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    Maître Noro - La spirale de l’énergie   

    Masamichi NORO naît le 21 janvier 1935 à Aomori, ville du Nord du Japon.

     

    - 1935-1959 - Japon Aïkido Europe

    - 1955 - Masamichi NORO rencontre Maître Morihei UESHIBA, fondateur de l’aïkido. De 1955 à 1961, il étudie l’aïkido auprès de Maître UESHIBA en tant que pensionnaire (UCHI-DESHI), à Tokyo et au Dojo d’Iwama.

    - 1961 - A la demande de Morihei UESHIBA, Masamichi NORO quitte le Japon avec le titre de Délégué officiel de l’Aïkikaï de Tokyo pour l’Europe et l’Afrique. Il arrive en France à Marseille le 3 septembre 1961.

    Masamichi NORO effectue de nombreux voyages en Europe et Afrique, et ouvre plus de 200 dojos dans 12 pays.

    - 1960-1978 -Paris & Rencontres clé - Masamichi NORO accueille à leur arrivée en France, Maître NAKAZONO (1963) et MaîtreTAMURA (1964) délégués à leur tour pour le développement de l’Aïkido en Europe.

    - 1964 - Masamichi NORO s’installe en France, à Paris.

    - 1966 - Masamichi NORO est victime d’un très grave accident de voiture. Alors, perclus de séquelles, s’efforçant de retrouver sa condition physique, il mettra petit à petit au point une pédagogie et une approche du mouvement qui seront les bases futures de sa méthode, le KINOMICHI®.

    - 1967 - Masamichi NORO crée avec ses disciples l’association Institut M.NORO rue Constance (Paris 18e). A cette époque, il aura des échanges fructueux avec Taïsen DESHIMARU, moine Soto-Zen.

    - 1969 - Décès du Maître Morihei UESHIBA. Masamichi NORO rencontre Karlfried Graf VON DÜRCKHEIM, qui devient son père spirituel occidental.

    - 1970 - Masamichi NORO rencontre Marie-Thérèse FOIX et Gisèle de NOIRET, qui participent indirectement à l’émergence des bases du KINOMICHI®.

    - 1972 - Dynamisme, coopération, harmonie, contact sont les nouveaux objectifs, intégrés petit à petit dans son enseignement de l’Aïkido et la formation des futurs enseignants, tout en conservant la philosophie, la tradition, la terminologie, le costume (kimono et hakama rayé).

    - Mars 1972 - L’association Institut M.NORO se déplace dans un nouveau dojo à Paris 10e (rue des Petits-Hôtels).

    - 1975 - Masamichi NORO obtient pour lui même et pour ses enseignants le Brevet d’Etat de Professeur de Judo et méthodes de combat assimilées - option Aïkido, qui lui permet d’enseigner conformément à la loi française.

    - 1978 - Masamichi NORO crée le KINOMICHI®, la voie de l’énergie. Dans le même temps, il rencontre le Docteur Lily EHRENFRIED qui deviendra son amie et avec laquelle il étudiera durant 7 ans. Il incorporera petit à petit certaines de ses techniques dans les exercices préparatoires.

    - 1979-2001 -Les racines du Kinomichi

    - 1983 - Masamichi NORO dépose le terme KINOMICHI®, et ouvre le Centre Masamichi NORO rue Logelbach (Paris 17e).

    - 1985 - Masamichi NORO présente le KINOMICHI®à Düsseldorf, à l’invitation de son ami Katsuaki ASAÏ, pionnier de l’Aïkido en Allemagne pour le 20ème anniversaire de l’Aïkido en Allemagne.

    - 1991 - Le Centre International NORO KINOMICHI® est créé pour enseigner et promouvoir le KINOMICHI® au Dojo de la Fontaine, Bd de Strasbourg (Paris 10e).

    - A partir de 1996, Masamichi NORO rencontre le DOSHU Kishomaru UESHIBA à plusieurs reprises au Centre Mondial de l’aïkido à Tokyo.

    - Sept. 2000 - Le Centre International NORO KINOMICHI® est transféré au KORINDO Dojo, Bd des Batignolles (Paris 17e).

