, il ne faut pas avoir d'a priori mais être ouvert et lucide — non-pensée, non-action et non-être.

     

    Cette dimension a dans certains cas totalement été mise de côté, notamment avec le judo de compétition et le karate full-contact. Dans certains cas, elle est au contraire fortement mise en avant encore de nos jours, notamment dans l'aïkido et le kyudo.

     

    De nombreux livres décrivent plus encore cette philosophie ce chemin de pensés.

     

     

     


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