    - 2001 - Le ministère des sports reconnait le KINOMICHI® en tant que discipline sportive. Création de la KIIA (Kinomichi® International Instructors Association) association qui regroupe tous les enseignants autorisés à enseigner le KINOMICHI®. Affiliation de cette association à la FFAAA, 11 rue Jules Vallès (Paris 11e) en tant que discipline affinitaire.

    - Février 2004 - Masamichi NORO participe amicalement à la demande de la FFAAA aux manifestations organisées pour les 20 ans de cette fédération qui accueille le nouveau DOSHU, Moriteru UESHIBA.

     

    Source : http://www.danslacour.fr/MaitreNoro.html

     


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    Kinomichi

    Le Kinomichi est un Budō (méthode d'éducation issue d'un art martial japonais), fondé par Maître Masamichi Noro à Paris, France, au cours du XXe siècle, en 1979. Maître Masamichi Noro a été l’un des élèves internes, uchi deshi, de Maître Morihei Ueshiba, fondateur de l’Aïkido. C’est en tant que « Délégué pour l’Europe et l’Afrique » désigné par Maître Morihei Ueshiba lui-même qu’il débarque à Marseille le 3 septembre 1961, précédant les maîtres Nakazono et Tamura dans la construction commune d’un Aïkido européen et africain. Fort de sa maîtrise martiale et poussant plus loin sa recherche, il crée 18 ans plus tard le Kinomichi et perpétue sous une forme renouvelée l’enseignement de son maître. Le Kinomichi est affilié en France à la Fédération Française d’Aïkido, Aïkibudo et Affinitaires, FFAAA, en tant que discipline sportive non compétitive. Il entretient des relations chaleureuses avec le Centre Mondial de l’Aïkido, le Hombu Dojo de Tokyo et son représentant, l’actuel Doshu, Maître Moriteru Ueshiba, petit-fils du fondateur de l’Aïkido.

    Le Kinomichi reprend toutes les techniques de Maître Morihei Ueshiba, elles-mêmes reprises du Daïto Ryu Aïki Jujutsu dont les origines remontent au 12e siècle. À l’exemple de toutes les écoles traditionnelles japonaises koryu et imitant leur mode de reproduction, le Kinomichi réinterprète sous la direction d’un maître attesté les éléments fondamentaux d’une école, de son enseignement et de sa maîtrise pour explorer les techniques, prolonger l’étude des principes et vivifier la Voie, le Do en japonais ou le Tao en chinois. Comme son maître Morihei Ueshiba avait créé l’Aïkido à partir du Daïto Ryu Aïki Jujutsu de Maître Sokaku Takeda, Maître Masamichi Noro a poussé sa recherche jusqu’à la création du Kinomichi en le fondant sur la technique, les principes et la philosophie de l’Aïkido. Ce processus naturel au monde des budo japonais, tout en produisant une diversité culturelle plus grande, ne constitue pas un reniement ou une objection mais l’ouverture d’une voie nouvelle que les générations précédentes n’avaient encore défrichée.

     

    Une Voie pour l’Homme

    Considérant que l’enseignement doit s’attacher à l’essentiel et commencer par lui, Maître Masamichi Noro met l’accent sur la paix et sa réalisation. Il pose l’homme comme lien entre la Terre et le Ciel. De cette union qui tient en harmonie la Voie du Ciel Tendo, celle de la Terre Jimichi et celle de l’Homme Jindo, il dégage une direction ascendante de l’énergie ou ki en japonais et qi en chinois. Dans la compréhension extrême orientale, le ki est un souffle présent en tous lieux et en tous temps. Sa condensation crée les êtres et son évaporation les dissout.

    Selon la tradition orientale, si les parents créent l'homme, le maître fait advenir l'humain en l'homme. Par l'enseignement, le Maître libère alors l'énergie en l'Elève. Chacun est orienté vers un plus grand respect de soi mais aussi de l'autre, au point de mettre en valeur le partenaire. L'élève doit de cette façon accroître ses propres qualités afin de pousser plus avant les espoirs de ses parents et de son maître. Il fait de même pour son vis-à-vis dans le face à face du mouvement. De cette entraide naissent la confiance et le sourire de la compréhension. Ainsi se conçoit la Voie de l'Homme.

     

    Un sentier pour les enfants et les adolescents

    Il découle de la perspective dégagée par l'approche orientale que le Voie de l'Homme concerne bien sûr l'homme autant que la femme, mais également l'enfant. Il y a donc un enseignement spécifique pour les enfants et les adolescents, garçons et filles. L'enseignant répond à son élève avec précision et pour un enfant, il le fait au rythme de celui-ci, à la hauteur de sa compréhension, avec le même degré de sincérité : cela s'appelle répondre et va bien au-delà de transmettre. Un adulte peut se satisfaire de la transmission, un enfant exige la réponse. Beaucoup de problèmes d'autorité viennent de ce que cette distinction n'est pas relevée. Une indication de l'importance de ces dialogues peut être perçue dans le Taigong Liu Tao, un traité de stratégie chinois. L'enseignement oriental se défie de l'esprit de système. Le maître et son élève explore pas à pas le terrain, d'où l'importance du paysage et du chemin dans la peinture chinoise et japonaise. Une pédagogie qui veut que l'action devance sa représentation, une didactique qui construit l'art sur le propre des jeunes années, un fondement qui répète que l'on est pour soi-même le meilleur des soutiens, telles sont les bornes qui délimitent le dojo pour les jeunes générations. On pourrait parler de "sentier" au lieu de "voie" si on le comprend comme une application particulière de la Voie à un public particulier : sensible, plein de fougue et désireux de se parfaire. Cette première étape est révérée dans le Budo sous la calligraphie de Shoshin l'Esprit débutant" ou l'Esprit du débutant".

     

    Une orientation pacifique

    La technique suit ce cheminement pour que les poussées voyagent du sol vers le haut, des pieds vers les mains, de l’appui vers la saisie et au-delà. La génération de l’énergie prend sa source dans le sol et l’intention. Sa conduite passe par des centres énergétiques dont le fameux hara situé dans l’abdomen. Elle est modulée par le cœur des pratiquants, shin en japonais. Sa manifestation est décelable par un accroissement de l’énergie, le produit final étant alors plus grand que la somme des composants initiaux. Le corps du pratiquant laisse passer cette énergie/souffle par une présence au sol, un relâchement des muscles et des tendons et une attention à l’autre. Dans le Kinomichi, l’esprit du dojo, lieu où l’on étudie la Voie, ne nécessite pas le recours à un cadre conflictuel car l’étude de la paix et sa réalisation ne le requiert pas. Si les arts martiaux sont nés de nécessités historiques tumultueuses, on ne peut pour autant dire que leur but est la guerre comme la stratégie heiho n’a pas pour but la bataille mais la réalisation d’une volonté qui pour l’État, le Prince ou un peuple est sa prospérité, la paix étant alors reconnue comme meilleure condition de cette dernière.

     

    Caractéristiques

    L'énergie en spirale

    Le mouvement de Kinomichi s'exprime selon une spirale. Elle est perçue directement dans le corps des partenaires. Elle intègre la ligne droite et le cercle. Les mouvements se font par une avancée progressive. De la statique à la dynamique, l'énergie se déploie en spirale et réalise l'unité du lent et du rapide au-delà des oppositions de surface. Les chaînes musculaires elles aussi sont sollicitées en suivant cette figure. Cette hélice répartit l’effort depuis les chevilles jusqu'aux poignets et aux cervicales. Elle dissout les tensions et prévient les contraintes articulaires notamment celles si fréquentes de la charnière dorso-lombaire.

     

    Le contact

    Le contact tel que le propose Maître Noro est une alternative à la notion d'attaque ou de défense, s'exprimant au travers de poussées ou de saisies, atemi ou dori. Le Kinomichi n'exige pas de soumission et ne recherche pas un pouvoir qui serait de domination, mais souligne plutôt l'importance tant de uke que de tori. Le contact, sous la forme d'une saisie ou d'une poussée, est l'exigence d'une sincérité mutuelle dans l'engagement ainsi que d'une perception de soi et d'autrui. Il est simple, ferme et plein d'attention. Pour dégager son orientation, Maître Noro a codifié seize formes de contact.

    Lors de la pratique du Kinomichi, l'ouverture à l'autre s'exprime par une attitude bienveillante. Le sourire, constamment sollicité par Maître Noro lors de la pratique, est un élément important du contact et un des nombreux aspects de la manifestation de l'Art. La qualité du toucher, du regard et du kamae, posture, sont significatives d'un échange chaleureux. De plus, le contact ne s'arrête pas au partenaire direct et comme zanshin, présence de l'esprit, il englobe l'ensemble des pratiquants présents sur le tatami. Il permet l'expression de l'énergie et du cœur.

     

    L’énergie et le cœur

    Maître Masamichi Noro développe son enseignement dans deux directions : le ki et le shin, l’énergie/souffle et le cœur. Dans une perspective physiologique occidentale, le corps produit le mouvement en mobilisant les muscles dont l’effort est soutenu par le travail respiratoire et cardiaque. Cette compréhension de la génération d’énergie est issue des Lumières européennes comme l’a montré Georges Vigarello et ne rend pas compte d’une conception extrême orientale reposant sur le ki. Afin de transférer à l’élève cette capacité à mobiliser le ki, les maîtres japonais ont élaboré une pédagogie que Maître Masamichi Noro a su adapter au corps et à la mentalité occidentale. La technique consiste en une conduite du ki : emprunter, conduire et restituer le ki. Il ne s’agit pas tant donc de générer à partir d’un centre que d’établir une circulation de la Terre vers le Ciel, de l’appui au sol vers le partenaire, au long d’un bras, d’un bâton ou d’un sabre. Cependant, si la direction est verticale, le sens donné est ascendant. À cet effet, Maître Masamichi Noro recourt au cœur, shin. Selon sa perspective, le shin permet non seulement de ressentir l’autre mais encore plus de dépasser l’antagonisme soi/autrui. « S’il m’est avantageux de m’élever, je dois admettre qu’il en est de même pour autrui et que l’effet de la technique ne m’appartient pas uniquement mais qu’il vaut pour nous deux ». Le shin est la condition d’une empathie, d’un mouvement vers l’autre. En ce sens, nous pouvons comprendre la parole de Morihei Ueshiba : « Mon Aïkido est amour ». Si le ki soutient le geste, le shin en module la palpitation. Il met en harmonie deux cadences, ce qui permet aux deux partenaires de tendre vers l’Aïki, l’harmonie des souffles. Pour Maître Masamichi Noro, le couple ki - shin est primordial au point qu’il en fait l’exigence du plus haut niveau.

     

    Ki

    La conception occidentale du monde repose sur une distinction entre le domaine physique qui est tangible et le champ métaphysique, au-delà du physique, son complémentaire, séparation qui correspond à celui des livres d’Aristote 384 / 322 av. J.-C. La conception chinoise et par extension japonaise perçoit le ki (en japonais, qi en chinois) comme « un souffle (qi), influx ou énergie vitale qui anime l’univers entier. […] A la fois esprit et matière, le souffle assure la cohérence organique de l’ordre des vivants à tous les niveaux. ». On ne peut parler de ki du Kinomichi car le ki n’appartient à personne ni ne repose en quiconque ni en quelque lieu. Il circule et nous en sommes les supports, les canaux, les conducteurs. Le Kinomichi crée une circulation particulière qui permet à chacun de s’élever, de la Terre vers le Ciel, du Chi vers le Ten en passant par l’homme. Maître Masamichi Noro reprend à son compte la vision de son maître, Morihei Ueshiba, qui utilisait ses techniques pour parfaire la juste circulation du ki en lui-même et vers son partenaire (en japonais uke).

    Shin

    Le shin ou cœur/esprit est indissociable du ki. Pour reprendre le texte d’Anne Cheng, « L’homme est non seulement animé [de qi] dans tous ses aspects, il y puise ses critères de valeur, qu’ils soient d’ordre moral ou artistique. Source de l’énergie morale, le qi, loin de représenter une notion abstraite, est ressenti jusqu’au plus profond d’un être et de sa chair. » Le shin en tant que cœur est à la fois organe et espace de perception. Organe, le shin nous convie à ressentir l’autre, à éprouver son ki, à contacter le partenaire par son énergie. Il est espace par la continuité d’expérience, de sensation et d’émotion que chacun éprouve devant l’humanité de celui ou celle qui nous fait face. Le shin est un signe de santé de notre énergie : un shin perverti est indicateur de ki faible, un shin généreux est témoin de ki fort. Le shin du Kinomichi répond à l’invitation de Confucius de vivre la joie de l’étude, le plaisir de la rencontre et le bonheur du partage « avec l’ami qui vient de loin ». Il continue la recherche de Morihei Ueshiba de faire de son art un pont entre les hommes. Maître Masamichi Noro se fait un devoir de transmettre au cœur de la technique le cœur de son maître.

     

    Non compétition

    Comme dans les anciennes écoles traditionnelles japonaises ou koryu, il n’y a pas de grade ou dan en Kinomichi. Des titres distinguent le niveau d’étude et non l’étudiant. Il n’y a pas non plus de compétition. La compétition avait été introduite dans le monde des arts martiaux japonais vers 1880 par Maître Jigoro Kano pour faire connaître son art, le Judo car durant cette époque, l’ère Meiji, les budo voyaient leur avenir radicalement compromis par une désaffection du public pour cette richesse culturelle du Japon. La compétition permettait à ses élèves de tester leur niveau et non d’exacerber leur volonté de domination.

     

    Un budo

    Le Kinomichi est un budo japonais, littéralement Voie (do) qui arrête la lance (bu). Il est une discipline qui vise à l'établissement de la paix et la recherche des conditions de paix. Dans ce sens, le Kinomichi comprend les 2 idéogrammes bu et do selon leur acception la plus large, à savoir une Voie visant à établir la Paix. En effet, à sa manière, le budo fait écho à la préoccupation fondatrice de la pensée extrême-orientale qui tend vers la paix entre les hommes.

    En tant que tradition générale, le budo signifie que le Kinomichi, tradition particulière, prend son sens au sein d’un ensemble d’écoles qui prennent tout leur sens … ensemble. Indépendant et interdépendant, il interroge la Voie, le Do, le Tao.

    Extrême oriental, il dit son identité sans s’opposer ; humain, il se refuse à toute exclusion ; pratique, il se conçoit par le corps. Un maître disait : « Pas sans le corps, pas uniquement par le corps. ».

    Le Kinomichi est certainement une pratique dont le cadre par excellence est le dojo. Il ne peut s’affranchir sans s’étioler d’une transmission et d’une reconnaissance par Maître Masamichi Noro. Il est un lien entre ce dernier, son enseignement et la communauté de ses élèves et se vit par la présence dans le dojo. Le Kinomichi repose sur une double liaison envers l’ensemble des budos et envers son créateur. Il est une fidélité à ses origines qui impose d’approfondir le sens de la pratique et donc d’avancer en allant des techniques vers les principes pour illustrer la Voie.

     

    Citations de Maître Noro

    Création du Kinomichi

    « Le premier jour de cours que j'ai suivi dans le dojo de mon maître [Ueshiba Morihei sensei], j'étais assis, très fier et très heureux, attendant son entrée. Je me souviens qu'il a commencé par Iten [Shiho Nage à l'époque], alors que le premier exercice du matin était invariablement Santen [Irimi Nage]. Je le vis ensuite, le temps d'une courte pause, ressentir son corps et insatisfait de ce qu'il venait de percevoir, retourner à sa chambre. Il revint peu de temps après et nous exécutâmes une série de techniques jusqu'à ce qu'il soit satisfait. Manifestement, il utilisait les waza, techniques, pour équilibrer l'énergie de son corps. Ce nouvel usage des techniques à ouvert un nouveau champ d'utilisation de son art. Ce que j'ai vu ce premier jour auprès de mon maître marque le début véritable du Kinomichi » Parole de Maître Noro lors du stage de Salins Juillet 2008

    Sabre et technique

    « Le sabre est d'une beauté parfaite. Il est le miroir de l'âme. Il faut le tenir fermement pour qu'il ne tombe pas des mains mais en même temps, il faut sentir toute la lame et au-delà. » Parole souvent répétée en cours par Maître Noro dans son dojo.

    « [Ni le sabre, ni la technique ni le mouvement ne comptent autant que] votre sentiment intérieur, [il faut] que vous vous donniez complètement, que votre participation soit totale. C’est alors qu’on peut commencer à prendre conscience du Ki. La sincérité est atteinte lorsque le Ki est perçu par et dans le sabre, la technique et le mouvement même. »

    « Il faut connaître la technique car une technique juste est un trésor que l'on partage avec l'élève. Le débutant est d'une grande sensibilité. Il faut lui montrer des mouvements avancés car il goûte la merveille qu'on lui dévoile comme j'ai moi-même goûté au premier jour les techniques de mon maître, Morihei Ueshiba sensei. » Parole souvent répétée en cours par Maître Noro (juillet 2007)

    « Pour devenir hakama [équivalent ceinture noire], il faut connaître les 111 mouvements. Je n'ai jamais connu quelqu'un qui soit devenu bon en se restreignant à l'initiation 1 et 2 uniquement. Il faut connaître l'initiation 5 et 6 pour que les mouvements de l'initiation 1 et 2 en soient transformés et enrichis. » Parole de Maître Noro lors d'un stage pour enseignants européens (juillet 2007)

    Spiritualité de la Voie

    « Un maître de Zen m'a dit un jour en voyant mon cours : "Le Kinomichi est du Zen en mouvement." J'ai pu en concevoir une grande fierté ... [Rire du maître] » Parole de Maître Noro lors d'un stage pour enseignants européens (juillet 2007)

    « Le Do, qui est le Tao en chinois, est très profond. Il est la Voie et son étude demande plus que le Michi qui est le Chemin. Au début de mon enseignement, on approchait l'enseignement de mon maître [Ueshiba sensei] par l'étude technique, Jutsu Waza en japonais. J'ai voulu que mes élèves suivent la direction du Ki (énergie/souffle) alors j'ai crée le Kinomichi. Aujourd'hui, c'est une nouvelle étape : je veux qu'ils abordent le Shin (cœur) et à partir de l'initiation 5, ils étudient ce que je nomme maintenant le Kishindo, la Voie du souffle et du cœur. Le moyen de cette étude est le grand ensemble des techniques. Les techniques sont la porte du cœur et doivent porter le cœur avec énergie ! Je n'ai jamais trahi l'enseignement de mon maître. La fidélité est la tradition japonaise. » Parole de Maître Noro dans son dojo en 2007

    Sourire

    « Le sourire est le signe du remerciement, de l'accueil et d'une énergie de construction. Avec le sourire, on se présente devant le maître et le partenaire. Avec le sourire, on rencontre l'autre.» Parole de Maître Noro dans son dojo en 2007

    « Le sourire est le contraire de la concentration, de la crispation, de la fermeture. »

    Souplesse et force

    « La force naît d'une ouverture totale et de la décontraction. Au lieu de cristalliser, il s'agit de rendre souple … Il y a deux écueils à éviter : la rigidité et la mollesse. »

    « Il faut sentir le rythme de l'autre et pousser sur son souffle en y posant le sien, Ki Awase. De là vient la force d'une technique. C'est le kokyu. » Parole de Maître Noro dans son dojo en 2007

    « La souplesse, c’est la circulation du Ki, la libre circulation de l’énergie. »

    « La souplesse ne concerne pas seulement les muscles et les articulations. Ce n’est pas une faculté physique mais l’expression d’une harmonie entre l’extérieur et l’intérieur. »

    « Trois notions sont liées à la souplesse : adaptation, expiration et " sentir l’énergie et la laisser couler " »

    « Il faut laisser passer le Ki. Le Ki donne la forme et la forme est l'habit du mouvement. » Parole de Maître Noro dans son dojo en 2007

    Dualité et unité harmonieuse

    « La dualité doit disparaître. »

    « L'unité nait de la rencontre des deux. Par l'écoute et l'intention, les deux sont libres dans un mouvement libre. Pour l'harmonie, il faut beaucoup travailler ! » Parole de Maître Noro dans son dojo en 2007

    « [Il faut] harmoniser deux, pour que de ces deux naisse un troisième qui ne les aliène pas . »

    « L'agression ou l'affrontement n'ont jamais conduit à la sérénité. Je n'en ai jamais vu aucun exemple ».

     

    Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Kinomichi

    http://www.kinomichi.com/

     


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    Kinomichi "Dojo de la Fontaine" Masamichi Noro Paris un soir de septembre 2000 :


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    En Aïkido, nous contrôlons l'esprit de l'adversaire avant de lui faire face. C'est à dire que nous le tirons en nous mêmes. Nous avançons dans la vie avec cette attraction de notre esprit et nous essayons d'avoir une vue complète du monde.....Le vrai Budo est l'acquisition de l'attraction par laquelle vous tirez le corps entier de l'adversaire. Tout ce que j'ai à faire est de me maintenir dans cette voie.

    Morihei Ueshiba, fondateur de l'Aikido

     


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